lundi 3 août 2026

Ça chauffe 16

 


-16-


Un instant j’ai rêvé

Juste un instant

Le temps me manquait

Pour y consacrer plus de temps


J’ai rêvé

Que dans un soupir amoureux

Les frontières s’effaçaient

Que les bombes se taisaient

Dans l’instant où nos lèvres

Ha ! Nos lèvres !


Je rêve

J’ai soif

La torpeur d’un été trop vite venu

Gagne mes neurones

Y laisse une bouillie de mots

Qui ne trouvent pas la sortie


Ce qui domine

C’est ce sentiment d’écoeurement

Devant la tournure des choses

Devant les indifférences

Qui font que rien ne trouve solution

Sinon en pire

Sous la coupe des empires


J’ai faim

J’ai faim d’une halte amoureuse

Qui viendrait reposer mon esprit

En constante alerte

Incapable de prendre distance

Avec cette souillure 



Xavier Lainé

16 juin 2026


dimanche 2 août 2026

Ça chauffe 15

 


-15-


Je reste estomaqué

Par la mauvaise foi

L’hypocrisie et le mensonge


Un docteur en physique

Qui perd son doctorat

Pour avoir truffé sa thèse

De plagiats


Je reste estomaqué

Par la mauvaise foi

L’hypocrisie et le mensonge


Un philosophe

Qui écrit livres sur livres

Presque à chaque fois

Sans citer ses sources

En dénaturant les pensées

En détournant les thèses


Je reste estomaqué

Par la mauvaise foi

L’hypocrisie et le mensonge


Ces deux là

Et combien d’autres

Adulés des médias

Qui ont micros tendus

Dès qu’ils éternuent

Qui parlent doctement

Certes doctement

Mais

Juste pour leur ego



Xavier Lainé

15 juin 2026


samedi 1 août 2026

Ça chauffe 14

 


-14-


Sans cesse j’y reviens

À Jorge Amado

Aux souterrains de la liberté

Là où elle peut le mieux

Vivre et prospérer

Loin des aveugles nationalismes

Des étroits gestionnaires

D’un système qui est corset

Sur la mémoire des humains

Qui les enferme 

Dans la prison des frontières

Qui ne cesse de les dresser

Les uns contre les autres

Les autres contre les uns

Au nom de dieux inventés

Pour la gloire de nations 

Qui n’ont d’existence

Que dans les cervelles dérangées

Des craintifs et des pleutres


Sans cesse j’y reviens

Je lis les poèmes

Arrivés jusqu’à mes yeux

Par mille chemins improbables

Petites flammes échangées

Dans un monde sans lumière

Âmes en survie

Par la grâce de leur plume

Venues d’Afghanistan ou de Gaza

De Syrie ou du Soudan

Plumes fragiles

S’agitant dans le noir

Où paradent les obscurantistes



Xavier Lainé

14 juin 2026


vendredi 31 juillet 2026

Ça chauffe 13

 


-13-


War Requiem

Benjamin Britten

Juste après avoir lu

Grandeur et tragédie

d’Erasme de Rotterdam

Puis

Castellion contre Calvin

Ou conscience contre violence

Stefan Zweig


Et dehors la température monte

Monte 

N’en finit plus de monter

Mais quoi

Rien


Je n’aurais jamais cru passer

En une seule vie

De la folie meurtrière

Du fascisme et nazisme

À l’indifférence qui fit leur lit

Creusant le sillon 

De leur forme moderne


Folie de l’inconscience

Folie de l’indifférence

Folie de l’ignorance revendiquée

Je n’aurais jamais cru

Déployant banderoles et calicots

Voir monter les crimes

Les génocides

La violence érigée

En bonne gouvernance



Xavier Lainé

13 juin 2026


jeudi 30 juillet 2026

Ça chauffe 12

 


-12-


Si difficile à extirper

La pensée de l’exclusion

T’es capable ou pas

Si pas 

Hop

Dehors

Et après


Et après enfant

C’est toute une vie 

Mal engagée

Mal ficelée

Par un triste sort

Dont tu ne détiens jamais

Toutes les ficelles


Alors

Tu fais comme tu peux

C’est fonction des rencontres

Plus ou moins bonnes

Les rencontres

Ou carrément mauvaises


Parce qu’un jour on t’a dit ça

Que tu étais nul

Que tu n’y arriverais pas

Tu t’es conformé au discours

Ils ont refermé la porte

Au nez de ton avenir

Tu es resté là

Avec ce truc dans ta tête

Qui tourne et retourne

Comme la roue de la torture



Xavier Lainé

12 juin 2026