dimanche 3 mai 2026

Enflammer la Terre 16

 


-16-


Non pas de langue de bois

Pas de surprises

Juste une amertume


Le plongeon se confirme

Bien sur les tonitruants triomphent

Chacun y va de son cri de victoire


Mais nul ne dit le champ de ruines

Où prolifèrent l’indifférence

L’ignorance et le mépris


On me dira défaitiste

Devant les triomphes faciles

Mais

Ne suis pas sûr 

Que notre humanité 

En sorte gagnante


À distance je contemple

Les adulations faciles

Les petits actes de fausse joie

Derrière les chefs assumés


Toujours là

Toujours là le culte

Des chefs à défaut des dieux

Des dieux à défaut des chefs

Qui parfois se prennent pour tels


Mais toujours notre humanité

À la dérive des connaissances

Proie facile des détenteurs de vérités



Xavier Lainé

16 mars 2026


samedi 2 mai 2026

Enflammer la Terre 15

 




-15-


Ce qui couve au fond des urnes

Nul sur le moment ne s’en doute 

Mais

À regarder de près les visages

Les vêtements les hésitations

Il devient évident

Qu’un tremblement de terre

Se fomente sous nos pieds

Mais lequel 


Qui du pire ou du meilleur

Jaillira entre urne et isoloir

De cette apocalypse ouverte


Deux surgissent du néant

Tellement rigides qu’ils font peur

Fantômes surgis d’un passé révolu


Hélas à ce qu’il semble

Nous ne saurons pas encore

Du passé faire table rase

Ceux qui prétendent le faire

Ne font qu’en ripoliner la façade

Ouvrant au plus profond

Des gouffres amers


Ce qui se perd un peu plus chaque jour

C’est notre humanité profonde


Nous voici au soir des désertions

Ils sont heureux les gagnants du cirque

Qui font leur lit dans le désespoir 

Surfant sur la vague des ignorances



Xavier Lainé

15 mars 2026


vendredi 1 mai 2026

Enflammer la Terre 14

 


-14-


J’aurais aimé

Tu sais 

J’aurais aimé

Être là et toi aussi

Et nous aurions pu être une belle centaine

À clamer notre colère 

À dire qu’il y en a assez

De cet air malsain

Où racisme et xénophobie

S’épanouissent de médias en médias


J’aurais aimé

Tu sais

J’aurais aimé

Que jeunesse se fasse

Impertinente et bruyante

Pour réclamer justice

Contre ceux qui chaque jour un peu

Lui ferme la porte au nez

La laissant hagarde et paumée


Il est si dur

Le chant de désillusion

Lorsqu’il est entonné à vingt ans

Il est si dur

Le refrain de l’ennui

Lorsqu’il est psalmodié à dix ans

Mais voilà qu’à trente ans

Vous n’y croyez déjà plus

Que le ver dans le fruit se répand

Gâte les récoltes d’avenir

En corrompant la jeunesse

Avant qu’elle ait temps de grandir



Xavier Lainé

14 mars 2026 


jeudi 30 avril 2026

Enflammer la Terre 13

 


-13-


Ton drapeau de paix s’entortille

Se contorsionne et s’emmêle

Parfois il hésite à se montrer

Alors il se blottit au montant

De ta petite fenêtre 


Ton drapeau de paix est invisible

Sauf aux yeux qui veulent le voir

Les autres passent indifférents

Comme ils le sont à toutes choses


Je m’accroche

Je m’accroche au temps qui fuit

Une mère lentement glisse

Vers l’absence

Une mère qui pleure

D’avoir trop vécu

Survécu aux horreurs

D’un monde dont elle t’a appris

Qu’il fallait le chérir

Pour ne pas qu’il s’étiole

Sous les coups rudes

D’inhumains en vadrouille

Capables de massacrer toute vie

Détruire la Terre


Je m’accroche encore

À cette idée

À ces idées car elles sont nombreuses

Qui voudraient se donner la main

Mais

Mais ego boursoufflés les contraignent

À s’ignorer dans le silence des âmes confuses



Xavier Lainé

13 mars 2026


mercredi 29 avril 2026

Enflammer la Terre 12

 


-12-


Parfois tu te demandes

Ce que humains font

De leur unité centrale


Alors ils ont recours

À disque dur externe

Qu’ils nomment IA


Pilotés par l’extérieur

On ne leur demande plus

De faire état d’intelligence propre


Ils vont sous influence

De celles et ceux qui leur dictent

Qui les prennent par la main

Pour les emmener où ils doivent

Regarder ce qu’il faut

Ne rien voir à côté


Et toi


Toi qui aimerait que parfois

Ton cerveau te fiche la paix

Qu’il te laisse dormir

Sans rien entendre

Du fracas de leur immonde


Au calme des pages

Tu trouves refuge dans le silence

Parfois troublé des larmes d’enfants

Eux aussi perturbés dans leur sommeil


Debout c’est l’heure



Xavier Lainé

12 mars 2026