mercredi 8 juillet 2026

Un mai plus tard 21

 


-21-


Car il faut aux imbéciles

Le plaisir d’humilier

Ceux qui ont encore

L’intelligence du sensible

Celui de revendiquer le droit

De vivre en humains debout

Capable de marcher vers un avenir

Débarrassé de la souillure

D’éradiquer les esprits de domination

Qui se complaisent en infinis conflits

Au prétexte qu’humains auraient ça dans le sang


N’en déplaisent aux imbéciles

Tout prouve le contraire

Violence et guerres 

Ne sont pas inscrites

Dans nos gènes


N’en déplaise aux imbéciles

Qui répandent l’ignorance

À seule fin d’assurer leur pouvoir

D’assoir leurs fortunes

Sur les esprits désorientés

Maintenus la tête sous l’eau

Tandis qu’à la surface en s’esbaudie


N’en déplaise aux imbéciles

Qui ne savent que torture et misère

Comme moyen de leur gouvernance

Les racines de notre humanité

Plongent en l’humus

Du partage et de la solidarité

Une force que rien ne peut étouffer



Xavier Lainé

21 mai 2026


mardi 7 juillet 2026

Un mai plus tard 20

 


-20-


C’est bataille

Que de tirer enfant

De l’ignorance

Où il est enfermé


On lui dit partout

Qu’il n’y arrivera pas

On l’enferme

On le contraint

On ne lui montre pas

Le plaisir d’apprendre


C’est donc bataille

Que de sortir l’enfant

De cet enfer

Où tout contribue

À le faire tomber


Ce qui est recherché

Ce n’est pas le plaisir d’apprendre

C’est l’art de se laisser couler

Dans un monde qui ne tolère

Aucun faux pas

On ne cesse de l’y entraîner


Alors on livre bataille

Avec un peu de colère parfois

De mesurer les dégâts

D’une scolarité

Qui vise à l’exclusion

Au nom de la réussite

D’une minorité bourgeoise

À qui on donne toutes les clefs



Xavier Lainé

20 mai 2026


lundi 6 juillet 2026

Un mai plus tard 19

 


-19-


Silencieux 

Tapis dans les ajoncs

Souffle suspendu 

À la danse des insectes


Une Nette rousse

Lentement dérive

Suivie de ses petits

Un mâle plonge

Puis réapparaît

Aux côtés de sa compagne

Bec chargé d’algues

Qu’il partage avec elle


Prémisses de ce que furent

Chasseurs cueilleurs

Dans notre humanité

Bien avant qu’elle oublie

Le sens du partage 

Nécessaire à toute vie


Mes yeux plongent

En ces abîmes secrets

Où me fondre aux arbres

Me confondre aux herbes

Respirer au grand air

Une liberté

Que les humains n’offrent plus


Car ce qui domine désormais

Cette haine de l’autre

Cette prétention à tout savoir

À ne rien écouter



Xavier Lainé

19 mai 2026


dimanche 5 juillet 2026

Un mai plus tard 18

 




-18-


La vie surprise au fil des eaux

Deux libellules

Qui s’embrassaient tendrement

Plus loin d’autres veillaient 

Perchées sur leurs ajoncs


Ainsi va la vie loin des humains

Pas si loin à vrai dire

Pas si loin

Simplement nous n’y prêtons guère attention

Nous passons devant sans un regard

Comme nous passons devant les tyrannies en cours

Sans même nous en sentir émus


Le drame se noue peut-être ici

Ce dont nous accusons certains enfants

Qui auraient des troubles de l’attention

Semble être un symptôme général

Nous passons à côté de la vie

Comme à côté de la nôtre sans la voir

Sans prendre le temps de nous assoir

Et de regarder 

Sans prendre le temps de comprendre

À côté de quoi nous passons


C’est ici une rupture dans notre humanité

Un handicap qui se répand

Qui nous frappe et nous isole

Du monde vivant

Dont nous refusons de concevoir

Que nous faisons partie

Ni au-dessus ni au-dessous

Dedans 



Xavier Lainé

18 mai 2026


samedi 4 juillet 2026

Un mai plus tard 17

 


-17-


Une journée loin

Loin de la folie des humains

Ou de cette frange infâme

D’humains qui portent ombrage

À toute notre humanité


Une journée

Les yeux ouverts 

Sur les oiseaux et les libellules

Rêvant de ne jamais revenir

D’arpenter cette terre

Sur son versant fertile

Qui se moque bien

De mes états d’âme

Des tyrannies

Des hypocrisies


Une journée

C’est peu et c’est beaucoup

Une journée

Ça vous invite

À ne pas rebrousser chemin

À prendre distance

Pour ne pas sombrer

Avec ceux qui sabordent le navire


Il y avait

Des canes conduisant leurs petits

Des grèbes attentives aux leurs

Des Nettes Rousses plongeant au fond des eaux

Remontant dans leur bec des algues nourricières

À partager avec leur tendre moitié

Il y avait



Xavier Lainé

17 mai 2026