mardi 8 septembre 2026

Ça brûle 22

 



-22-


Blanche la page est restée un jour de plus

Blanche de colère blanche

De colère rentrée qui ne trouve pas sortie

Blanche de poings serrés

D’avoir envie de cogner

Sur les murs d’obscurantismes

Qui nous enserrent 

Nous privent de toute liberté d’agir

Alors que Terre

Notre Terre commune

Notre Terre irremplaçable

Brûle


Elle brûle

Elle nous brûlera tous

Mise à feux par l’inconscience collective

D’une humanité qui ne cesse de se vautrer

Dans les compromissions tragiques

Entre mains sanglantes

Capables de tout détruire

Pour mieux compter gros sous

En des univers virtuels

Où nos vies

Les vies

Toutes les vies

Ne valent rien

Aux yeux aveuglés des tyrans


Blanche de colère la page

Où les mots peinent à tracer leur chemin

Conscients d’être désormais 

Digue futile

Puisque nul n’agit



Xavier Lainé

23 juillet 2026 (1)


lundi 7 septembre 2026

Ça brûle 21

 


-21-


Ma page blanche se fait cri

Cri de rage à l’heure des distractions

Comme des mouches sur tablettes de glu

On vous offre (à grand frais mais pas à grand frais)

Les jeux du cirque

Et vous vous y précipitez

Croyant encore en cadeaux

Quand ce n’est que marché

Marché de la musique 

Marché de la poésie

Marché du travail

Marché aux esclaves

Tandis qu’en carré VIP

S’esbaudissent les autorisés

Autorisés à boire et manger

Tandis qu’au parterre on meurt de soif

Ceux qui sont en haut de l’affiche et ceux qui n’y sont pas

Juste le droit de mourir de soif ou de faim

Pour tenter de voir une idole

Qui en coulisse compte ses dollars

Alors page blanche ou noire de suie

Lavée aux larmes d’être de ce monde

Immonde page où écrire ne sert à rien

Puisque rien ne vient de révolte

Ou de digne colère

Juste vous voir ramper

Pour une place dans le grand cirque

M’écoeure

Moi

Pas poète pour deux sous

Ou trop poète à fleur de peau

Tripes au bout de la plume

Espérant un sursaut de notre humanité en place de son agonie



Xavier Lainé

21 juillet 2026 (2)


dimanche 6 septembre 2026

Ça brûle 20


 -20-


Page blanche restera blanche page blanche demeurera

Blanche page restera blanche plus blanche que

Blanche la page

Si blanche 

Car plus rien à dire


Plus rien à dire

Puisque dire tombe entre oreilles sourdes

Visiblement sourdes les oreilles

Alors page blanche 

Peut-être pour toujours blanche

Page blanche


Plus rien à écrire

Qui ne le fut déjà

Sans que pour autant

Moindre parcelle de révolte

N’apparaisse à son issue


À quoi bon donc

Puisque peuple de 89 semble avoir perdu sa boussole

Alors 

Page blanche

Ou noire de suie

Mouillée de larmes


Qu’on tue

Qu’on crève

Que morgues ne sachent plus

Que faire des cadavres

Ne semble pas émouvoir

Ni révolter

On assiste au spectacle de notre déchéance



Xavier Lainé

21 juillet 2026 (1)



samedi 5 septembre 2026

Ça brûle 19

 



-19-


Les nouveaux Huns sont passés

Ils ont semé derrière eux

Déserts et désolation


Les nouveaux Huns

Avec leurs empires de papier

Bâtis sur fortunes honteuses

Sont encore là


Ils ont brisé

Tout ce qu’humains avaient arraché

À la force de leurs protestations

Ils ont détruit

Tout ce que l’humain fut

En ces heures bénies

Où savoir aurait pu se répandre si


Si seulement la peur

N’avait pas joué son rôle

De triste conseillère

Faisant rentrer au nid

Quiconque aurait construit

Une pensée hors du chemin tracé

Par idéologies funestes


Avec le capital pour toute religion

Les nouveaux Huns

S’appuyant sur les dogmes

De sainte économie

Poursuivant de leurs matraques

Toute contestation véhémente

Poursuivent leurs basses oeuvres

Jusqu’à extinction d’eux-mêmes



Xavier Lainé

19 Juillet 2026


vendredi 4 septembre 2026

Ça brûle 18


 -18-


Alors je refuse

De parler d’autre chose

De regarder ailleurs

Même au nom de douce poésie


Mes mots prennent bec

Ma vie prend ombrage furieux

D’un monde que je n’ai cessé de combattre


Mes mots sont ancrés là

Dans les décombres et les corps engloutis

Dans cette mer où enfant j’aimais nager

Devenue cimetière pour tant d’âmes en fuite


Bien sûr vindicte

Y compris venant de ce bord

D’un échiquier qui cache bien mal

Ses furieuses envies de dominer


Les mêmes 

Les mêmes qui se disent gauche

Qui refusent que soit nommé

Le monde qui nous opprime

Même en citant Jean Jaurès

Il ne faut pas dire

L’alpha et l’omega

Qui conduit notre humanité

À sa ruine perpétuelle


Mes mots sont là

Ma vie se fait lasse

De voir se réaliser mes cauchemars

Dans la douleur de vivants qui ne demandaient qu’à vivre encore



Xavier Lainé

18 juillet 2026