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Me voilà passant nuit hallucinée
Me souvenant des années passées
Des années mortes d’une jeunesse
Qui rêvait d’enrayer la machine
L’indomptable machine
Qui ne cesse d’exploiter
Tout ce qui bouge et vit
Ne laissant derrière elle que déchets
Montagnes d’excréments
Qui se répandent comme marée noire
À la surface de nos espérances
Me voilà passant nuit hallucinée
Si maigre fraîcheur sur front fiévreux
Peau rejetant chaleur accumulée
Sueur jusqu’à rendre sommeil impossible
Repos illusoire tandis que dehors
On prépare noces inconscientes
Fêtes jusqu’à s’étourdir
Croyant échapper à la cuisson commune
Me voilà passant d’une nuit hallucinée
Pas un souffle pour attendrir les rêves
Alors j’écris ce qu’un monde
Fondé sur l’exploitation sans fin
Génère de misères et de douleurs
C’est donc bien ce monde
Qu’il nous faut remettre en question
On me dit qu’il vaut mieux
Parler d’autre chose
Les pieds dans les sabots
D’une ville dont l’esprit semble fondu
Xavier Lainé
17 juillet 2026
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