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Alors je refuse
De parler d’autre chose
De regarder ailleurs
Même au nom de douce poésie
Mes mots prennent bec
Ma vie prend ombrage furieux
D’un monde que je n’ai cessé de combattre
Mes mots sont ancrés là
Dans les décombres et les corps engloutis
Dans cette mer où enfant j’aimais nager
Devenue cimetière pour tant d’âmes en fuite
Bien sûr vindicte
Y compris venant de ce bord
D’un échiquier qui cache bien mal
Ses furieuses envies de dominer
Les mêmes
Les mêmes qui se disent gauche
Qui refusent que soit nommé
Le monde qui nous opprime
Même en citant Jean Jaurès
Il ne faut pas dire
L’alpha et l’omega
Qui conduit notre humanité
À sa ruine perpétuelle
Mes mots sont là
Ma vie se fait lasse
De voir se réaliser mes cauchemars
Dans la douleur de vivants qui ne demandaient qu’à vivre encore
Xavier Lainé
18 juillet 2026
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