Je dépose donc ici les décombres de ce qui aurait pu être, pages d’écriture torturées jusqu’à ne plus avoir de sens apparent.
Rompre avec l’affolement et m’assoir sur un banc. Regarder le mouvement brownien de la foule.
Ne pas céder au vertige des précipitations.
« Comment allez-vous », disent-ils.
Je vais comme je peux, comme je vais en ville-monde ; et ma ville-monde s’en va, décentrée, déconcentrée.
Certes elle a un centre, mais la vie est ailleurs, hors les murs anciens où l’on ne vient que samedi pour trois courses et mille papotages.
Pour quelle ville mon coeur bât ?
Ma ville en a-t-elle un ?
Il me plaît de regarder ma ville respirer à pleins poumons.
Je l’imagine marcher au rythme de mes pas, me laissant libre de me perdre au long de ses artères.
Je m’y dépose, rarement m’y repose.
Elle se méfie de tout ce qui transite, de tous ceux qui migrent d’ici à là, sans trop savoir où ils vont.
Sa bibliothèque ne rameute pas les foules.
En ses lieux de culture se retrouvent les mêmes, ceux qui ont codes d’accès, ou qui, un moment, se sont laissés happer par une culture qui n’est pas la leur.
Qui y dit culture ne parle que d’un type particulier dont les arcanes sont inaccessibles à quiconque ne parle ou pense en cette langue appauvrie dans le repli sur soi.
Le coeur de ma ville, s’il existe fond ici, s’émeut ailleurs, loin de mes rêves.
Xavier Lainé
18 janvier 2026
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