vendredi 20 novembre 2020

Lettre du bord du gouffre 22

 




Fut un temps où on en appelait à la conscience, cet oeil intérieur, cette force qui aidait à marcher sur le fil tendu entre bien et mal, noir et blanc, lumière et ombre.

Fut un temps, où, je me souviens, nous allions ânonnant la petite phrase de morale, dans les petits matins frileux d’automne.


Je ne sais aujourd’hui de quel côté faire pencher le plateau de la balance : cela fut-il salutaire, ou non. Mais peut-être au fond que ça allumait dans les profondeurs cette petite flamme qui faisait hésiter sur le seuil de nos conneries adolescentes.

En ces heures de doux souvenir, j’apprenais « La conscience »  qui se terminait ainsi :


« On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »

Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.

Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre

Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,

L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn. » (Victor Hugo, La légende des siècles)


C’était l’occasion de développer cet oeil intérieur invitant au temps du discernement : hors de question de franchir la ligne rouge qui nous aurait fait glisser de la réflexion à l’insulte.


Ne croyez pas que je regrette ce temps, j’observe juste qu’aujourd’hui, l’Etat et son système, ayant perdu la confiance en ce regard intérieur propre à chacun, s’en réfère à celui, extérieur, d’un Big Brother bien plus dangereux que la petite phrase de morale des frileux matins d’automne.

Celui-là t’observe, te censure, d’oblige à une « sensure » pire que tout rappel à la morale !

Il veille non pas à la bienséance, ni à la courtoisie : il veille à la conformité et laisse libre court à tous les délires obscènes de la vulgarité, de l’ostracisme, du racisme et ses frères en xénophobie, sexisme et autre homophobie.


Et c’est peut-être un drame que d’être tombé en cette surveillance occulte.


A suivre...


Xavier Lainé


17 novembre 2020 

jeudi 19 novembre 2020

Lettre du bord du gouffre 21

 



Je ne sais pas vous, mais moi, je finis par ne même plus écouter les vains discours de ces sinistres personnages qui prétendent régenter nos vies pour nous éviter de mourir.

D’ailleurs, je ne dois pas être le seul car, visiblement leurs propos sont bien peu relayés.

Jusque là, je postais ma lettre du bord du gouffre seulement pour ceux qui avaient le courage d’aller me lire (deux ou trois au maximum).

Ayant fait le ménage des pseudos amis d’un soit-disant réseau social, je prends la décision de reprendre le partage mais en prenant soin de le précéder d’une didascalie :


« Ils éructent sans préservatif.

Leur discours n'est que mauvais cache sexe pour se défausser de toute responsabilité.

Car ils ne sont pour rien dans la déroute climatique, ils ne sont pour rien si dix millions de gens dans ce pays crèvent de faim.

Ils n'y sont pour rien si des centaines de naufragés, femmes et enfants en tête se noient en croyant rejoindre rives de liberté.

Ils n'y sont pour rien, n'est-ce pas ?

Ils vous cloîtrent et vous séquestrent, mais il faut en passer sous les fourches Caudines des big Brothers qui les soutiennent et passent à la caisse tandis que nos révolutions ne sont qu'écran de fumée.

Il faut des coups de pieds au cul pour que se réveille les consciences ? »


Et là, chose étrange, les visites s’accélèrent, les « likes » aussi.

Avez-vous vraiment lu ?

La suite me prouve que pas forcément.

On ne lit pas en ces lieux, on survole, on zappe, puis on cogne, on insulte parfois sans prendre de gants, sans savoir, sans chercher à comprendre.

L’ubris libérée de tout contrôle, sinon celui de l’oeil qui dans la tombe observe toujours Caïn (merde, deux fois que j’y reviens, faudra que je reprenne Hugo pour vous donner le texte entier).


A suivre...


Xavier Lainé


15 novembre 2020


mercredi 18 novembre 2020

Lettre du bord du gouffre 20

 





Alors je vais sortir les mots aiguillons qui briseront la glace qui enserre nos pensées !

Je vais en mettre, moi, des mots qui seront comme des coups de pieds au cul pour nous réveiller.

Non, mais c’est quoi, ces manières de vivre soumis aux caprices d’un sale gosse mal éduqué.

Un sale gosse de la haute qui pète plus haut que son cul, nous le laisserions nous marcher dessus ?


C’est fou comme on est vite affublé d’étiquettes.

Hier j’étais islamo-gauchiste, puis le lendemain complotiste, me voilà atteint de frustration !

Chouette non ?


Ha!, C’est vrai, je n’ai pas le bagage universitaire, je n’ai pas le langage élaboré ni la méthodologie.

Simplement, dans un contexte qui devrait nous inviter à mettre toutes nos contributions pour tenter d’avancer ensemble en respectant notre diversité, je ne comprends pas cet art de stigmatiser, d’invectiver, qui plus est sur un réseau prétendu « social », dont tout le monde sait en quelle surveillance il nous maintient.


Pardon donc de déranger les intellectuels bon teint.

Pardon de m’immiscer dans vos débats entre gens qui se comprennent.

Pardon de croire encore qu’il puisse y avoir débat, échange, partage et non leçons à recevoir.


Savez-vous ? J’aurais pu faire comme d’autres, profiter de ma situation politique, il y a quelques années pour m’imposer.

Je n’avais pas cette idée.

J’étais convaincu au contraire que la politique était beaucoup trop noble pour que je m’en serve de piédestal.

Il en est de même pour les idées. Je n’ai rien à imposer, juste des réflexions à proposer. Mais en ce monde d’ego boursouflé, c’est vaine tentative.


A suivre...


Xavier Lainé


14 novembre 2020

mardi 17 novembre 2020

Lettre du bord du gouffre 19

 





J’écris toujours d'un ailleurs où le soleil se lève, refusant de croire que la nuit serait notre ultime horizon.

Refusant que penser ne serait que le tribu d’une poignée qui le feraient à ma place.

Penser, vous savez ? Faire usage immodéré de cette masse gélatineuse qui, à force de lire, de chercher à comprendre, découvre qu’elle ne sait pas grand chose, sinon la nécessité impérieuse de ne rien prendre pour argent comptant.


Regardez : que, soignant je dise la médecine vendant son âme à Big Pharma, et voici qu’on me cloue au pilori !

Or qu’ont-ils fait de nous, médecins, infirmiers, kinésithérapeutes et autres sinon, les promoteurs d’une bio-machinerie ne dépendant que de molécules, de techniques capables de tout guérir y compris du terme ultime de la mort.

Voyez donc : en quoi les peurs orchestrées au sujet de ce terme peuvent prendre leur source dans ce déni ?

J’en connais qui la répandent cette peur au nom d’une thérapie démiurge, capable d’éradiquer un virus dont toute science digne de ce nom dit qu’un seul le fut jamais dans l’histoire de l’humanité et encore sans certitude absolue de le voir ressurgir du néant où il sommeille (la variole).

Que diront-ils face à ceux qui dorment quelque part dans le permafrost et qui ne demandent qu’à se réveiller sous l’empire du réchauffement climatique ?

Serais-je taxé ici aussi de complotiste à écrire ce que des documentaires scientifiques établissent comme une évidence ?

Quelle médecine valable ?

Celle qui se contente d’attendre que futures pandémies se répandent comme trainées de poudre, rêvant de vaccins improbables concoctés à la va-vite au fond des laboratoires des sociétés pharmaceutiques ?

Ou celle qui cherche à anticiper, à prévenir les risques, soignant l’homme en prenant soin de son environnement économique, social, psychologique comme le préconise la charte de l’OMS pourtant ratifiée ?


A suivre...


Xavier Lainé


14 novembre 2020 

lundi 16 novembre 2020

Lettre du bord du gouffre 18





 

Vous n’avez sans doute pas compris : mais tout voir, tout lire, tout entendre, ce n’est pas forcément être d’accord avec tout et son contraire ! C’est juste considérer qu’il est de mon devoir de me faire ma propre opinion, de prendre le recul nécessaire à mon discernement.

Là, je ne résiste pas au plaisir de vous recopier la définition donnée de ce mot dans le fameux « Dictionnaire historique de la langue française » du regretté Alain Rey : « Discernement n.m. (1532) s’est détourné de son sens premier, « action de séparer, de mettre à part », pour désigner l’opération par laquelle on distingue intellectuellement deux ou plusieurs objets de pensée (1611, discernement du vrai et du faux), et la disposition à juger clairement et sainement les choses, sens demeuré courant. »


Ici, désormais, il ne s’agit plus de faire oeuvre de distance et de hauteur de vue, mais de s’enflammer illico pour ou contre, sans prendre le temps de connaître, savoir, comprendre. Ce qui compte c’est de décliner à l’infini qui est pour ou contre ceci ou cela, le masque, le confinement, le vaccin et qui sait quelle litanie répétée sans y croire par médias aux ordres des puissants.

Il ne s’agit pas de réfléchir librement à ce dont nous avons besoin pour nous protéger collectivement du virus pire que Covid qui est celui de l’individualisme et du consumérisme.

Ce virus là, inoculé au plus profond du peuple depuis les années 70, nul ne l’a vu venir et c’est tout l’art de la « gouvernance » prônée par l’OCDE et l’OMC que de faire prendre la liberté de consommer pour une vraie liberté.

Autrement dit de faire prendre des vessies pour des lanternes.

Avec en toile de fond l’asservissement involontaire des esprits au dogme économique de l’école de Chicago.

Pour arriver à ce stade, il faut un bon stock d’imbéciles se marchant dessus le jour du « black Friday » ou des soldes.

Il faut assez de culte au dogme de l’impuissance pour que plus personne ne bouge, ou de façon si marginale qu’il devient facile d’user des forces du désordre pour imprimer un peu plus la peur.


A suivre...


Xavier Lainé


14 novembre 2020 

dimanche 15 novembre 2020

Lettre du bord du gouffre 17

 




Ce qui est important, c’est que ce monde cherche à protéger sa police.

Pas que nous réfléchissions à ce que virus veut nous dire, ce qu’il faut changer pour mieux vivre tous.


Ce qui est important, c’est qu’un président ignare (sauf pour les finances et les financiers — qui ne sont pas seulement une pâtisserie) fasse une faute d’orthographe sur l’hommage rendu au rédacteur en chef d’une constitution qui lui permet aujourd’hui de gouverner seul.

Pas d’envisager de changer la constitution et d’en créer une qui dynamise le mot démocratie.


Ce qui est important c’est le discours d’un cache-sexe ridicule, capable de nous proposer toujours moins de vie pour ne pas mourir.

Pas de réorganiser nos vies en tenant compte des dangers climatiques et viraux à venir.


Ce qui est important, c’est de psalmodier les langages de la peur jusqu’au délire final.

Pas de redresser nos têtes pour qu’elles soient libres de penser au grand air.


Ainsi allons-nous tournant en rond autour de discours qui ne nous appartiennent pas.

Tournant en rond comme ils aiment nous voir tourner, nous sommes proie d’un vertige qui projette nos pensées contre les parties étroites de nos crânes fatigués.

Fatigués d’exister sous cette contrainte stupide, impossible de lever la tête, les yeux, l’esprit.

Nous marchons à côté de nos pompes.

Serait temps de vivre debout et de marcher à notre guise.


A suivre...


Xavier Lainé


12 novembre 2020

samedi 14 novembre 2020

Lettre du bord du gouffre 16

 



« Tout artiste prend ses désirs et donc ses rêves pour des réalités, comme tout savant, comme tout citoyen, comme tout amoureux, comme tout désirant, comme tout être non-inhumain. » (Bernard Stiegler, Dans la disruption, comment ne pas devenir fou ? Éditions Les Liens qui Libèrent, 2016)


Peut-être est-ce là ce que certains voudraient briser.

Sans désir, sans rêves, sans illusions à tenter de réaliser, nous voici glissant vers l’inhumanité.

Une fois livrés sans utopies aux « règles du marché », nous serons robotisés.

Savent-ils ce qu’ils doivent à Huxley, Orwell, Kafka ou Jarry ?

Dans cette soupe infâme et sans imagination, nos désirs se heurtent aux limites d’un système fait pour des robots.

Combien y perdront leur âme, leur esprit, leur vie ?


Fascinante ville désertée, vide de ses petits commerces, vide de ses cafés du matin, de ses frémissements d’aube où la vie s’étire.

Je marchais en ville morte.

Ne manquait que les cercueils alignés où pourraient reposer en guerre les dépouilles de nos libertés sacrifiées.


Visiblement la curiosité s'arrête aux murs de Big Brother !

Visiblement il est parfaitement vain d'écrire encore dans une société masquée, craintive, soumise.

Visiblement j'assiste à la mise à mort des rêves, des désirs, des utopies.

Visiblement le désert gagne les coeurs et les esprits.

Visiblement l'oeil est dans la tombe et regarde toujours Caïn.


« Les feuilles vertes et fraîches des arbres de mai s’agitent joyeusement au-dessus des brasiers.

J’avais une lettre à jeter à la poste. J’y ai mis quelque précaution, car tout est suspect à ces braves gardes nationaux. » (Victor Hugo, L’émeute du 12 mai).


A suivre...


Xavier Lainé


12 novembre 2020