vendredi 19 juillet 2024

Un goût amer 24

 





Ne pas céder

Ne rien concéder

Demeurer debout


Pas faute d’avoir écrit

Ici et ailleurs

Pendant quarante années


Pas faute d’avoir montré le spectre

Qui se profilait déjà

Faute de fermeté contre

Contre toute parole raciste

Contre tout acte xénophobe


Nous avons trop longtemps toléré

Les paroles et les actes

Qui relèvent du tribunal

Mais sont relayés sans complexe

Jusque dans les pages quotidiennes

De médias ayant vendu leur âme


Ne pas céder

Ne rien concéder

Résister

Écrire

Créer


Pour ne pas sombrer 

Créer

Dire encore et écrire


*


Ça sentait la naphtaline à plein nez

Les bourgeois de circonstances

Avaient pris l’allure d’anciens aristocrates

En en prenant aussi la place


Ça sentait la naphtaline à plein nez

Ils étaient les gardiens du temple

Membre d’un culte au classicisme

Ne supportant aucune discordance


Ça sentait la naphtaline à plein nez

Les gardiens se gardaient de parler

Ils ne faisaient que veiller sans faille

Sur les grains avariés d’un monde agonisant


*


Ils ne vous diront jamais la nature de leur pensée

Les contempteurs de l’immonde

Ils avancent toujours masqués

Se montrent sous le jour fielleux d’un propos sans relief

Ils n’offrent aucune prise mais dans leurs actes 

Ils sont de ce côté là du monde

Côté qui penche toujours dans la balance

En faveur de la compétition sans frein

Des « distinctions » au sein de l’humanité

Entre ceux qui à leurs yeux sont

Et les autres toujours différents qui ne seraient « rien »

Vous leur donneriez le bon dieu sans confession

Ils vont à confesse et communient en toute innocence

Au calice  d’une humanité ne vivant que dans l’entre-soi de la richesse



Xavier Lainé

24 juin 2024


jeudi 18 juillet 2024

Un goût amer 23

 





Il te fallait sortir

Suivre les sentes ardues

T’échapper un moment

De ce monde en folie


Les choix seront bientôt évidents

Puisque le pire n’avance plus masqué


Alors s’il n’est pas évité

De quoi saurions-nous tisser nos jours

Va savoir


*


J’ai tiré sur tes épaules

La tendre couverture des étoiles


Les chemins du ciel favorisent les douces rencontres

Dessinent les fragiles contours d’un corps dans l’attente


Le vent a emporté les derniers voiles

Posés sur ton sommeil fragile


Tu attendais au carrefour du crépuscule

Le moment de délivrer les mots tendres

De leur gangue de terre et de soleil


Le yeux fermé tu avançais dans le cru de l’azur

Nue et candide attendant que les rêves t’emportent



Xavier Lainé

23 juin 2024


mercredi 17 juillet 2024

Un goût amer 22

 





Construire l’espoir

En des lendemains qui pour une fois

Ne déchanteraient pas


Mais


Car toujours un mais

Tu ne peux t’en empêcher

De poser un mais

Sur cet espoir

Si souvent déçu

Rompu sur les récifs

D’un immonde


*


Parfois rêver

Regarder les militants

Enfin unis et mobilisés


Mais


Car toujours un mais

Que ne l’ont-ils fait avant

Quand l’urgence absolue

Ne s’imposait pas encore


*


Si souvent rêvé

D’un monde tournant le dos

À l’immonde imposé

Même sous un masque avenant

Sous les traits bon chic bon genre

Du « gendre idéal » dont tu ne voudrais pas

Pour tout l’or du monde


Car vous le saviez

Que le pire avance toujours masqué

Ne se montre jamais sous son vrai visage

Il ne se découvre que trop tard

Si souvent trop tard

Même au pays des droits humains

Bafoués depuis tant d’années


*


Alors rêver encore

Et puis danser dans la nuit la plus courte

Se réjouir de musiques qui traduisent

Toute la diversité du genre humain


Pour un soir au moins

Repousser les spectres d’un passé nauséabond

Et espérer en votre réveil



Xavier Lainé

22 juin 2024


mardi 16 juillet 2024

Un goût amer 21

 





Combien pour l’espoir

Combien pour la vie

Combien pour la tendresse

Combien pour l’amour

Combien pour l’amitié

Combien pour la solidarité

Combien pour la compréhension

Combien pour la tolérance

Combien


Combien sur le « marché »

Puisque tout ce résume à ce mot

Il y a même un « marché de la poésie »

Pas vu passer s’il y aurait un « marché de la philosophie »


Combien sur le « marché » 

Puisque tout se résume à ce mot

Il y a même un « marché du travail »

Qui ressemble à s’y tromper à un « marché aux esclaves »

Par dessus tous les « marchés »

Se trouve le « marché financier »

Celui qui donne des bonnes ou mauvaises notes

Aux gouvernements dont il prétend contrôler les actes

La « bonne gouvernance » à son point de vue

Étant celle qui réduit les peuples à l’esclavage de la survie

Tandis qu’une poignée qui se pense au-dessus des « riens » 

Engrange les bénéfices de la honte



Xavier Lainé

21 juin 2024