mardi 28 juillet 2026

Ça chauffe 10

 


-10-


Vivre avec désespoir

En pays si beau

Mais avec si peu d’humanité


Par-ci

Par-là

On manifeste

Nul ne le sait 

Mais on manifeste

On se désespère

D’être si peu nombreux


À l’heure de masculins

Gonflant leurs pectoraux

Jusqu’à la limite du ridicule

On viole dès leur plus jeune âge

Garçons et filles

Avec la bénédiction

Des ci-devant sinistres

Sinistres ministres

Qui salissent la mémoire

Souillent tout ce qu’ils touchent

De leurs mains sales


C’est crépuscule sur ma ville

Chaleur y est à peine atténuée

D’un vent frais venu des cimes

Pause provisoire

Sur le chemin d’un été imprévisible

Mais rien

Circulez

Rien à voir

Rien à dire



Xavier Lainé

10 juin 2026


lundi 27 juillet 2026

Ça chauffe 9

 



-9-


Vent de tempête nocturne

Esprit en ébullition

Peut-être pleine lune

En tous cas agitation


Car

Les yeux de l’esprit s’acharnent à voir

Ce qui pour beaucoup d’autres

Paraît banalité

Cette complaisance répétée

Pour une falsification de l’histoire

Au point qu’on se demande

Si elle n’est pas en train de remonter le temps


Vent de tempête nocturne

Esprit en ébullition

Peut-être pleine lune

En tous cas agitation


Ne voudrais point

Paraître pessimiste

Mais à ce stade d’ignorances

Me demande comment 

Nous pourrions nous en sortir

De ce pétrin 

Qui ne fait monter

Que mauvaise pâte

Goût rance de déjà vu


Vent de tempête nocturne

Esprit en ébullition

Peut-être pleine lune

En tous cas agitation



Xavier Lainé

9 juin 2026


dimanche 26 juillet 2026

Ça chauffe 8

 



-8-


Je rêve

Je rêve qu’un jour

Il ne soit plus demandé au peuple d’applaudir

Qu’il soit invité à s’applaudir lui-même

Pour avoir enfin secoué les jougs

Ne plus avoir besoin de tribun

Ne plus déléguer son pouvoir

À plus fort que lui


Je rêve

Je rêve que ce jour vienne

Où tournant le dos

Aux siècles de domination masculine

Femmes et hommes ensemble

Se mettraient à reconstruire

Civilisation fondée sur le sort commun

Non sur la fortune d’une minorité


Je rêve

Je ne cesse de rêver

Mes mots tentent de sortir

De cette gangue terreuse

Où on me demande

Non de réfléchir par moi-même

Mais d’approuver beaux discours

Pour me ranger au nombre des adhérents

D’un système qui corrompt tout


Je rêve 

Je rêve de n’avoir pas à soutenir untel ou l’autre

Mais de participer à l’oeuvre commune

Celle qui tournerait le dos à la rentabilité

Qui fermerait les coffres pour ouvrir esprits et coeurs



Xavier Lainé

8 juin 2026


samedi 25 juillet 2026

Ça chauffe 7

 


-7-


Par le pouvoir des mots

Je navigue sur l’océan agité

D’un monde à la dérive


La boussole déréglée

Contraint de naviguer aux étoiles

Je cherche île accueillante

Où déposer mes peines

Décharger les vôtres

Qui trop souvent vous noyez


Il me faut affréter mon navire

Hisser des voiles d’avenir

Retrouver le cap d’espérance

Où tant considèrent

Qu’il serait impossible et vain

De tenter de changer quelque chose

À nos navigations hésitantes


Arrêtez de croire

En ces bonimenteurs

Qui vous serinent

Que toute lutte serait vaine

C’est notre tâche

D’ouvrir les issues

Où les plus féroces

Ont posé leurs herses


Bien sûr on peut toujours

En rester à un moyen-âge imaginaire

On peut aussi voir

Qu’au sein même des pires barbaries

Parfois émerge une renaissance



Xavier Lainé

7 juin 2026


vendredi 24 juillet 2026

Ça chauffe 6

 


-6-


Comme on ne cesse de dire

De parler sans faire

Rien ne s’améliore 

Tout empire

Alors on se réfugie

Dans des rêves enfantins

On rêve d’un temps

Qui n’a jamais existé

Qu’on fabrique sans vergogne

Et sans souci de l’histoire


On brandit sabre et goupillon

On imagine l’alliance

De l’église et du pouvoir

On se travestit des contrevérités

Qui feraient rougir l’histoire

Si elle n’avait déjà triste figure

En monde qui ne cesse de la remodeler

Pour répondre aux critères des puissants

Le sabre et le goupillon

Un monde qui n’existe

Que pour satisfaire au besoin

De maintenir le statu quo

Entre peuple et puissants

L’homme providentiel

Adoubé par l’église

Au nom de contrevérités

Car jamais le monde ne fut beau

Il ne le sera jamais

Tant que peuples suivront 

Sans souci de recherche

Les modèles répétés et admis

Sans remettre en cause les ordres établis



Xavier Lainé

6 juin 2026