samedi 23 mai 2026

Blague à part 5

 


-5-


Ça cloche en République des ego

Quelque chose qui ne va plus

Certains étant plus égaux que d’autres

D’autres insultant certains

Qui ont le courage d’exister

Sans prendre la couleur des ego


Ça cloche en République des ego

Tu ne peux plus guère ouvrir la bouche

Sans que mots soient détournés

Qu’on te fabrique une culpabilité commode

Qu’on fasse de toi un renégat

Un repris de justice

Un totalitaire terroriste


Ça cloche en République des ego

Voici l’heure qui approche

Où les égaux se feront sans culotte

Pour outrager les prudes âmes

Bien calées dans leur fauteuil

Assis sur les lingots de leur fortune


Ça cloche oui vraiment

Ça cloche

Rien à voir avec Pâques

Ou avec la trinité

C’est juste que les égaux

Ne veulent plus marcher 

Au pas cadencé des ego

En mal de domination


Voilà que ça cloche

Que la machine à décerveler se grippe



Xavier Lainé

5 avril 2026


vendredi 22 mai 2026

Blague à part 4

 


-4-


L’homme sans morale râlait

Devant la pompe 

Qui organisait les vases communicants

Entre son porte-feuille et celui des actionnaires


Des hommes sans morale pensait-il

Mais lui même ne se souciait guère 

Des raisons profondes du problème


L’homme sans morale

Fournissait les dividendes

D’autres hommes sans morale

Qui eux-mêmes soutenaient

Des dirigeants sans morale non plus

Qui bombardaient sans remords

Complexes pétroliers ou nucléaires

Universités et centres de recherche

Quartier résidentiel 

Envoyant femmes et enfants d’abord

Aux oubliettes de leur histoire


L’homme sans morale

Songeait que le monde était bien inconfortable

Qui rendait sa vie bien difficile

Mais jamais ne pensait que peut-être

S’il avait dit un mot 

Fait un geste

Qui serait de solidarité

Pour les bombardés

Ou de condamnation

Contre les assassins

Peut-être sa vie en serait sortie

Meilleure



Xavier Lainé

4 avril 2026


jeudi 21 mai 2026

Blague à part 3

 


-3-


Désorienté

Tout est fait pour

Tarissement des sources d’intelligence

Utilisation répétitive des fausses informations

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose »

Disaient les fascistes d’hier

Ils n’ont pas changé de rhétorique

Leur langage est le même

Mais ils accusent ceux qui pensent

D’être passéistes


Désorienté

Comme voulez-vous ne pas l’être

Alors que les informations

Relèvent plus de leur contraire

Que rien n’incite à l’analyse documentée

Qu’on vous mène par le bout des yeux

D’écrans insipides 

En images révoltantes

Au bord d’un gouffre amer

Où vous attendent tout au fond

Les crocodiles et les requins

Assoiffés de pouvoir et d’argent

Capables de tuer sans vergogne

Tout ce qui s’oppose à leur addiction


Désorienté

Ivres sur le chemin d’une humanité perdue

Car c’est cela qui se noue

La perte de notre humanité

C’est ceci qui nous motive encore

Ne pas laisser sombrer notre navire

Dans les eaux sombres d’une nouvelle barbarie



Xavier Lainé

3 avril 2026


mercredi 20 mai 2026

Blague à part 2

 



-2-


Mauvaises blagues et canulars

Pris pour argent comptant

Mais c’était vrai


Vrai que nous étions en train de plonger

Aux caniveaux de bassesse humaine

De propos racistes et xénophobes débridés

Lancés à vive allure

Sur les autoroutes médiatiques

Ivres de leur pouvoir 

Sur les cerveaux fatigués d’exister


Mauvaises blagues et canulars

Pris pour argent comptant

Mais c’était vrai


Vrai qu’on pouvait désormais

Tuer par pendaison

Quiconque s’opposait à un gouvernement

Ouvertement raciste et belliciste

Vrai


Vrai qu’ailleurs

En la plus grande nation du monde

Qui du moins se dit telle

Un homme pouvait éructer vingt minutes durant

(Que c’est long vingt minutes)

Ses contrevérités sans un mot

Pour en dénoncer la tyrannie


Vrai qu’ici

On cherchait à condamner

Toute parole venant au secours

D’un peuple condamné

À survivre dans ses décombres

Vrai


Ce n’était pas des blagues

Mais de sérieux poisons d’avril

Répandus comme fiel

Sur nos esprits hagards


Vrai


Hélas

Mille fois vrai


Et moi

Perdu dans ces brumes absurdes

L’esprit alourdi 

De mes nuits sans sommeil

Mes mains battaient la nuit

À la recherche d’une bouée

D’un lieu

D’une pensée

Capable encore de nous sauver du désastre


*


D’où que vienne le vent

Il n’apporte que sinistres nouvelles

Dont il faut taire les tensions

Pour ne pas se trouver accusé


Bientôt ils peupleront les prisons

Ceux qui debout tentaient de sauver

Le peu d’humanité qui demeure

Une fois l’explosion finale orchestrée

Il faut taire le nom des victimes 

Taire le nom des assassins



Xavier Lainé

2 avril 2026