dimanche 8 mars 2026

Grotesque hypocrisie 20

 


Parfois il faut entreprendre un recyclage des mots, pour ne pas qu’ils se perdent.


Alors, pour m’y retrouver, je vais de plan en plan, plan-plan, pour ne pas perdre le fil.

Je m’étonne de ce qui traverse le temps en couches archéologiques posées les unes sur les autres, découvertes par hasard

Des humains vivaient là. On creuse. On excave.

Ici ils avançaient dans des rues effacées ; ailleurs ils finissaient en reliques anonymes enterrées

Il suffit alors d’un détail pour deviner qui ils furent, quels conflits en effacèrent la trace


Je vais au gré d’un plan, mais le temps d’avancer, de choisir mon chemin, quelque chose a été aboli.


Mes yeux voient la ville d’avant, celle d’après le séisme, la guerre ou les travaux, modernisation ou conflit.


Que reste-t-il de nos vies, sinon des fondations oubliées ?


Je vais en des villes rêvées ; en d’autres traversées et arpentées. En chacune mon coeur bat. Elles sont un peu de qui je suis, vivant en ce temps-ci, en un lieu où je pose mes bagages, un relais entre hier et aujourd’hui, une auberge temporaire où les mots se déposent eux aussi, en strates successives.


C’est un long chemin pour trouver un port d’attache d’où partir et où revenir, d’où contempler ce qui demeure et ce qui change, puis rêver que ce lieu de pierres et de bois, établi en ce temps, devienne point de convergence de rêves et d’utopies où s’élaborent des mondes, des passages, des andrones discrets entre aujourd’hui et demain, dans des rires enfantins.



Xavier Lainé

19 janvier 2026


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