Je n’arrive pas à me convaincre qu’il soit possible de traverser sans se mouiller, que les haines savamment entretenues, les invectives entre chefs d’Etat fort peu courtoises, les menaces permanentes d’un recours aux armes, puissent nous laisser sans séquelles.
Je le sens au-delà de le savoir : assister quasiment en direct à la mise à mort de peuples entiers ne me laisse pas sans craintes.
Comme si la mémoire de mes ancêtres se trouvait réactivée par l’ampleur des génocides.
Je me souviens adolescent être entré dans Oradour sur Glane, je l’ai déjà raconté, mais j’en suis resté troublé pour toujours.
J’en vois qui vont visiter Auschwitz, mais refusent de se prononcer quand le peuple palestinien à son tour est mis en péril.
On peut, mais, il me semble, ça devrait poser questions, non ?
C’est dit et répété par de nombreux historiens : on a reporté sur le dos du peuple palestinien la culpabilité européenne.
On peut toujours visiter et parler, mais, comme je l’ai déjà écrit, les crimes contre l’humanité ne datent pas de la seconde guerre mondiale : ils n’en ont été que l’apogée !
Que nos protégés sionistes reproduisent un schéma dont nombre d’entre eux ne sont pas revenus, voilà qui peut justifier une sidération.
D’autant que tout ce passe sous nos yeux, que nous ne pouvons pas ignorer les faits.
Alors bien évidemment certains ici faisant l’amalgame facile entre anti-sionisme et anti-sémitisme viendront peut-être criminaliser mes écrits. Ils en auraient bien la tentation.
Mais si nous considérons les langues arabes comme des langues sémitiques et donc les peuples qui les utilisent faisant partie du monde sémite, on pourrait anthropologiquement considérer que l’islamophobie serait un antisémitisme.
Ce que réfutent les sionistes majoritairement d’origine européenne.
Xavier Lainé
23 janvier 2026