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Puisque le temps m’est compté
Que j’ai passé plus de vie que ce qu’il m’en reste
Me voici devant mes responsabilités
Celles de léguer un monde ouvert
En lieu et place de celui reçu malgré moi
Un monde ouvert à la connaissance
À la curiosité qui n’est pas
Comme on me l’avait appris
Un si vilain défaut
Au contraire
Un monde ouvert aux autres
À toutes ces vies qui ne demandent qu’à croitre
À se multiplier dans l’ombre bienveillante
Que je saurai construire
Sous la seule impulsion de mon imagination
Un monde qui tende la main
Qui désapprenne à dresser frontières et barrières
Rejetant au-delà tous ceux qui ne nous ressemblent pas
Un monde qui ne campe pas
En ses postes frontières
Lorgnant sur le désert des Tartares
Avec la méfiance soupçonneuse des imbéciles
Un monde de portes ouvertes et de confiance
Capable de revoir sa copie si nécessaire
Au gré des expériences et des échecs
Qui sont un droit inaliénable
Si nous ne tentons pas
Nous serons devant l’échec de nos refus
Plus cuisant que celui de nos expériences
Xavier Lainé
28 août 2026