J’ai pensé boucler ce mois des voeux avec la longue litanie des morts, à Gaza, au Rojava, en Syrie, au Soudan, au Congo, en Ethiopie…
J’ai pensé y ajouter la liste interminable des morts noyés en Méditerranée.
Et puis aussi celle des morts de froids dans notre pays si riche.
J’ai pensé.
Mais peut-être je pense trop, j’en dis trop.
J’ai l’art de me rendre antipathique ; c’est plus fort que moi, mais je ne supporte pas que vous puissiez vivre dans l’indifférence des massacres en cours qui ne sont que prémisses à ceux qui viendront demain et dont vous pourriez fort bien être victimes.
Comme moi, comme beaucoup d’autres car en régime barbare où seule la fortune d’une minorité compte, nul ne peut se dire à l’abri.
Nos Etats confiés en bien mauvaises mains ont largement de quoi nous détruire tous, sur la simple lubie d’en adulte demeuré enfant.
C’est sûr, je vous lasse, je vous désole.
Je ne trouve plus mots de poésie pour dresser digue contre les flots boueux qui menacent de nous submerger.
Certes, les autocrates locaux comme nationaux viendront vous faire état de leurs grands projets, parfois avec le rêve d’être pharaon mais pour dresser nos tombeaux sous les ruines de leur mégalomanie.
Mais la vie ?
Ils la détruisent, mais pas pour eux, pour les autres, ceux qu’ils considèrent comme une sous-humanité indigne de leur considération, ceux qui « ne sont rien », voués à la peine et à la mort.
Que sont donc nos voeux devenus puisqu’en ce jour on continue à grands coups de génocides justifiés par des lignes financières aux cordons de leurs bourses ? Des voeux pieux, comme prévu, et qui dureront tant que nous ne nous serons pas réveillés de notre torpeur.
À défaut, certains viendront retourner leur veste, mais nul ne pourra dire qu’il ne savait pas.
Xavier Lainé
31 janvier 2026