dimanche 20 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 3



-3-


Un peu pire

Chaque jour un peu

Et toujours la surdité

Ou l’aveuglement

Ou les deux


Un peu pire

Regardez ailleurs

Puisqu’on vous le dit

N’ayez crainte

Une fois les plus fragiles disparus

Le gouvernement qui vous veut

On ne sait pas trop quoi

S’occupera de vous


Il s’en occupe

Le gouvernement

Mais pas dans le sens attendu

Il s’en occupe de vous

Mais après


Après avoir permis

Aux plus fortunés 

Qui sont ses chouchous

D’accumuler fortunes

Que nul ne pourrait posséder

En une seule vie


Une peu pire

Toujours un peu

Ou beaucoup

Tandis que vous dormez

D’un sommeil chimique parfois



Xavier Lainé

3 août 2026


samedi 19 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 2

 


-2-


En proie aux flammes de la violence

De quel poids pourrais-je lester mes mots

Pour qu’ils soient colibris


Mots lâchés poussés par l’espoir

Mots chuchotés aux oreilles attentives

Mots frais et limpides

Capables d’éveiller esprits les plus engourdis


Le monde brûle

La misère s’accroit

Les guerres se poursuivent

Ne tenant aucun compte

Des cessez-le-feu proclamés


Le monde brûle

Ça sent le feu et la peur

Un peu partout

Dans les actes du quotidien

Tu le vois bien

Que quelque chose ne va plus

Qu’il serait propre folie

De poursuivre avec ce monde

Une aventure vouée à notre perte


Le monde brûle

Mon coeur saigne

Les amours vont comme ils peuvent

Terrés derrière volets clos

Pour ne pas 

Pour ne pas trop souffrir

D’un chaud qui ne s’arrêtera plus

Qui chaque année reviendra



Xavier Lainé

2 août 2028


vendredi 18 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 1

 



-1-


Dès l’aube larmes arrachées

Larmes recrachées

Larmes bues

Dès l’aube

À entendre vos cris

Femmes si nombreuses

Proies aux violences conjugales

Dès l’aube

Mes larmes


Dès l’aube stupéfait 

Dès l’aube atterré

Qu’amour soit synonyme

De domination masculine

Dès l’aube

Toi ma compagne des chemins creux

Qui a tant changée sous la morsure du temps

Qui me laisse parfois dépité

Sur le bas-côté d’un amour

Qui ne sait plus qui il est

Toi qu’au fond de moi je respecte

Du plus profond de mes incompréhensions

Me voici avec larmes

Dès l’aube d’un mois harassé


Sans doute est-ce là source

De tous les incendies

De toutes les guerres

De toutes les misères imposées

Sans doute l’indifférence aux larmes

L’indifférence à l’amour blessé

Est-ce la source pesante

Qui nous fait vivre en ce monde brûlant



Xavier Lainé

1er août 2026


jeudi 17 septembre 2026

Ça brûle 31


 -31-


Il suffit d’une accalmie

Sur le front des chaleurs torrides

Pour justifier encore 

Les inactions qui perdurent


L’humain qui ne cultive pas sa mémoire

Ne se souviendra pas des souffrances d’hier

Il ne verra que le léger mieux d’aujourd’hui

Refusera de croire que demain

Il se pourrait que ce soit pire


Comme tout est fait

Pour que les mémoires soient courtes

Dans le harcèlement quotidien

Des informations contradictoires

L’humain moyen suit avec avidité

Le flux continu des influenceurs

Des accortes influenceuses

Qui lui serinent de regarder ailleurs

Tandis que Terre brûle

Qu’espèces s’éteignent

Sans l’ombre d’une inquiétude


Nous y voici

Les flots insanes nous emportent

Détournent notre attention

Pour ne pas voir

Ce qui est traduction systémique

D’un monde bâti sur l’exploitation

Qui ne connait aucune limite

Sur une planète qui elle continue de tourner

En nous signifiant notre inopportunité

Mais chut il ne faut pas écrire ça



Xavier Lainé

31 juillet 2026


mercredi 16 septembre 2026

Ça brûle 30

 

-30-


Sur le devant de la scène

Ils étalent leurs méconnaissances

Ils harcèlent ceux qui font science

Dans le doute permanent 

De la véracité de leurs théories

Jusqu’à rendre discussion obsolète

Ils répandent le fiel

Qui alimente racisme et xénophobie

Jusqu’à la nausée


C’est cette alliance

Entre méconnaissance 

Et volonté de diviser les humains

Entre ceux qui auraient valeur

Aux yeux des médias autorisés

Et ceux qui ne seraient rien

Car ne partageant pas 

Mêmes valeurs ou mêmes cultures

Qui rend peu à peu l’air irrespirable

La compagnie des « hommes » insupportable


J’ai bien écrit des « hommes »

Ce n’est pas par hasard

Car au culte des inégalités

Ils se placent comme sauveurs

D’un genre qui mène le monde

Dans les précipices et les catastrophes

L’ignorance ouvre la porte

À cette alliance nauséabonde

Entre masculinisme

Machisme 

Racisme et xénophobie

Nous en sommes là



Xavier Lainé

30 juillet 2026 (2)