mardi 29 septembre 2026

Dès l’aube larmes bues 12

 


-12-


Il y a des matins de vague douceur

L’esprit se prend à rêver qu’enfin

Mais qu’enfin quoi

Nul ne sait


Il y a de ces matins de vague à l’âme

De devoir encore et toujours poursuivre

L’ouvrage commencé qui ne finira jamais

Faute de temps

Faute de savoir


Il y a de ces matins sans envie

Où il ferait bon demeurer là

Passif et moitié endormi

Attendant quelque geste d’humanité

Au milieu du désert et des solitudes


Il en va de ces matins là

Las au bord du précipice

Où les fatigues engrangées serpentent

Au fond des gouffres d’amertume


Il en va de ces matins là

Des voix dans le poste causent

Des femmes violentées en Iran

Se taisent sur le peuple à l’agonie à Gaza

Causent encore des trains en surchauffe

En Allemagne ou ailleurs

Mais se taisent 

Sur le quotidien blafard

Des âmes fatiguées 

Bien cachées ici

Quelque part dans leurs passoires thermiques



Xavier Lainé

12 août 2026


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