samedi 10 décembre 2022

Une infinie nostalgie 24

 




Qu’il était triste l’homme de pouvoir

Si seul au milieu de la foule

Venue jouer avec la mort


Avec son visage de clown

Ayant réchappé de peu à la main glaciale

Il était debout 

Seul parmi les autres


C’est triste constat

Que pouvoir puisse être détenu

En si peu de mains


Il s’en dégage une infinie nostalgie

Une envie d’en finir

De passer vite 

Tourner la page des années mortes

Inventer autre façon d’être en vie


Triste

Triste monde que celui-là

Qui ne laisse aux humains d’autre perspective

Que de s’effacer devant la triste silhouette

D’autocrates sans envergure

Pauvres pantins entre les mains

De plus riches qu’eux


Entre les dalles de béton

Germent toujours des herbes folles

Soyons-en


Xavier Lainé


25 novembre 2022


vendredi 9 décembre 2022

Une infinie nostalgie 23

 




De la nostalgie à la colère il n’y a qu’un pas

Que parfois j’aurais envie de franchir

Sans le faire pour ne blesser personne


De la nostalgie à la colère il n’y en a qu’un

Qui oscille d’un pied sur l’autre

Se prend à rêver à la vie


De la nostalgie à la colère c’est torrent

Eaux impétueuses qui caracolent 

Sautent les rochers escarpés du désarroi


De la nostalgie à la colère

Que faire de l’intelligence

En temps d’errements chaotiques


Je vais ainsi 

De la nostalgie à la colère

De la colère à l’abattement de la première

C’est juste tentative de ne pas me noyer

Dans les flots boueux d’un temps qui fait semblant


Que les apparences soient sauves

C’est là que je me terre dans les profondeurs

De ma nostalgie et de ma colère

Pour ne rien sauver de ces vanités

Qui s’arrêtent à la surface


Amis qui trop souffrez

Venez ma porte vous est ouverte


Xavier Lainé


24 novembre 2022


jeudi 8 décembre 2022

Une infinie nostalgie 22

 




Pour éviter que nostalgie vous gagne


Pour éviter

Ouvrez donc les bras

Laissez s’y blottir

Nos blessures d’humanité


Pour éviter

Prenez ce temps précieux

Qui vous rend moins seul

Devant les contraintes de survie


Pour éviter

Laissez monter ce juste élan

Qui d’homme à homme

De femme à femme

D’homme à femme

De femme à homme

Nous laisse attendris et émus


Voilà peut-être ce qui s’est brisé

Ce qui a été

Voilà la nostalgie à l’affût

Dès qu’interdit du toucher

Se trouve imposé 


Nous ne sommes humains que dans la relation

Simple et courtoise

Qui nous fait ouvrir les bras

Parfois sans savoir pourquoi


Xavier Lainé


23 novembre 2022


mercredi 7 décembre 2022

Une infinie nostalgie 21

 




Un rayon de printemps s’invite

Entre deux avancées de l’hiver

Mais pas le temps

Pas le temps d’aller contempler

Les jeunes pousses émergentes

Sous les feuilles à peine chues


Un rayon de printemps s’invite

Voix à la radio énumèrent

Toutes les misères répandues

Parlent de « modèle social »

Ne disent rien des fortunes

Colossales fortunes

Engrangées sur la misère 


Un rayon de printemps s’invite

Je reste là

L’oeil rivé sur des chiffres

Qu’il me faudra rendre

Pour justifier d’avoir bien jonglé

Pour ne pas sombrer comme tant d’autres


Un rayon de printemps s’invite

Je m’écroule un instant

Me réveille en sursaut

Confus de m’être un instant 

Oublié entre les bras de Morphée

Alors qu’il ne fallait pas

Pas perdre un instant 

Pour ne pas rejoindre le naufrage 


Xavier Lainé


22 novembre 2022


mardi 6 décembre 2022

Une infinie nostalgie 20

 




Derrière le rideau gris

Vont tant de larmes retenues


Derrière le rideau gris

Les brumes de mon âme

Se répandent en vaines nostalgies


Derrière le rideau gris

Quelques flocons légers

Se retiennent encore


Derrière le rideau gris

Se calfeutrent mes souvenirs

Ma mémoire des beautés passées


Derrière le rideau gris

Je libère à pleins doigts

Les mots trop retenus


Derrière le rideau gris

Ne trouveront aucune place

Sinon comme pas dans la neige


Derrière le rideau gris

Où êtes-vous mes tendresses

Déposées à l’orée du jour

Entre les bras de l’indifférence


Derrière le rideau gris

J’irai en infinies solitudes


Xavier Lainé


21 novembre 2022


lundi 5 décembre 2022

Une infinie nostalgie 19

 




Malgré les habits d’hiver

J’observerai sous les feuilles

Le jaillissement souverain

Tendres pousses qui déjà

Annoncent le printemps


Sous les premières gelées

Bien au chauds sous l’humus

Viendront les bourgeons

D’un temps de divine beauté


Je resterai avec ce goût d’amertume

Au souvenir de toutes les guerres

De toutes les destructions aveugles

Qui auront jalonné mon époque


Debout dans la marge de l’avenir

Pour ne rien perturber 

Je contemplerai vos jeunes beautés

Construire un monde inconnu


Nous avions grandi dans l’ombre

De trente piteuses années

Qui ne voyaient du progrès

Que l’exploitation honteuse


Si j’avance nostalgique

C’est d’un temps et d’un monde

Pas encore né ou qui germe lentement

Sous les ruines de ce qui fut


Xavier Lainé


20 novembre 2022


dimanche 4 décembre 2022

Une infinie nostalgie 18

 




Quelle leçon tirer sans nostalgie

De cette fange répandue et des rires gras


Car il est de bon ton

En médiocratie

De se moquer de tout

Et en particulier

De ce qui de près ou de loin

Se réclame d’une forme d’intelligence


On aime, 

En territoire de fange

Tout ce qui avilit l’humain

Tout ce qui réduit 

Hommes et femmes à ce qu’ils sont

Des appâts sexuels

Des monstres de violence larvée


Le principe est de rire

Rire des plus profondes bassesses

Des plus médiocres ritournelles

Des plaisanteries les plus grasses


Dès lors monte la nostalgie

D’un temps il semble révolu

Où même dans les lucarnes télévisuelles

Arrivait encore à s’immiscer

Quelques grammes de subtilités


De ce passé ils ont fait table rase


Xavier Lainé


19 novembre 2022