Je ne pouvais pas deviner qu’après avoir écrit
Être resté sans voix
Devant les horreurs perpétrées en ce monde
Je pourrais un matin
Me découvrir totalement aphone
Incapable de dire deux mots
Sans forcer sur des cordes vocales
Irrésistiblement muettes
Il en est qui traversent tout
Comme si rien ne pouvait les atteindre
Comme s’ils étaient vêtus d’un imperméable
Leur permettant de traverser les ruines encore fumantes
Sans même percevoir les corps gisants
Parfois atrocement mutilés
Ils traversent
Qu’un visage brulé d’enfant
Passe sous mes yeux
Son regard me poursuit jour et nuit
Me hante avec cette impossibilité
De dire l’horreur
De clamer ma révolte
Sans passer pour
Mais passer pour quoi
Qui de l’indifférent ou de mon âme trop sensible
Ressemble encore à ce que je pensais
Jusqu’à encore hier
Être notre dignité humaine
Voilà que ma voix s’est éteinte
Il me reste mes doigts pour crier encore
Xavier Lainé
10 décembre 2025

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