mardi 8 février 2022

Saisir la perche, pousser la porte, changer l’eau

 


Liberté ! Photographie de Juan Conca (avec son aimable autorisation)


Je cherchais en vain, à part ces samedis qui se succèdent à être aux côtés de ceux qui se battent contre l’infamie de mesures despotiques, sans relâche, comment inviter à saisir la perche, ouvrir la porte entrebâillée et commencer à changer l’eau croupie d’une société plus fermée que bocal à poisson rouge malade.

Je cherchais en vain : j’aurais pu signer un appel à voter, mettre mon nom dans une liste que presque personne n’aurait parcourue. Je n’ai pas voulu.

Alors, ma plume virevoltant sur des pages qui resteront secrètes, elle a fini par se poser ainsi : la poésie, c’est encore ce que je sais faire de mieux. Ça n’est pas très politique, ça voudrait être poétique ; c’est peut-être cette porte qu’il nous faut pousser, celle d’une poétique du Tout Monde si chère à l’ami Edouard Glissant.

C’est celle-là que je voudrais que, pour une fois, mes amis, mes frères et soeurs en territoire infiniment contraint, nous ayons le culot de pousser.

Voici donc pourquoi je voterai pour Jean-Luc Mélenchon, à coup sur et que j’aimerais que vous saisissiez cette perche, car elle est la seule clé, désormais, qui nous ouvrirait la porte d’un autre avenir, où tout sera à construire, à reconstruire, sans fin.

Pour ne pas vous voir rejoindre la longue cohorte des noyés.


Te voici noyé ami

Dans le bouillon infâme d’un monde

Noyé


Vois-tu la perche tendue

Celle qui ne te dis pas 

Qui ne te dis rien

Celle que tous t’invitent 

À négliger


Car

Vois-tu 

Ils te préfèrent noyés

Agonisant sous les mauvais coup

Du moment que leur argent est sauf


Combien de crimes ont-ils

Cachés sous le tapis de leur « bienséance »

De leur « bonne gouvernance »

Combien de noyés

Combien de désespérés

La corde au cou

Sous le joug de leur totalitaire volonté


Et tu négligerais la perche tendue

Tu accepterais d’être le poisson nageant

En l’eau trouble d’un temps aveuglé

Qu’on vaccine sans rien changer

À l’eau croupie qui l’étouffe


Et tu négligerais la perche tendue

Qu’il te faudrait au contraire

Saisir et ne plus lâcher


Nul ne sait

Ni celui qui tend la perche

Ni ceux qui pourraient s’en saisir

De quel monde accouchera celui-ci

Mais

De toute évidence

Il aura la couleur qu’ensemble

Joignant nos diversités d’esprit

Nous saurions lui donner


Si une porte est entrouverte

Entre un dedans irrespirable

Et l’air pur du dehors

Ne la pousserais-tu pas

Ami


Si une brèche

Une seule

Apparaît sur le vernis

De leur monde rance

Ne faudrait-il pas l’écouter

Ne serait-ce que pour aller voir

Derrière

Le monde qui s’ouvre


Ils s’en vont 

Les esclaves de leurs maîtres

Disant que rien n’est possible

Que tout n’est que démagogie

Sauf qu’il ne s’agit pas là

De laisser faire mais d’agir

Pas le choix ami

C’est l’heure


C’est l’heure d’agir 

L’heure de saisir la perche tendue

De pousser la porte entrouverte

D’agrandir la fissure dans le mur des certitudes


Rien n’arrive 

À qui ne fait qu’attendre

Rien jamais ne fut acquis

De liberté et de joie

Sans mettre la main

À la pâte d’une vie à construire

Il est l’heure


Il est l’heure 

Tu le sais

Tu le sens

Ami

Rien ne se fera sans toi


Un tour

Un seul et la petite fenêtre de l’espoir

Pourrait s’ouvrir enfin

Aurais-tu peur


Aurais-tu peur du chantier terrible

Qui nous attend derrière la porte

Derrière le mur

Que je ne pourrais que 

Te comprendre

Mais


Rien n’arrive sur le terreau de la peur

Rien n’arrive à qui ne se saisit pas de la perche

Rien n’arrive à qui n’ose pousser la porte

Rien n’arrive à qui rejette les mains tendues

Sinon la noyade assurée

Sous les sourires goguenards

Des soldats d’un temps révolu


Nous le savons

Nous le sentons

Que leur temps est révolu

Que quelque chose nous attend

Qui changerait l’eau du poisson

Qui en prendrait soin

Avec bienveillance

En place d’appât du gain


Il est l’heure

Ami

De saisir le manche et la cognée

De travailler à abattre ce vieux monde

Croupi dans l’eau infâme

Où tant d’hommes

De femmes et d’enfants

Ont perdu leur précieuse vie


C’est pour eux qu’il nous faut construire

Pousser la porte entrouverte

Changer l’eau du poisson

Le purger des poisons avalés


Ils ne savent rien de la singularité du vivant

Laissons les où ils sont

Nous n’avons rien à attendre d’eux

Sinon qu’ils nous tiendront la tête sous l’eau pourrie

Jusqu’à notre noyade

Sans une larme


Moi je ne cesse d’en avoir 

Des larmes et des soupirs

De vous voir errer

Pauvres âmes en peine

Vous précipitant vers les récifs

Où leurs fausses lumières

Leurs sémaphores de pacotille

Vous attirent


Je ne cesse d’en avoir

Des larmes et des soupirs


M’offrirez-vous

Avant qu’il soit trop tard

De vous voir 

Un sourire aux lèvres

Vous mettre à construire 

L’humanité qui nous manque 


Je vous attends

Je saisis la perche et vous la tends à mon tour

Il est temps

Il est l’heure


Poussez la porte

Poussez la


Xavier Lainé

4 février 2022


vendredi 4 février 2022

SOS





Photographie de Pierre Weber - SOS Urgences Hôpital




Je reviens au poème

Dernier havre de paix avant issue de secours.

Je reviens au poème pour ne plus laisser mes neurones

Partir en vrille dans les profondeurs d’un temps

De naufrage et de perdition.


Il me faut nager.

Atteindre coute que coute le rivage

Avec dans les rêves d’accoster

En un lieu à mille milles de ces terres arides

Où les coeurs vont

Infiniment desséchés.


*


C’était un soir gelé

Avec SOS de bougies devant les portes vitrées


C’était un soir de parole donnée

De mots qui hésitaient

Ne sachant plus vraiment que dire

Devant le foule masquée


C’était un soir de lutte

Mais de quelle lutte encore parler

Puisqu’est admise la santé totalitaire

Celle qui soigne personnes saines

Laisse tomber les malades

Fermant ici services d’urgence

Ailleurs interdisant d’exercice

Ailleurs encore appelant retraités

Pour compenser soignants suspendus


C’était un soir la mort dans l’âme

Un soir à ne pas y croire

Un soir de froid en dedans comme en dehors

De parole n’exprimant rien

Sinon longues litanies de chiffres

Qui faisaient face à d’autres 

En vaines querelles de gestion maladive


C’était un soir de parole donnée

De parole donnée par assurance de conformité


Y voir clair ne t’autorise à rien

Dans l’indigence d’un temps qui ne pense plus


C’était un soir de lutte

Mais sans solidarité

Sans la chaleur fraternelle

Qui donne le goût et la saveur

Aux protestations aiguisées


C’était un soir de rendez-vous manqué

Devant les portes muettes 

D’un hôpital sans âme

D’où l’humain est évacué

Vers la morgue d’un temps d’arrogance


*


J’en reviens au poème

Ultime bouée de sauvetage 

Quand tout se délite et se noie

Quand tout se brise sur des murs d’argent

Quand l’humain part à la dérive



Xavier Lainé


28-29 janvier 2022


dimanche 30 janvier 2022

Poésie impromptue (pour la Criée Publique de Reillanne du 14 janvier 2022)






Photographie de Pierre Weber, avec son aimable autorisation




Poésie lue lors de la "Criée Publique", sur le marché de Reillanne (04), le 14 janvier 2022



J’ai tant couru

Que j’ai fini par rattraper le train du temps

J’ai attrapé la poignée

Mais personne ne m’ouvrait la porte

Alors j’ai fait tout le voyage sur le marche-pied

Mon bagage d’éloquence

À bout de bras lassés


J’ai tant couru

Que j’ai fini par lâcher la poignée

Me suis assis sur le ballast

Rêvant d’un voyage trop vite interrompu


J’ai tant couru

Après mes rêves 

Mes illusions


J’ai tenté

Seul dans la foule muselée

De prononcer mots de flamme

Mots de braise et de tendresse


Je ne sais pourquoi

Vous passiez votre chemin

Regard figé au fond de vos peurs


Je ne sais pourquoi

J’avais envie de vous prendre 

De vous enlacer

Vous embrasser

Vous embraser


Xavier Lainé


11 janvier 2022 (3)


mercredi 26 janvier 2022

Il faut que te dise








Il faut que te dise

Tous les bienfaits que m’accordent l’air

Et l’eau et la terre

Marcher à l’ombre ou en plein soleil

Murmurer aux arbres toutes mes peines


Il faut que je te dise

Les voix sereines qui m’accompagnent

Lorsque je vais solitaire

Écouter les chants de la terre

Le murmure des sources

Le vent dans les branches nues


Il faut que je te dise

Je ne sais pourquoi

Mais cette intuition de devoir

Chuchoter à ton oreille

Le plaisir immense et les rêves fous

Lorsque pieds nus je traverse

Le gué des pierres instables

Comme l’est l’art d’être vivant


Il faut que je réponde à ton appel

Je ne sais pourquoi

C’est comme un lien qui se noue

De ton invitation à ma voix

Délicatement posée sur les ailes

Des oiseaux migrateurs 

Vers ce sud où tu médites

Dans le doux clapotis et les vagues

D’une cascade bienveillante



Xavier Lainé


2 janvier 2022


lundi 24 janvier 2022

Saisir la perche - Donner le bâton - Perdu/éperdu

 







J’observe, depuis ma tour de guet, en quels désespoirs voguent mes semblables.

On vous a tellement dit et répété que vous ne pouviez rien y faire, que vous ne saviez pas.


Saisir la perche tendue ou donner le bâton pour se faire battre ?


Je ne sais plus.

J’ai du mal à retrouver le chemin de mes mots.

Je reste là, terré dans l’ombre de mon antre de livres et de papiers.

Je tente de saisir encore un peu d’air, en ouvrant ma fenêtre sur la nuit qui se termine.

J’ai du mal à respirer encore, depuis ce discours indigne, je tourne en rond.

Les preuves que les fauves sont lâchés dans l’arène s’accumulent.

Le discours de l’emmerdeur en chef ont libérés les dernières attaches qui auraient pu endiguer le noir.

Ceux qui avaient voté pour lui en croyant se prémunir du pire en sont pour leur frustration.

Mais qui dit frustration dit aussi bouillonnement interne et parfois éruption intempestive de mots irréparables.


Alors je me suis tu.

J’ai tenté de me taire plutôt que parler dans un désert.

J’ai laissé les pages blanches.

Plus un mot ne venait, ou alors tellement hésitants qu’ils brillaient par leur insignifiance.

Et tous les jours, pour recevoir encore mes patients, je faisais bonne figure.

Je faisais comme beaucoup qui courbent l’échine, font comme si de rien n’était alors que désormais nous voici devant un chaos innommable.

Les pires pensées sont sorties au grand jour.


Faut-il encore les énumérer ?


« Il serait bon de conseiller systématiquement à toute personne adulte refusant de se faire vacciner de rédiger des directives anticipées pour dire si elle souhaite ou non être réanimée en cas de forme grave de Covid. Une personne revendiquant le libre choix de ne pas se faire vacciner ne devrait-elle pas assumer en cohérence son libre choix de ne pas se faire réanimer? » (Professeur Grimaldi - JDD, 1er janvier 2022)


Certains n’y vont pas par quatre chemins en appelant « à affamer » les récalcitrants à la vaccination…


Et puis non, je ne ferai pas la liste exhaustive de ces aberrations de langage qui trahissent la cruelle indigence de la pensée.

Mais, cherchant à comprendre ce que je devrais faire si quelqu’un parmi mes patients avait la bonne idée de me contaminer, je tombe sur la foire aux questions concernant le Coronavirus, sur le site officiel de l’Ordre National des Kinésithérapeutes, et j’y découvre cette perle :


« Puis-je refuser l’accès de mon cabinet libéral à un patient non vacciné  ?

La loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire ne prévoit pas de subordonner l’accès des patients aux cabinets libéraux à la vaccination contre le Covid. Vous ne pouvez donc refuser l’accès de votre cabinet à un patient au motif qu’il ne serait pas vacciné. Un tel refus de votre part pouvant constituer un refus de soins discriminatoire, votre patient pourrait alors saisir le directeur de l’organisme local d’assurance maladie ou votre CDO d’inscription d’une plainte à votre encontre, en application de l’article R. 1110-11 du code de la santé publique. »


Je croyais que nous avions touché le fond, mais non, il y avait encore de la vase et les loups sont bel et bien entrés dans Paris.

Jusqu’où irons-nous dans cette indigence de la pensée, dans cette obéissance aveugle, dans cette incapacité des soignants à regarder un peu plus haut ?


Puis voilà que me parvient d’autres débats, d’autres ébats, où les uns cognent sur les autres, justifiant l’injustifiable malgré eux, sans doute malgré eux.

Il n’est pas faire état de ses cas de conscience face à une politique qui met de côté de plus en plus de nos libertés les plus essentielles. Dès le doute insinué, le ton monte (de quelle peur viscérale est-il donc le symptôme ?).


Je cite :


« Je comprends la souffrance des gens ignorants et apeurés qui ne comprennent pas à quoi sert la couverture vaccinale, qui sont complètement fermés aux conseils scientifiques et médicaux, parce qu’ils n’ont pas fait des années d’études de médecine, de virologue et d’immunologie et n’ont apparemment aucune confiance aux spécialistes compétents.

Mais j’avoue que j’en ai sincèrement marre (…) d’être obligée de lire des discours extrêmement immatures, émotifs et inintéressants au possible. 

Figurez-vous qu’avant d’envoyer un mail à la poubelle je dois le lire d’abord et que vous qui vous sentez si oppressés par l’état français (ce qui me fait pleurer, car je suis étrangère et connais bien pire), vous vous imposez carrément ?!

Un peu de remise en question peut-être ??

Si les gens ne veulent pas se protéger eux-mêmes, je veux bien être protégée d’eux, c’est à cela que sert le pass sanitaire. 

Sinon ils font ce qu’ils veulent, personne ne les prive de leur liberté d’attraper une forme grave de covid. » 


« Je lis depuis quelques temps des propos (…) qui révèlent les pensées, les états d'âme ou le point de vue, parfois de manière assez forte et affirmée de certains (…). 

(…) Oui, nous sommes dans un pays où il y a des lois et des directives. Il n'appartient aucunement à notre association (…) de vous appeler à les contourner ou à ne pas les respecter. Les expressions sur ce thème peuvent faire partie de votre compte Facebook, ou autre. Je vous remercie de le comprendre dans l'intérêt de tous (…) Moi aussi, un centre culturel où je donnais cours a pris l'initiative de fermer totalement tout le mois de janvier et cela ne m'amuse pas, mais je ne glorifie pas pour autant des actes de terrorisme (en les confondant avec des actes de résistance dans des raccourcis simplificateurs !). (…)

Pour les praticiens récalcitrants au vaccin : parlez-en à votre médecin traitant, votre généraliste qui vous suit (sur les comptes publics, merci la France et sa protection sociale...). Si nous avons développé une certaine expertise dans les domaines qui sont les nôtres, désolé : nous ne sommes pas médecins, et c'est un problème de médecine, pas de politique ! »


Les mots me manquent. 

J’ai du mal à respirer (mais rien à voir avec le virus).


Reprenons donc depuis le début.


1. Je ne suis pas de ceux qui crachent sur la vaccination. Lorsque j’étais enfant, habitant au sud de la Tunisie, j’ai des petits copains qui sont morts de la poliomyélite. À cette époque, l’hôpital de Garches (où la kinésithérapie a pu acquérir ses lettres de noblesse) accueillait les jeunes patients atteints de paralysie. Un de mes amis y a fait un séjour prolongé, hélas sans grand résultat et a fini par se suicider plutôt que de vivre dans la dépendance liée à son handicap majeur. Vais-je cracher dans la soupe qui permet de maintenir le virus de la polio à distance ?

De même il faut reconnaître le net recul de la tuberculose (même si celle-ci exonéra mon père de partir faire la guerre d’Algérie) grâce au BCG.

Mais, si je ne suis pas contre, dois-je pour autant considérer que le problème est réglé une fois pour toute grâce au vaccin ? Car polio comme tuberculose font leurs choux gras dans les zones les plus miséreuses du monde, et le vaccin ne résout rien du problème.

Peut-on se contenter du vaccin ou devons-nous aussi contribuer à éliminer la misère sur laquelle les infections, épidémies, pandémies prolifèrent ?


2. En ce qui concerne le « vaccin » (ou thérapie génique) à ARN Messager, il est bon de rappeler ce que l’assemblée européenne dit dans sa résolution 2361 : 


« S’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n'est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s'il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement

Veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné. »


Rendre le vaccin obligatoire (sans le dire, mais en créant des conditions de vie contraignantes) au mépris des décisions européenne est-il bien digne d’un pays démocratique ?


3. Puisque me voici sur le terrain de la démocratie : comment qualifier un pays où toute idée contraire à celles du pouvoir est immédiatement taxée d’irresponsabilité, d’ignorance, vilipendée et ostracisée ?

Voilà la boite de Pandore ouverte par le monarque élyséen : toute parole contraire doit être étouffée, seuls comptent les dogmes d’une pratique de la médecine d’avantage vouée aux statistiques et aux algorithmes qu’au vécu sur le terrain des soignants.


4. M’y voici et au risque d’être encore une fois accusé, je vais faire état de ces propos du Professeur Perronne qui affirme que les errements du totalitarisme médical sont le résultat d’une médecine dont les décisions sont prises par des gens hors-sol, qui ne voient jamais un patient, qui ne savent rien de leur vie sociale. Il rejoint ici les propos écris par Stéphane Velut (in L’Hôpital, une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme, Collection Tracts (n° 12), Gallimard).

Encore faut-il aller jusqu’au bout et poser la question qui fâche : est-il normal que la sociologie, la psychologie et la philosophie soient les grandes absentes des parcours de formation de tous les soignants dans ce pays, les vouant à devenir des « techniciens de la santé » dénués de tout sens critique ?

Dans le même sens, les sensibles aux propos professionnels viendront-ils accuser l’ISERM de « complotisme » ou « d’islamo gauchisme » lorsque, dans sa lettre du 29 novembre 2021, il est affirmé : 


« Le fait est désormais bien établi, notre santé dépend largement de notre environnement : des facteurs environnementaux seraient à l’origine de plus de 70 % des maladies non transmissibles, qu’il s’agisse de maladies cardiovasculaires ou métaboliques, de cancers ou encore de problèmes respiratoires chroniques. Et au fil des connaissances acquises sur le sujet, il est apparu que l’on aurait tout à gagner à considérer les différents facteurs incriminés dans leur ensemble, plutôt que d’étudier séparément l’effet de chacun d’entre eux sur la santé humaine. »


Désolé, mais quand on veut être « professionnel », autant l’être vraiment et ne pas se satisfaire des seuls dogmes éculés psalmodiés par Le Monde ou Libération devenus les jouets de la propagande gouvernementale.

Que la majorité approuve les propos des inféodés du dogme ne change rien à l’affaire : nous ne vivrons en démocratie qu’en retrouvant l’art du débat démocratique et non cette approbation béate des discours haineux et anti-scientifiques du pouvoir.


5. J’avais déjà épinglé la « neutralité » des syndicats professionnels de kinésithérapeutes.

Soyons clair : la santé publique est une affaire bien trop sérieuse pour être laissée aux seuls politiciens, appuyés de leurs experts hors-sol. C’est un problème de vie citoyenne et de revendication d’un mieux vivre qui corresponde à la définition de la santé promus par l’OMS dans sa charte paraphée par la France (un éclair de lucidité et d’intelligence est toujours possible) : 


« Un état de complet bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité »


Et si nous nous saisissions d’une telle définition pour exiger que soit mis un terme à la paupérisation, à l’indigence de la pensée ?


Qu’importe qui vous êtes, femme ou homme, jeune ou âgé, qu’importe votre statut vaccinal, votre philosophie, votre couleur de peau, votre religion mais, lorsque vous hésitez sur la pas de ma porte, et me posez cette question : « Je ne suis pas vacciné(e), vous m’acceptez quand même ? », vous me voyez perdu, éperdu , hagard, sans voix car jamais je n’avais envisagé qu’un jour, un seul, une telle question pourrait m’être posée ! 


Xavier Lainé


24 janvier 2022