Il faudrait s’installer à écrire au fur et à mesure que viennent les idées.
Il faudrait ne pas les laisser s’enfuir devant le temps qui passe et les avale sans les recracher.
Il faudrait.
Il faudrait avoir le coeur et les bras assez grand pour étreindre toutes personnes en souffrance.
Peines de coeur, peines de vie, alimentées par une conception étriquée.
On étouffe sous les nécessités de l’apparence et de la raison.
On étouffe de ne pas savoir comment secouer ce joug sans blesser ceux, bien plus nombreux, qui font comme si tout allait bien.
Comme si la superficie valait mieux que la profondeur.
Alors on reste là avec nos sentiments sur les bras.
Les doigts et les lèvres ne trouvent que difficilement mots à dire, baume à déposer sur les plaies béantes, mais maquillées.
Car il ne faut pas dire nos déceptions devant nos vies chahutées par un monde non désiré.
Et puis regardons dans le rétroviseur : ce que nous ressentons aujourd’hui n’est pas nouveau.
Ce sentiment d’étouffer derrière les cloisons de vieilles croyances immuables, de nationalismes étroits, de langues érigées en barrières infranchissables, nous le partageons avec tant de celles et ceux qui nous ont précédés !
Cette impression de crever sous le poids des conformismes, ne nous est pas réservée !
Relisons Erasme et Stefan Zweig, par exemple (ils ne sont pas les seuls), et constatons que notre humanité perd régulièrement le sens de l’humanisme ouvert à toutes les richesses que l’esprit humain est capable de produire.
Nous avons besoin de nous restituer dans cette évolution lente, de mesurer les pas minuscules que nous pouvons accomplir à échelle de vie humaine.
Xavier Lainé
8 janvier 2026