jeudi 4 juin 2026

Blague à part 17

 


-17-


C’est comme si parmi nous

Certains ne savaient comment

Se débarrasser des carcans

D’un héritage dogmatique

Qui voyait toujours chez l’autre l’ennemi

L’adversaire de classe où il n’est pas


Comme si c’était impossibilité

D’observer l’orientation du monde

En une classe dominante étroite

Et une quantité d’individus

Déboussolés devant la tournure tragique

De cette prétendue civilisation

Qui ne cesse d’agoniser


Comme s’ił était impossible de lever les yeux

D’élever les pensées

De réfléchir posément

À l’objectif désormais commun

Qui serait d’en finir avec ce vieux monde


Comme s’ił était inconcevable

De soulever le couvercle qui nous étouffe

D’inventer une forme de vivre ensemble

Qui éveille notre créativité humaine

Au lieu de la laisser se détruire

Sous le joug implacable

Des malades du profit


De cette aveuglement nait l’illusion

Que chacun pourrait se sortir seul de l’ornière

Pour le plus grand bénéfice 

De ceux qu’on prétend combattre



Xavier Lainé

17 avril 2026


mercredi 3 juin 2026

Blague à part 16

 


-16-


C’est si triste une jeune vie qui s’étiole

Qui plie sous le joug des déceptions


C’est si triste d’observer les errements

Qui se transmettent 

De générations en générations

Sans que prise ne s’offre

Pour en arrêter le cours


J’ai rêvé

D’offrir mes épaules 

À toutes têtes trop pleines de chagrins

Trop lourdes de devoir lutter

Pour simplement survivre

En femmes libres et fières d’exister


Je n’ai fait que rêver

Car homme je suis

Sans droit aucun à revendiquer ce partage

D’une tendresse effacée du monde


Je n’ai fait que rêver

Je ne fais que rêver

L’âge n’y peut mais

Je rêve


Me retourner sur les années traversées

Serait m’entraîner au vertige de n’avoir pas su

De n’avoir pas pu réaliser tant de rêves

D’avoir dû comme tant d’autres

Corseter mon existence

Pour satisfaire à des usages

Confinant plus souvent au mésusage



Xavier Lainé

16 avril 2026


mardi 2 juin 2026

Blague à part 15

 


-15-


C’est si doux des bras qui s’ouvrent

Qui se ferment sur un coeur battant

Des doigts qui sèchent les larmes amères

C’est si doux 


C’est si dur

Un monde qui se ferme 

Comme coquille d’huitre

Pour ne rien livrer 

Aux fous désirs d’être humains


C’est si doux des mains qui se prennent

Qui se serrent en silence

Pour conjurer les sorts malins

Distillés à longueur de vies


C’est si dur

Les cris d’un enfant

Perdu dans les ruines

Pleurant à chaudes larmes

La perte de mère et père


C’est si doux deux êtres qui se serrent

L’un contre l’autre

Sans autre désir que de passer le cap

D’une vie tissée d’amertume


C’est si dur

Le bruit des prisonniers

Heurtant les barreaux de leurs geôles

Pour attirer l’attention

Sur leur sort de condamnés perpétuels

Avec toujours l’espoir d’une clé



Xavier Lainé

15 avril 2026


lundi 1 juin 2026

Blague à part 14

 


-14-


Or bien sûr on te met le mot bonheur à toutes les sauces

Il faudrait aller de l’avant

Sans dire ce qui t’attend au bout de ce chemin

Aller de l’avant avec un sourire béat

Positiver qu’ils te disent

Assis dans leur fauteuil de cuir

Regardant par de là l’horizon

Un chiffre d’affaire qui monte

Qui crève les plafonds

Tandis que le plancher se dérobe

Sous tes pas qui n’en peuvent mais


Or bien sûr qu’il faudrait que ta poésie

Parle de bonheur 

Cette chose si fugace

Que tu crois saisir un instant

Mais qui narquoise te tourne le dos

Quand tu crois pouvoir t’y appuyer


Les mêmes ont du mal à comprendre

En bons bourgeois au dessus de la mêlée

Que ta vie

Nos vies

Ne soient pas chaque jour

Huilées au essences du bonheur

Bien plus souvent il rouille

S’oxyde sous les mauvais coups

Parfois le moment où tu trébuches

Ça le fait marrer

Le bonheur


Alors tu n’écris pas

Avec son encre sympathique



Xavier Lainé

14 avril 2026


dimanche 31 mai 2026

Blague à part 13

 


-13-


Un semblant d’espérance

Vous voilà heureux

Mais ce n’est qu’apparence

Qui cache bien mal

Ce qui persiste du vice

Si bien ancré en nous-mêmes

Qu’il nous semble impossible

D’en déjouer les plans


Certes la caresse appuyée et imposée

Est sans doute préférable à la gifle

Mais c’est au fond identique violence

Qui demeure sous la forme avenante


Ce qui semble étrange aujourd’hui

C’est qu’alors que nous disposons

De tous les éléments 

Pour ne pas être dupes

Nous persistons dans l’ornière

Où nous mène notre naïveté


Qu’un homme de pouvoir

En remplace un autre

Voilà qui ne change pas grand chose

Sinon qu’un visage peut paraître

Plus aimable qu’un autre


Mais quid de nous-mêmes

De notre capacité collective

À construire pays et mondes

Où humains nous pourrions devenir

Comme fruits dans un verger 

Cultivé avec amour



Xavier Lainé

13 avril 2026