vendredi 11 septembre 2026

Ça brûle 25

 



-25-


À défaut d’aller au fond des choses

On te dit de rester à la surface

De ne pas chercher à comprendre

À saisir les tenants et les aboutissants

D’un monde qui n’est que proie

Entre les griffes voraces

Des charognards affamés de puissance


À défaut d’aller au fond des choses

Si tu enfreint les règles de l’ignorance

Que tu plonges avec délice

Entre les innombrables pages

D’un savoir qui toujours à dû déjouer

Les pièges des princes et des rois

Pour exprimer au grand jour

Notre devoir d’humanité

Te voici voué à la solitude

Te voici condamné à te taire


Car il est de bon ton en ces temps de recul

De ne faire que répéter ce qu’ignares en médias

Serinent à l’envie 

Sans jamais réunir preuve

Il n’est plus de bon ton de citer sources

Où s’abreuvent les connaissances

Il faut affirmer d’un ton péremptoire

Vérités sorties tout droit

Des cerveaux en panne d’imagination

De thuriféraires d’un monde soumis

Aux normes conformistes de dogmes éculés


Dès lors du fond de ta colère

Tu rêves qu’autre chose saurait venir



Xavier Lainé

25 juillet 2026


jeudi 10 septembre 2026

Ça brûle 24

 


-24-


Étrange cécité

Qui frise à l’inconscience

Cinq mille

Vous étiez cinq mille

À passer de vie à trépas

Dans l’enfer caniculaire

Sans que nul ne parle de vous

On vous disait

Personnes à risque

Alors que la camarde

Vous emportait en silence

On ne vous dira jamais

Qui ne faisait qu’augmenter ce risque

Par l’exploitation sans honte

De toutes les ressources

Si possible en ne payant rien

À ceux qui y travaillent


« Il y a ceux qui

Et ceux qui ne sont rien »

Disait doctement

Un immonde président

Dans une sentence oubliée

Mais qui valait son pesant d’or

Son pesant d’argent

Et de dividendes


À défaut de guerre

On prive ceux qui « ne sont rien »

De tous moyens de se protéger

On les dit fragiles

On les enfonce dans cette fragilité

Et moi ma colère est immense



Xavier Lainé

24 juillet 2026


mercredi 9 septembre 2026

Ça brûle 23

   

-23-


Ça brûle

Ça brûle partout

Que laisserons nous à nos enfants

Sinon la ruine et la misère


Ça brûle

Ça me brûle

Ça me lamine

Ça me ronge

Devant la page 

Où mes mots s’accumulent

En pure perte de temps

En pure perte d’énergie


Ça me brûle

D’être d’une génération 

Qui semble n’avoir jamais mesuré

L’ampleur des dégâts

Générés par système 

Dans lequel elle se vautre

Persuadée de pouvoir s’en sortir

Par la seule issue individuelle


Ça me brûle

Ça me dévore

Cette colère blanche

Comme mes poings rageurs

Qui cognent sur la page

Dans l’espoir de plus en plus maigre

Que nous puissions ne pas aller au bout

D’une logique criminelle

Qui corrompt notre humanité

Dans le sang et la terreur



Xavier Lainé

23 juillet 2026 (2)


mardi 8 septembre 2026

Ça brûle 22

 



-22-


Blanche la page est restée un jour de plus

Blanche de colère blanche

De colère rentrée qui ne trouve pas sortie

Blanche de poings serrés

D’avoir envie de cogner

Sur les murs d’obscurantismes

Qui nous enserrent 

Nous privent de toute liberté d’agir

Alors que Terre

Notre Terre commune

Notre Terre irremplaçable

Brûle


Elle brûle

Elle nous brûlera tous

Mise à feux par l’inconscience collective

D’une humanité qui ne cesse de se vautrer

Dans les compromissions tragiques

Entre mains sanglantes

Capables de tout détruire

Pour mieux compter gros sous

En des univers virtuels

Où nos vies

Les vies

Toutes les vies

Ne valent rien

Aux yeux aveuglés des tyrans


Blanche de colère la page

Où les mots peinent à tracer leur chemin

Conscients d’être désormais 

Digue futile

Puisque nul n’agit



Xavier Lainé

23 juillet 2026 (1)


lundi 7 septembre 2026

Ça brûle 21

 


-21-


Ma page blanche se fait cri

Cri de rage à l’heure des distractions

Comme des mouches sur tablettes de glu

On vous offre (à grand frais mais pas à grand frais)

Les jeux du cirque

Et vous vous y précipitez

Croyant encore en cadeaux

Quand ce n’est que marché

Marché de la musique 

Marché de la poésie

Marché du travail

Marché aux esclaves

Tandis qu’en carré VIP

S’esbaudissent les autorisés

Autorisés à boire et manger

Tandis qu’au parterre on meurt de soif

Ceux qui sont en haut de l’affiche et ceux qui n’y sont pas

Juste le droit de mourir de soif ou de faim

Pour tenter de voir une idole

Qui en coulisse compte ses dollars

Alors page blanche ou noire de suie

Lavée aux larmes d’être de ce monde

Immonde page où écrire ne sert à rien

Puisque rien ne vient de révolte

Ou de digne colère

Juste vous voir ramper

Pour une place dans le grand cirque

M’écoeure

Moi

Pas poète pour deux sous

Ou trop poète à fleur de peau

Tripes au bout de la plume

Espérant un sursaut de notre humanité en place de son agonie



Xavier Lainé

21 juillet 2026 (2)