Absurde
Tu ne t’y retrouves pas
Dans le fracas des bombes
Dont il ne faut plus parler
Tout en dressant mur de peur
Contre un ennemi
Sans vraiment savoir
Si oui ou non
Absurde
Mes mots s’égarent
Mon esprit se cramponne
Pour ne pas les suivre
Sur la pente glissante
Des psychoses entretenues
Absurde
Comment te dire
Ami de passage
Ma lassitude
De me voir vieillir
En mesurant mes échecs
Puisque ce qui vient
Dans ce pays livré aux pires
Semble sentir le rance
Rance
Rance lorsqu’il poursuit
Ceux qui disent le génocide
Accompli sous nos yeux
Avec notre complicité silencieuse
Rance
Ce rejet de l’autre
Au nom de sa religion
De ses engagements
De sa philosophie
Ou de sa couleur de peau
Il semble que nous soyons gagné
Par la gangrène de l’amnésie
Qui nous fait oublier qui nous sommes
D’où nous venons
Humains au même visage
Que tant d’autres sur la terre
Perdu en ces absurdités
Mes mots tentent encore
De s’immiscer dans le brouillard
Dans les fumées âcres
Où se tordent des corps
En Palestine
Au Soudan et ailleurs
Mes mots ont du mal
Mes mots ont mal
Ils se tordent eux aussi de douleur
Dans la nuit qui semble nous gagner
Une nuit pire que les précédentes
Car nous ne pourrons pas dire
Que nous ne savions pas
Certes mes mots réfugiés en des livres
Demeurent dans l’ombre des étagères
Ils ne sont invités nulle part
Mes mots qui dénoncent
Crimes et misères
Quand bons bourgeois
Demandent poésie mièvre
Sans secouer le cocotier des indifférences
Xavier Lainé
6 décembre 2025

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