Il faudrait pouvoir faire sécession, quitter le grotesque de ce monde pour bâtir d’autres utopies, loin de ces pitoyables rodomontades.
On le voit bien : un monde livré aux appétits du profit est une catastrophe pour l’humanité.
Il faudrait donc apprendre à en sortir.
Il faudrait inventer le droit qui saurait condamner le profit comme un crime contre l’humanité. Il faudrait.
On me dit à l’oreille qu’il ne faut pas dire ça, et encore moins l’écrire.
Que ce n’est pas comme ça qu’on se fait célèbre en monde délétère.
Qu’il vaut mieux passer la brosse à reluire dans le dos des puissants plutôt que donner coups de pieds rageurs dans la fourmilière médiatique.
Qu’il faut s’attribuer la gloire même si elle n’est pas justifiée.
C’est de gloire que se goinfrent les amnésiques et les couards.
Ils agitent leurs médailles trop rarement méritées, ils jouent des coudes pour apparaître au premier rang des photographies de groupe.
Ils aiment qu’on parlent d’eux et se considèrent les mieux placés pour le faire.
En ce monde de déchéance humaine, il faut se mettre sous les projecteurs et aligner monnaie pour s’acheter une place.
Il faut apparaître en tête de gondole des librairies, briguer les prix octroyés par les marchands d’esclave d’hier.
Ceux-là achètent tout, pour mieux en dévoyer le sens.
Ils arrivent même à se faire approuver par un inconscient collectif qui adopte ses standards, se met à faire pitreries de tout art.
On peut même en ces territoires de perdition, se dire contestataire mais en se vêtant des atours de bons bourgeois ventripotents.
On fait son petit tour de manif puis on rentre à la maison manger des hamburgers en regardant BFMTV ou CNews. On est content d’avoir été nombreux.
Ça n’a rien changé au schmilblick, mais on est heureux d’avoir assisté à la grand-messe.
Xavier Lainé
15 janvier 2026
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