Et si…
Et si on se mettait vraiment au travail, ou plutôt, à l’oeuvre.
Non pour revendiquer chacun selon ses idées, mais pour créer un tronc commun indépendant de toute prétention de pouvoir.
Notre seul pouvoir ne vient pas des urnes, mais de nos compétences à créer, à changer nos vies pour en faire oeuvres d’art.
Contribuer, ce serait peut-être enfin se révéler comme citoyen d’une commune cause, d’une commune vie, d’une commune ville, non ?
Pour ça nous devons apprendre à ne rien attendre de celles et ceux qui ne lorgnent que le pouvoir quand il faudrait regarder la vie.
Quelle vie menons-nous ?
Aurions-nous le temps d’y songer ?
Ce privilège doit-il être réservé à quelques notables briguant suffrages ?
Question naïve : le pouvoir devrait-il échoir à ceux qui ont les moyens et le temps de s’y assoir, ou serait-il celui d’un peuple oeuvrant à sa vie commune ?
J’ai perdu le fil du poème dans un monde qui ne lui reconnaît aucune place.
On meurt dans ce monde pour rien, sous les coups de milices masquées.
Les foules se lèvent pour accompagner ces morts, que ne l’ont-elles faits pour empêcher les commanditaires d’accéder au siège suprême ?
Toujours cet attentisme dont une minorité profite pour nous déposséder de tout, faire de nous de grands enfants incapables d’affirmer nos rêves.
J’ai perdu le fil du poème.
Il s’est brisé sur les ruines de Gaza dont on voudrait m’interdire de parler.
Il fut un temps où les mêmes trouvaient en Hitler un gendre idéal !
C’était toujours mieux que le front populaire, disaient-ils.
Et ils ne dirent rien quand au nom de la pureté nationale on vint chercher leur voisin qui ne revint jamais.
Pour ceux qui ne sont jamais revenu, pourrions-nous être assez nombreux à contester un Etat qui récidive dans le crime et ceux qui par passivité lui donnent raison ?
Xavier Lainé
26 janvier 2026