lundi 2 mars 2026

Grotesque hypocrisie 14

 


Vivre est toujours un exil. Car en dedans, pas d’appartenance, pas de frontière, pas de pays, juste l’horizon des mots.

Vivre est une éternelle errance, écrire aussi : on puise en l’humus du vocabulaire, de quoi affronter l’arbre des pensées.

Qui toujours s’échappent, apparaissent et disparaissent, sans dire qui elles sont.

Les pensées m’échappent ; elles ne sont que fumées, poudre aux yeux de qui lit ou écoute.

On se rassure en les énumérant.


Écrire est un moyen d’échapper à l’âpreté de ces temps de misères et de guerres.

De guerre lasse, ne sachant trop comment mettre un terme à la lente déshumanisation du monde, écrire permet de s’ancrer quelque part, mettant un terme provisoire à l’exil.

Je déambule, je cueille ici et là ferments à planter et faire fructifier.

Puis je me tais, la tête étourdie des histoires qui cheminent en dedans.


Pas trop longtemps, car ça tourne, ça n’arrête pas, au même rythme que les images de détresses qui me parviennent, de Gaza, du Soudan, d’Iran, du Vénézuela.

Le monde s’embrase sous la coupe des immatures qui se sont un peu partout emparés du pouvoir.

D’autres soufflent sur les braises, alimentent le feu et ceux qui ne cessent de le rallumer veulent interdire qu’on les dise complices.


Les crimes systémiques sont bien difficiles à masquer, ça rend les immatures de plus en plus agressifs, comme les enfants tyranniques qu’ils n’ont jamais cessé d’être.

Ils ont oublié de grandir. Ils nous regardent comme si nous étions comme eux. Ils ne voient pas qu’ils s’adressent quand même souvent à des adultes.

Alors ils veulent nous surveiller et punir ceux qui brisent les outils de surveillance.



Xavier Lainé

13 janvier 2026


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