mercredi 19 août 2026

Ça brûle 2



-2-


Dans la torpeur

Un instant suspendue

Je dépose rêves et espérances

Je vous imagine acteurs

Pas sur la scène d’un théâtre

Non 

Pas sur cette scène là

Ou plutôt oui

Mais ce serait théâtre du quotidien

Cet espace oublié des édiles

Ce lieu où chacun roule

Chacun marche

Ne fait que passer

Sans rien voir

Parfois un peu abattu certes

Un peu accablé

Par la pesanteur solaire

Pas un arbre

Pas une ombre

Sur cette avenue bitumée

Pas la moindre trace 

Qui la ferait vivante 

Accueillante


Dans la torpeur

Ça roule

Ça marche vers

Vers quoi on se demande parfois

Sinon vers les chimères 

Présentées en tête de gondole

Aux paradis commerciaux

Où tout s’achète et se vend

Sauf ce souffle d’humanité



Xavier Lainé

2 juillet 2026


mardi 18 août 2026

Ça brûle 1

 



-1-


J’ai tant rêvé de moments de solitude

De moments d’égarements

Où laisser voguer mes pensées

Au rythme endiablé d’un coeur attendri


J’ai rêvé

Car toujours ce sont rêves 

Qui demeurent 

Une fois épuisés 

Les chemins trop étroit

D’un monde

Qui ne laisse aucune place

Ni au rêve

Ni à l’amour


J’ai rêvé ouvrir mes bras

Les refermer sur belles âmes

Elles aussi en souffrance

Devant l’inhumaine condition


J’ai rêvé d’instants suspendus

Au souffle de bienveillance

Irradiant de coeurs qui s’épanchent


J’ai rêvé

Que sais-je faire d’autre 

Désormais qu’âge me prend

Me fait mesurer le chemin parcouru

Ceux que par négligence

Je n’aurai pas suivi

Au risque du regret

L’âge est là

Le coeur lui bât toujours



Xavier Lainé

1er juillet 2026


lundi 17 août 2026

Ça chauffe 30

 



-30-


Plus rien ne vient attendrir

Ni jours ni nuits


Que disent les experts en enfumage

Qu’il faut boire

Demeurer au frais

(Mais où trouver le frais

Ce n’est pas dit dans leurs chansons)


Plus rien à attendre

De ces édiles

Si prompt à obéir

Aux lois de l’industrie

Et de la finance réunies


Ici on massacre des terres

On extermine des espèces

On réduit à misère les humains

On exploite sans vergogne

On tue par climat interposé


Y aurait-il une once de pitié

Que nenni

Rien

Du vent


Les édiles vont promener leur embonpoint

Sur les plateaux médiatisés

Accusant quiconque s’oppose

D’être les responsable du désastre

Tandis qu’eux pérorent au pouvoir

Depuis si longtemps que c’en est preuve 

De leur inconséquence crasse



Xavier Lainé

30 juin 2026


dimanche 16 août 2026

Ça chauffe 29

 



-29-


Ils y vont fort

Les partisans de l’adaptabilité

Ils nous disent qu’il faut boire

Qu’il ne faut pas faire d’effort

Surtout en plein soleil

Ils y vont fort


Ils y vont d’autant plus fort

Que tout le monde sait

Que rien de ce qui arrive

N’est une surprise


Ils y vont fort

Accusent les scientifiques

D’un manque de clarté

Quand eux-mêmes 

Ont fait preuve de surdité


Ils y vont fort

Quand il suffisait d’anticiper

ANTICIPER

Sans doute un gros mot

Pour leurs oreilles fragiles

Ou définitivement bouchées


Ils y vont fort

Mais eux réunissent 

Des cellules de crise

En salles climatisées

Pour ne pas causer des morts

Qui s’alignent sagement

Dans les morgues surchauffées

Faute d’avoir agi quand il en était temps



Xavier Lainé

29 juin 2026


samedi 15 août 2026

Ça chauffe 28

 


-28-


C’est devenu coutume

De reporter sur d’autres

Les responsabilités non prises


C’est devenu une habitude

De discréditer toute parole

Qui ne se plie pas

Aux hégémonies en cours


Dans la boue du siècle

Ils sera dit 

Que le déni est une posture

Un mode de gouvernance


Et tant pis pour la souffrance

Tant pis pour les effondrements caniculaires

Les vies emportées

Dans les couloirs d’hôpitaux saturés

Faute de 


Faute de

On ne cesse de l’écrire

On ne cesse de le dire


Faute de

Faute 

Faute lourde de conséquences

Car


Car on ne joue pas avec une planète

Aux ressources limitées

Où tant d’espèces se sont éteintes

Dans le silence complice des gouvernances irresponsables



Xavier Lainé

28 juin 2026