dimanche 28 février 2021

Sourde colère 39 (Nouveaux états chroniques de poésie - Volume 12 - Tome 1)

 




Il en est encore qui croient nos gouvernants désemparés devant la « pandémie ». Courbes et chiffres pris on ne sait où nous affirment qu’il en est ainsi.

Chose étrange que cette fiction qui englue nos cerveaux au point de nous détourner des mesures prises en coulisses qui visent à parachever l’oeuvre entreprise depuis quarante ans et plus.

Lente érosion quasiment au même rythme que celle des glaciers de notre potentiel humain.

Nous voici réduits à n’être que supplétifs de machines qui décideraient pour et mieux que nous de nos vies.

Réduction à la misère totale proportionnelle à l’envahissement de notre univers par des robots sans âme ni conscience.

Ceux qui les servent, adeptes de cette religion d’une science réduite à ses techniques, déconnectés d’un réel qu’ils ne cessent d’abîmer ont déjà perdu toute qualité humaine.

Ils répètent à l’envie les mantras des « communicants » dont le rôle est de nous enfumer toujours plus, de nous détourner du réel.

A refuser de voir le visible, sentir le sensible, nous voici du fond de nos dénis, consentants silencieux au pouvoir de l'absurde.

L’absurde comme une prison à ciel ouvert dont nous sommes les hôtes et les geôliers.


Nous voici donc comme des prisonniers alignant barres gravées sur le mur par paquets de dix, sans savoir quand interviendra la libération.

Ce que nous ne savons pas, c'est que nous possédons les clefs. Mais de tortures psychologiques en menaces d'enfermement pire, nous finissons par oublier détenir la force de notre liberté.

Un mois s'envole emportant avec lui les voeux pieux. Il reste à établir pas à pas les actes de résistance au brouet insipide et stupide qui nous est servi chaque jour.


Xavier Lainé


31 janvier 2021

samedi 27 février 2021

Sourde colère 38 (Nouveaux états chroniques de poésie - Volume 12 - Tome 1)

 




Agir ou pas ? Embarqués dans l'histoire, désemparés par l'inertie des Etats, faire ou ne pas faire ? Faire et transgresser les règles si nécessaire, ou pas et devenir complice des crimes d'Etat commis en notre nom ?


"Ils roulent mensonges dans leur monde où le mensonge est une parole comme une autre, vaine comme une autre, ça ne touche rien, ça ne fait rien, ça ne nie rien, même." 

(Marie Cosnay/Mathieu Potte-Bonneville, in "Voir venir, Ecrire l'hospitalité, éditions Stock, 2019, Lecture terminée ce matin, trentième jour d'un mois de janvier à l'échine parcourue des mêmes travers, des mêmes cautions silencieuses au glissement vers la dictature sanitaire)


L’heure n’est plus à tergiverser, mais bien à réveiller nos potentiels de création.

Ici et là, on me demande : mais quelles solutions ?

Alors je rêve d’un programme sans programme, je rêve d’un moment où nous serions tous, citoyens tels que nous sommes, les cosignataires du monde qui serait notre.

Que nous pourrions ainsi, du plus local au plus global nous en réapproprier les rouages sans attendre le grand soir ou je ne sais quel homme providentiel qui le ferait à notre place.

Je rêve les yeux ouverts d’une co-construction d’un monde de nouveau vivable pour tous, sans distinction.

Qu’importent les détails, nous savons, chacun, au fond de nous-mêmes ce qu’il nous faudrait pour tout simplement redonner à nos vies le goût de vivre.

Cette pincée de folie qui nous ramènerait à notre soif primaire d’être des bâtisseurs du présent et non simplement des rêveurs d’un avenir inaccessible.

D’autres expériences existent un peu partout dont nous pouvons nous inspirer.

L’heure n’est plus à la résignation mais à la prise de parole et de pouvoir d’une nouvelle jeunesse.


Xavier Lainé


30 janvier 2021 (2)


vendredi 26 février 2021

Sourde colère 37 (Nouveaux états chroniques de poésie - Volume 12 - Tome 1)

 




Il faut savoir sortir des autoroutes, désobéir, suivre des routes et des sentiers buissonniers. 

Que Apple me dise ce que je devrais lire, ou que Facebook me demande ce que je voudrais écrire, que mon libraire mette petit coeur sur ses livres pour guider ma lecture vers ce qui lui convient, qu'il me faille être "coaché" pour vivre comme le monde veut que je vive, voilà qui m'insupporte. 

Je vais comme je veux, je pense comme j'en ai envie, je lis ce qu'il me plaît de lire, j'écris comme je l'entends.

Je n'ai besoin d'aucun "directeur de conscience", juste de butiner auprès de tous et de chacun ce dont ma conscience a besoin pour grandir.


C’est pourquoi je n’adhère plus à rien.

Car adhérer selon les principes adoptés depuis le XIXème siècle, c’est se plier à la règle sans qu’elle soit communément admise.

Qu’importent les querelles de clochers et d’ego, je cherche avec humilité à me fondre dans la décision collective à la condition expresse qu’elle vise au bien commun et non à l’appropriation d’un pouvoir par une minorité prétendue « éclairée ».

L’urgence n’est plus à attendre un grand soir hypothétique, mais bien à agir, chaque jour, pour faire grandir l’idée que notre humanité ne serait pas à sacrifier sur l’autel des égoïsmes capitalistes.

Ce monde est en train de s’éteindre ou du moins de montrer son potentiel destructeur, une fois emballé dans les stratégies du choc propres au libéralisme sans retenue.


Ce que nous ne pouvons dénier tant la fracture apparaît au grand jour, à moins de nier que nous ayons un nez au milieu de nos figures, c’est ce partage en deux classes profondément opposées : une minorité de possédants qui tirent profits y compris de notre impuissance, qui spécule sur nos erreurs de jugement, et nous, qui n’avons que nos intelligences et nos mains.


Xavier Lainé


30 janvier 2021 (1)


jeudi 25 février 2021

Sourde colère 36 (Nouveaux états chroniques de poésie - Volume 12 - Tome 1)

 




Mais peut-être au fond, même de gauche traditionnelle, préférez-vous un bon petit père des peuples qui décide pour vous que vous mobiliser pour inventer le monde de demain.

Vous restez donc sur vos gardes, regardant d’un oeil suspect toute jeunesse impétueuse qui s’invite en vos grand messes.

Peut-être au fond, pour vous autres qui dormez sur vos deux oreilles, convaincus d’être dans le droit chemin d’une pensée qui ne se remet jamais en question, le statu quo d’un monde capitaliste, en mode libéral ou en mode pays de l’Est n’est pas pour vous déranger.

Vous tirerez toujours un « bilan globalement positif » de chaque étape de la vie humaine, du moment qu’elle ne vient pas frapper à votre porte et vous demande de bouger.

Alors, vous signez des pétitions à tour de bras, sur internet et ailleurs, vous faites de joyeuses révolutions sur des réseaux prétendus « sociaux », puis vous éteignez cet écran là pour, depuis votre fauteuil « Voltaire » suivre les informations télévisées.


Même pas voir.

Même pas voir le précipice ouvert devant nos pieds.

Précipice où vont tomber, sans protestation, l’immense majorité des laissés pour compte d’un monde que vous avez quitté en 1917.

Qu’importent les discours coulés dans le moule d’un marxisme bien digéré ?

Marxisme et narcissisme finissent par se rejoindre pour vider le premier de toute substance philosophique.

Le discours parle du commun, mais à la condition qu’il se plie aux fantaisies de Narcisse.

Une fois vidé de toute philosophie, il reste aux pauvres la glu d’un temps sans perspective dont seule une organisation sans structure psycho-rigide peut nous dégager.


Xavier Lainé


28 janvier 2021 (2)


mercredi 24 février 2021

Sourde colère 35 (Nouveaux états chroniques de poésie - Volume 12 - Tome 1)

 




Bien difficile d'y voir clair dans un monde volontairement enfumé : c'est un acte de résistance que de refuser de penser au pas cadencé d'informations manipulées.

Les mots succèdent aux mots.

Les maux s’estompent derrière tension générale.


Que dire encore sinon cette souffrance ajoutée à la souffrance.

Que dire de cette absence.


On ne s’embrasse plus, on ne s’étreind plus.

Que reste-t-il d’humain désormais ?


J’attends dans cette nuit qui s’attarde.

J’attends un signe de révolte.

Il est encore asymptomatique.


Chacun derrière son masque se cache.

Insupportable temps générés par des fous.


J’attends dans cette nuit.

Je cuve ma sourde colère.

Combien de temps encore ?


Le boisseau posé sur le moindre souffle, 

La liberté noyée,

La vie elle-même isolée et violée,

Quel rêve formuler qui sache panser de telles plaies ?


J’attends dans cette nuit qui s’étend.

J’attends un signe de révolte qui tarde à venir.


Xavier Lainé


28 janvier 2021 (1)


mardi 23 février 2021

Sourde colère 34 (Nouveaux états chroniques de poésie - Volume 12 - Tome 1)

 




Il en faut si peu, pour renouer avec nos humanités : une porte ouverte, un thé ou café partagé, une matinée à se causer, de tout et de rien, de ce qui paraîtrait non essentiel ou temps perdu pour les aveuglés et les têtes en ogives, les cerveaux connectés aux algorithmes mais déconnectés de la vie. Il en faut si peu pour que jour retrouve le chemin du soleil !


Et il y en avait du soleil, cette fois-ci.

Nos pensées glissaient sur les ailes du matin.

Oubliant l’heure et le jour, nous cheminions vers d’autres horizons.

Les fâcheux avaient rendu les armes.

Nous nous retrouvions radieux en mêmes lieux mais dans un autre temps.

La jeunesse avait pris son envol, décidant pour elle-même du monde à sa mesure.

Nous étions là, certes, mais à simple titre de témoins d’un temps qui précédait leur naissance, et pour éclairer le chemin parcouru.

Nous retrouvions notre place, celui de l’expérience vécue qui permet d’éviter les récifs.

Nous avions le rôle des poissons pilotes, connaisseurs des passes fragiles où éviter de se blesser.

Nul besoin de dicter le chemin.

Il suit les méandres d’une vie vibrante.

Nous avions mis de côté les drapeaux de troubles identités.

À trop nous accrocher à leur couleur, aux frontières imposées, aux murs montés sans commune raison, nous perdons le fil de nos échanges.

Nos langues, nos cultures pourraient réapprendre l’échange.

Retrouver le goût de se nourrir, les uns les autres, de nos expériences.

Qu’un ou deux se réunissent et se parlent, vraiment, ce n’est pas refaire le monde, c’est déjà l’ébranler dans ses certitudes vaines.

C’est déjà jeter les bases d’une autre chose dont nous connaîtrons les contours qu’au fil de nos chemins.


Xavier Lainé


27 janvier 2021


lundi 22 février 2021

Sourde colère 33 (Nouveaux états chroniques de poésie - Volume 12 - Tome 1)

 




Depuis si longtemps réduits à des individus interchangeables, malléables, soumis : une fois le fondement du lien détruit, que reste-t-il de notre humanité ?


Que reste-t-il sinon cette soumission à un ordre établi que n’ont droit de contester que ceux qui ont sésame ?


*


Chaque moment de silence est prémisse à contestation et insoumission.

Prendre le temps de voir, est-ce encore autorisé ?

Prendre le temps de nous parler, sans plier sous le joug des injonctions sans fondement, est-ce encore de l’ordre du possible ?


Que des pensées habituées à la contestation plient sous ce couvercle, nous voici dans un consentement à la dictature.

Dictature patente, évidente, puisque nous voici à attendre comme des veaux que son éminence le roitelet de la finance nous disent à quelle sauce nous devrons être cuisinés.


*


On plie ou on casse. Dans un cas comme dans l'autre ce n'est que douleur d'exister. C'est si récent, au fond, cette manière de vivre debout : peut-être n'avons-nous pas fini d'apprendre.

Nous n’avons certainement pas fini d’apprendre.

À moins de considérer l’affaire clause et de demeurer figés, englués dans des pensées arrêtées.

Que nous apprend le passage viral ? Qu’est-ce qui est mis en lumière sous ce jour étrange d’une pandémie qui n’en a que le nom ?


Xavier Lainé


25-26 janvier 2021 (2)