mardi 12 décembre 2023

Si étroit est le chemin 18

 




En vogue

Tu surnages

Tu vogues

Tu arpentes

Les rives improbables

Dont la paix serait contagieuse


*


Tu ouvres tes bras

Qui pourraient contenir

Tout être en souffrance


Tu soupires


*


De quoi faire un jour

Quand il te semble 

Tant vont en certitudes

Tournant le dos

À ta soif de beauté


Ils se déchirent

Puis s’en vont étonnés

De voir pauvres gens

Leur tourner le dos

Puis se réfugier

Dans les griffes du pire



Xavier Lainé

18 novembre 2023


lundi 11 décembre 2023

Si étroit est le chemin 17

 




Revenir à quelques fondements pour ne pas se perdre

Pour ne pas laisser son âme errer au gré des invectives

Pour nommer un chat un chat et ne pas se fondre dans la confusion


Être aux côtés des primo-habitants d’un lieu

Ce n’est pas exiger l’extermination des colonisateurs

Mais dénier le droit des premiers à revendiquer leur espace vital

C’est se ranger aux côtés des seconds

Au risque d’en cautionner la dérive guerrière


*


Être aux côtés

Tendre la main

Comme une perche

Pour sauver qui part à la dérive

Éviter les noyades ou les asphyxies


C’est ainsi que nous sommes

Humains sans trop y réfléchir

Sans regarder au gain

Mais en pleurant sur les victimes

Lorsque nous ne savons pas

Lorsque nous ne savons plus


Être aux côtés

Ouvrir nos bras

À qui s’effondre sous le poids

D’un monde semant ruines

Sur son chemin sans


Allumer les lumières

Saurions-nous

Qu’il faudrait en effet prêter notre flamme

Pour dérouter la nuit qui s’étend

L’hiver des âmes et des coeurs

Qui se terrent aux souterrains des libertés perdues


Être aux côtés

Tendre la main

Ouvrir les bras

Te serrer contre mon coeur

Ma soeur en infortune

Pour le seul bonheur d’un instant

Un éphémère instant


*


Si

Si la main tendue se fait hésitante

Tu restes là devant les décombres de ce qui fut

L’amour déchiqueté sur les récifs

Pleurant à chaude larme l’éternité de tes échecs


Jamais échec et mat

Mais quand même parfois sérieusement en difficulté

Tu aimerais arpenter des rives qui te régénèrent

À l’abri de bras ouverts pour épancher tes soupirs



Xavier Lainé

17 Novembre 2023


dimanche 10 décembre 2023

Si étroit est le chemin 16

 




Peut-être ne saurai-je jamais me tenir en ce monde

Juste chercher à y semer maigres graines

Dans l’espoir illusoire qu’elles germent


Peut-être ne suis-je que disparition

Rêveur fou et impénitent d’une autre dimension

Mes rêves puisant leur substance

Dans un au-delà des temps où l’amour serait roi


Peut-être

N’étant que de passage en ces lieux

Devrai-je laisser ma griffe sur les pierres et les troncs d’arbre

En coeurs entrelacés pour ne rien oublier 

D’une vie qui ne voulait se baigner

Qu’en l’eau claire des infinies tendresses


Peut-être

Le coeur saignant de tant de coups reçus

De mauvais signes envoyés

Me faudra-t-il me poser en quelque ermitage secret

D’où les mots se répandraient comme fumées

Comme brumes dans les matins à venir


Sait-on seulement ce qu’on attend de la vie

Un jour on se retourne

On constate effaré qu’on aurait pu

Qu’on aurait dû mais que non

On se couche dans l’aube délicate

Pour un subtil élan où dormir ne serait plus

Synonyme des cauchemars semés



Xavier Lainé

16 novembre 2023


samedi 9 décembre 2023

Si étroit est le chemin 15

 





Mes rêves sont d’un autre monde

Bien au-delà de celui-ci


Mes rêves ne savent rien des guerres

Ni des frontières


Mes rêves vont à ta rencontre

Par-dessus les barrières

Du temps et de l’espace


Mes rêves sont des cerf-volants

Voguant multicolores

Sur les ailes d’un vent tendre


*


Les fauves sont passés à l’attaque

Plus rien n’a d’importance à leurs yeux

Sinon leurs cris de vengeance


Les fauves occupent le siècle

Ils font bombance de leurs adversaires

Vont niant leur humanité


Les fauves laissent derrière eux

Champ de mines et de ruines

Fumantes dans les crépuscules sanglants


*


Il me prend le fou désir de me blottir

Au creux d’un nid de feuille douillet

Dans la tendresse de bras accueillants


Il me prend le fou désir de fermer les yeux

Sous la caresse du vent

La douceur d’un baiser 

Ouvrant la porte d’une nuit 

Calme et apaisée


*


Or voici que le temps n’est plus à l’amour

Le temps s’en vient qui n’est plus qu’à survivre

À prendre chaque heure pour ce qu’elle est

Un moment où la vie chancelante demeure


*


Le temps n’est plus à l’amour

Alors que seul

Il pourrait nous sauver

Si


Le temps n’est plus à l’amour

Par lassitude et découragement

Nous pourrions le réinventer


Nous pourrions rouler dans les feuillages d’or

Oublier le froid dans une folle étreinte

Qui rejaillirait sur le monde

En myriades d’étincelles de hasard

Semant la vie où elle fait défaut



Xavier Lainé

15 novembre 2023