samedi 14 mars 2026

Grotesque hypocrisie 26

 



Certes c’est sans doute plus commode, d’attendre un homme providentiel, ça évite de devoir penser.

Je lis que dans ma ville, la plupart des « citoyens » se déclarent non intéressés par les « affaires politiques ». C’est sans doute là aussi par commodité.

On attend que quelque chose se passe, on vide le mot « citoyen » de toute substance, le mot « démocratie » est réduit à une délégation de pouvoir.

On attend.


On attend, on contemple depuis son canapé la tournure tragique du monde, on se lamente, on dit qu’ils sont tous pourris.

Mais on les laisse faire. On attend qu’un sauveur suprême arrive qui, d’un coup de baguette magique règlerait tous nos problèmes.


Quand on attend pas, qu’on tente d’agir, de créer du commun (vous savez, ce truc qui n’est pas propre aux humains mais qu’ils ont développé depuis des millénaires ; ce truc que le monde néo-libéral, dans son indignité, sacrifie sur l’autel de l’individualisme), alors non seulement on se retrouve suspect, mais encore entre ceux qui défendent la cause commune surgissent des tensions, pas au nom des nécessaires débats d’opinion, mais parce qu’on craint que les passifs interprètent mal le travail commun.

Au nom du fascisme qui s’immisce au coeur des indifférences, on censure la parole qui pourrait en arrêter la marche.

On craint de ceux qui attendent leur courroux ou leur jalousie, peut-être.


Et la démocratie ?

Bien longtemps qu’elle a pris le large ou la poudre d’escampette, ne trouvant ni dans l’attentisme, ni dans la virulence son droit de séjour.

Car en autocratie parfaitement intégrée, ce qui compte c’est le pouvoir, et la reconnaissance des individus, pas la progression des idées.

Entre attentisme et flagornerie virulente, entre rejet de tout engagement et adhésion aveugle aux thèses politicienne y aurait-il une petite place pour la libre critique et la diffusion des savoirs ?



Xavier Lainé

25 janvier 2026


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