mardi 22 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 5

 



-5-


Mais pourtant ils nous guident

Ceux qui passent une vie

À étudier les phénomènes

À en analyser les mécanismes subtils

Ils nous disent depuis fort longtemps

Qu’à continuer la course

À produire toujours plus

Dans un monde fini

Nous fait courir à notre perte

Nul besoin d’être pessimiste

Comme certains l’affirment

Pour ne rien changer

Juste regarder ce qui est en face

Pour mieux nous organiser

Autrement


À ne rien vouloir entendre

Un jour ne sont plus

Que longues et lourdes plaintes

Contre le sort funeste

Qui n’en est pas un

Puisque nous avons réuni les conditions

Les pires

Pour notre survie

Vivants parmi d’autres vivants

Qui ne demandent rien à personne

Sinon comme arbres ou espèces sauvages

En bonne intelligence

Avec les grands singes que nous sommes

Dressés sur nos deux pattes

Croyant avoir libéré ainsi notre intelligence

Pour nous hisser au-dessus

« Vanité des vanités »



Xavier Lainé

5 août 2026


lundi 21 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 4

 


-4-


Pourtant ils existent

Ceux qui étudient

Qui cherchent 

Sans même la certitude de trouver

Mais qui nous ouvrent

Des portes vers un autre avenir

Moins souillé que le présent

Par la folie des inconscients

Des irresponsables 

Qui du haut de leur ignorance

Prétendent enrégimenter nos vies


Pourtant ils existent

Les messagers du savoir

Ils écrivent et ils parlent

Dans le désert d’ignorance

Où se complaisent 

Les prétendus gouvernants

Qui ne gouvernent 

Que pour eux-mêmes ou leurs semblables

Les assoiffés de pouvoir et de fortune

Capable de tous les mensonges

De toutes les atrocités

Sans le moindre état d’âme


Pourtant ils existent

Ces anarchistes de la pensée

Libres d’élaborer intenses théories

Sans pour autant croire en leur véracité

Ils travaillent

Ils creusent

Ils cherchent

Parfois sans trop savoir quoi



Xavier Lainé

4 août 2026


dimanche 20 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 3



-3-


Un peu pire

Chaque jour un peu

Et toujours la surdité

Ou l’aveuglement

Ou les deux


Un peu pire

Regardez ailleurs

Puisqu’on vous le dit

N’ayez crainte

Une fois les plus fragiles disparus

Le gouvernement qui vous veut

On ne sait pas trop quoi

S’occupera de vous


Il s’en occupe

Le gouvernement

Mais pas dans le sens attendu

Il s’en occupe de vous

Mais après


Après avoir permis

Aux plus fortunés 

Qui sont ses chouchous

D’accumuler fortunes

Que nul ne pourrait posséder

En une seule vie


Une peu pire

Toujours un peu

Ou beaucoup

Tandis que vous dormez

D’un sommeil chimique parfois



Xavier Lainé

3 août 2026


samedi 19 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 2

 


-2-


En proie aux flammes de la violence

De quel poids pourrais-je lester mes mots

Pour qu’ils soient colibris


Mots lâchés poussés par l’espoir

Mots chuchotés aux oreilles attentives

Mots frais et limpides

Capables d’éveiller esprits les plus engourdis


Le monde brûle

La misère s’accroit

Les guerres se poursuivent

Ne tenant aucun compte

Des cessez-le-feu proclamés


Le monde brûle

Ça sent le feu et la peur

Un peu partout

Dans les actes du quotidien

Tu le vois bien

Que quelque chose ne va plus

Qu’il serait propre folie

De poursuivre avec ce monde

Une aventure vouée à notre perte


Le monde brûle

Mon coeur saigne

Les amours vont comme ils peuvent

Terrés derrière volets clos

Pour ne pas 

Pour ne pas trop souffrir

D’un chaud qui ne s’arrêtera plus

Qui chaque année reviendra



Xavier Lainé

2 août 2028


vendredi 18 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 1

 



-1-


Dès l’aube larmes arrachées

Larmes recrachées

Larmes bues

Dès l’aube

À entendre vos cris

Femmes si nombreuses

Proies aux violences conjugales

Dès l’aube

Mes larmes


Dès l’aube stupéfait 

Dès l’aube atterré

Qu’amour soit synonyme

De domination masculine

Dès l’aube

Toi ma compagne des chemins creux

Qui a tant changée sous la morsure du temps

Qui me laisse parfois dépité

Sur le bas-côté d’un amour

Qui ne sait plus qui il est

Toi qu’au fond de moi je respecte

Du plus profond de mes incompréhensions

Me voici avec larmes

Dès l’aube d’un mois harassé


Sans doute est-ce là source

De tous les incendies

De toutes les guerres

De toutes les misères imposées

Sans doute l’indifférence aux larmes

L’indifférence à l’amour blessé

Est-ce la source pesante

Qui nous fait vivre en ce monde brûlant



Xavier Lainé

1er août 2026