dimanche 27 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 10

 


-10-


Pris dans la tourmente

Tu en oublies parfois l’histoire


Ce 8 Août 1945

Notre humanité a basculé

Un État fondé sur le colonialisme et le racisme

Balançait sur des populations innocentes

Les premières bombes nucléaires de l’histoire

Faisant de nous les témoins de ce passage

Vers un monde capable 

De faire disparaître notre humanité

Aux seules fins d’assoir le pouvoir

D’un système capable d’aller jusqu’au bout

De sa logique génocidaire


Hiroshima

Nagasaki

Et depuis cette longue nuit

Dans laquelle nous enfoncerons la terre

Oubliant les fondements

Qui la peuvent rendre invivable

Le meurtre et le crime

Devenus mode de gouvernement

Le climat déstabilisé du même coup

Pouvant à tout moment 

Nous faire basculer dans un monde inconnu


Mais peut-être serait-il temps

D’y basculer de nous mêmes

Sans attendre l’accumulation des catastrophes

Juste un peu d’humanité

Pourrait faire partie de la recette

Ouvrant d’autres perspectives 



Xavier Lainé

11 août 2026 (1)


samedi 26 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 9

 


-9-


Te dirai la lassitude

Non de devoir supporter 

Des températures hors normes

Non

Ça

Nous pouvions nous y attendre

Mais de voir tant de personnes

Pour qui le phénomène

Ne crée aucune angoisse particulière


*


Te dirai l’épuisement

Qui en touche tant

Qu’ils ne trouvent plus aucun repos

Dans leurs résidences en surchauffe


Te dirai aussi

Ce niveau d’inconscience

D’un édile parti en vacances

Quand tant d’autres sont cloués

Par l’indigence de leurs revenus

Cloués aussi derrière leurs volets clos

Tentant en vain de trouver fraicheur


Te dirai ce qui vient 

Dont nul ne sait plus vraiment

De quoi il en retournera

Sinon qu’à priori

Ce pourrait être l’expérience du pire

Et de la faim

Devant les rayons vides

Aux temples du commerce



Xavier Lainé

10 août 2026


vendredi 25 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 8

 


-8-


Toujours un jour de retard

Avec le livre comme prétexte


« Le livre comme pré-texte »

Ha-ha


Parfois les mots se mettent en vacances

Ils s’absentent

Prennent le large

Fondent comme glacier au soleil

Te laissent vide


Vide devant la tournure du monde

Vide devant l’inconscience et l’indifférence

Vide


Peut-être faudrait-il avoir la sagesse

D’écrire un dernier mot

Plutôt que revendiquer

De faire partie de ces obsédés textuels

Qui en vomissent au mètre

Sur les plateaux des médias autorisés


Écrire un dernier mot

Et tirer ta révérence

Rejoindre tes sentiers du silence

Ponctués de rares images

Qui se perdent dans les brumes de ta mémoire


Écrire un ultime mot

Le déposer dans la boîte aux lettres du silence

Effacer les traces de ton passage

Et regarder vers ailleurs



Xavier Lainé

9 août 2026


jeudi 24 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 7


 -7-


Il faut faire avec désormais

Ne pas attendre un mieux

Qui ne saurait venir

Dans un proche immédiat


La chose est établie pour durer

Puisque rien n’a arrêté

La fuite en avant absurde

Des croyants au mythe du progrès


Sans limite sur un Terre limitée

C’est pure folie d’avoir cru

Pouvoir continuer cette fuite en avant

Qui nous mène droit dans les précipices


L’obstacle est là

Il nous laisse en sueur au milieu du chemin

Ne nous lâche pas de la nuit

Secoue notre sommeil comme nos vies


Le plus terrible est qu’il en est

Qui n’y croient pas

Comme s’ił fallait croire

En la réalité comme en un dieu inexistant


Il en est qui attendent 

Que leur tombe du ciel jours meilleurs

Comme ils en attendent depuis des siècles

Sans que jamais ils n’arrivent


Nous n’avons plus le choix

Attendre ce serait nous jeter dans le vide

Nous vouer à notre propre disparition



Xavier Lainé

8 août 2026


mercredi 23 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 6

 


-6-


Car nous ne sommes rien

Sans la vie qui nous a précédé

Celle qui nous entoure

Qui nous accompagne

Le temps d’un bref séjour

Sur une Terre accueillante

Elle


Car nous sommes là

Posés sur ce caillou

Petit caillou bleu

Qui tourne autour de son soleil

Dans l’infini univers

Dont nous avons bien du mal

À connaître les rouages


Et nous en sommes là

Héritiers de milliards de vies 

Ayant surgies avant nous

D’autres comme nous

Ayant survécues

Aux crises de la complexité

D’un lieu riche de sa diversité


Nous en sommes là

Après quelques millénaires de croyance

En notre pouvoir absolu

Avec la bénédiction de dieux 

Fabriqués d’histoire humaine

Pour nous enfoncer un peu plus

Dans notre esprit arrogant

Nous en sommes là

À l’heure d’en sortir



Xavier Lainé

6 août 2026