Il semble que ça en amuse
Que la folie des hommes s’empare du monde
Flagelle la terre de sa puissance
Tue et martyrise leurs semblables
Sans état d’âme aucun
Il semble que ça en amuse
Qu’il faille à ceux-là se précipiter
Dans le vide abyssale creusé par les premiers
S’y jeter avec la mâle assurance
De ne jamais mourir
Puisque leur science les rendra ainsi
Immortels
Pauvre espèce livrée en proie au pire
Mufle hideux à peine masqué
Sous l’apparente courtoisie
Des corbeilles où s’épanche l’or et l’argent
Les dividendes comme médailles
Sur les poitrines de combattants
Qui ne sont qu’assassin officialisés
Derrière et dans leur sillage
Ne resteront que ruines
Ils regardent ça avec indifférence
Suivis par les badauds qui s’amusent
Devant le pitoyable spectacle
D’une tragédie humaine
En voie d’accélération
D’autres autrefois
Partaient à la guerre en chantant
Ils y vont désormais l’oeil rivé sur leurs écrans
*
Je suis de cette nature
Qui ne cesse d’attendre
Un signe
Un insigne
Un geste
De cette nature qui ne cesse d’en commettre
Des signes et des gestes
Par pur souci de l’accueil
Par pur souci est un mauvais terme
Ce n’est pas souci
Que de vivre à bras ouverts
De les refermer sur qui en a besoin
Ce n’est pas souci
C’est parfois pur bonheur
Lorsqu’une âme en peine
Toute contractée et repliée
Se dépose là
Déplie ses ailes
Trouves un chemin vers l’envol
Comme un oiseau blessé après sa guérison
Je suis de cette nature
Qui ne cherche qu’une chose
Se trouver à la juste place
Pour accueillir qui a besoin de repos
Xavier Lainé
20 février 2025