La page du jour achevée, le bruit des mots se poursuit.
Un blanc, un mot, un blanc, un mot et la ligne qui se grise, la page qui se saoule, insatiable.
Pluie battante sur les rêves et les insomnies.
La bataille des chiffres nécessaires à la survie qui se bousculent comme foule à l’heure de pointe.
Le sommeil qui reprend entre deux pages, mais toujours avec en toile de fond bruits de bottes et de conflits, cris d’enfants sous les décombres, pleurs de femme violentées.
Pluie battante sur notre humanité meurtrie.
Pleurs battants devant l’indifférence ignoble de celles et ceux qui prétendent me représenter.
Je l’écris : ils ne sont pas mes délégués, je leur dénie de parler en mon nom.
Absurdes ivres de pouvoir et d’argent, votre parole n’est que souillure pour l’idée que je me fais de notre espoir d’humanité.
Vous qui jetez à la rue, en long cortège de misère, une foule hagarde qui ne pensait pas qu’une telle déchéance serait possible au pays des lumières et des droits de l’homme, votre bouche n’est qu’injure à l’histoire, vos lèvres ne prononcent que mensonges.
Pleurs battants, un peuple se lève, ses mollahs tirent dans la foule, alignant milliers de cadavres au nom de leur religion.
Pleurs battants, un faux cessez-le-feu aligne cadavres d’enfants et de prisonniers mutilés au nom d’une autre religion célébrant le même Dieu.
Honte, honte absolue d’être de ce monde là, de cette foule du samedi qui ira faire ses courses, courbée sur les caddies, aux temples du commerce.
Honte devant les regards désapprobateur, lorsque, keffieh autour du cou, j’arpente les rues de ma ville si propre et si belle qu’elle en a perdu son âme.
Les pitres se battent pour être au pouvoir, se vantent de leur action solitaire mais si peu solidaire.
Les suffisants se présentent à leur propre succession, sous les pleurs battants.
Xavier Lainé
17 janvier 2026
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