jeudi 3 septembre 2026

Ça brûle 17

 



-17-


Me voilà passant nuit hallucinée

Me souvenant des années passées

Des années mortes d’une jeunesse

Qui rêvait d’enrayer la machine

L’indomptable machine

Qui ne cesse d’exploiter

Tout ce qui bouge et vit

Ne laissant derrière elle que déchets

Montagnes d’excréments

Qui se répandent comme marée noire

À la surface de nos espérances


Me voilà passant nuit hallucinée

Si maigre fraîcheur sur front fiévreux

Peau rejetant chaleur accumulée

Sueur jusqu’à rendre sommeil impossible

Repos illusoire tandis que dehors

On prépare noces inconscientes

Fêtes jusqu’à s’étourdir

Croyant échapper à la cuisson commune


Me voilà passant d’une nuit hallucinée

Pas un souffle pour attendrir les rêves

Alors j’écris ce qu’un monde

Fondé sur l’exploitation sans fin

Génère de misères et de douleurs

C’est donc bien ce monde

Qu’il nous faut remettre en question


On me dit qu’il vaut mieux

Parler d’autre chose

Les pieds dans les sabots 

D’une ville dont l’esprit semble fondu



Xavier Lainé

17 juillet 2026


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