mardi 21 septembre 2021

Mon cri est un cri de papier

 




« Je veux être ici-bas libre, ailleurs responsable,

Je suis plus qu’un brin d’herbe et plus qu’un grain de sable ;

Je me sens à jamais pensif, ailé, vivant. »

Victor Hugo, La légende des siècles, Les grandes lois V


« Défendre le vivant, c’est à un égard précis comme éduquer un enfant, il s’agit d’oeuvrer à sa propre inutilité comme éducateur ou aménageur : c’est travailler à son propre effacement. » Baptiste Morizot, Raviver les braises du vivant


J’ai l’impression, parfois, de naviguer dans une indicible nuée.

En cet endroit, j’entends les mots, mais sont-ils bien des mots ?

Je vois, derrière la révolte, ce sommet d’impuissance où nous jettent ceux qui acceptent la responsabilité du pouvoir sans en assumer les conséquences.

Il y a cette inconséquence qui fait mur, bien après que les murs soient tombés.

Je me vois prendre parole, sans trop savoir pourquoi, ni comment, juste pour ne plus me taire.

C’est peut-être un tort.

Ça pourrait aisément m’être reproché car, justement, l’inconséquence et le défaut de responsabilité font que toute parole contraire peut subir l’affront d’être cataloguée déviante.

Ce n’est pas nouveau.

Alors on ne va pas au bout de nos maux et de nos mots.

On s’arrête en chemin.

C’est ce que j’ai fait.

J’ai été « militant », la belle affaire, mais humain, je l’ai été quand ?

Quand je faisais des discours vibrants pour une cause ?

Quand j’ai fini par m’effondrer seul et que les « amis », militants comme moi, se sont détournés ?

Quand je me suis tu pendant toutes ces années, me réfugiant en vaine littérature de révolte qui ne peut trouver place dans l’univers littéraire, car on peut dire, parfois, mais écrire !

Quand je reprends la parole, d’abord un peu hésitant, parce que je me trouve à côté du micro et que les mots se mettent à sortir avec l’assurance d’une colère sourde, tapie dans l’ombre depuis longtemps ?

C’est quand que j’ai fait preuve d’humanité ?

Parce que comme tous, j’y ai cru, que ce qui faisait société était ce ciment démocratique et social, et je me suis tourné vers les autorités « élues » en me posant la question de leur indifférence.


Alors je lis. 

Je lis et je réponds :


« Certes, il est fort probable que les choses bougent tant au niveau de l’Europe qu’ailleurs.

Mais le problème est celui-ci : hier des milliers de soignants, de pompiers, de professionnels du monde médico-social n’ont pu se rendre à leur travail.

Chez les libéraux, il est bien difficile de se faire une idée : la répression est plus lente et plus complexe à mettre en place.


Mon mail à l’ordre a visiblement été interprété (mais je ne suis certainement pas le seul à avoir écrit) comme des menaces.

Ce qui m’amène à réfléchir au-delà de ce qui se présente à nos yeux, des ce qui souillé nos vies.

Il y a, depuis le début de cette histoire une sorte de rhétorique de l’irresponsabilité : ceux qui détiennent les pouvoir à tous les niveaux prennent des décisions, celles-ci ont des conséquences désastreuses dans nos vies, mais lorsque nous parlons de responsabilité, les voici qui inversent les rôles.

Ainsi les gilets jaunes furent les responsables des blessures qu’ils ont reçues, les manifestants contre les lois retraites ou chômage qui ont é&té réprimés et blessés n’auraient pas du aller au devant des LBD, les soignants qui refusent, non les vaccins mais les conditions de coercition vaccinale, sont responsables de la désorganisation de la santé publique…

Nous pourrions citer une multitude d’exemple où les responsables retournent leur veste en faisant porter le chapeau à ceux qui n’en ont aucune mais au contraire, par conscience pure, tentent de limiter les dégâts.


Je me posais la question de savoir ce que nous, soignants, nous avions fait de si grave qu’on puisse nous en vouloir à ce point.

Aurions nous du, comme certains l’ont fait, ne nous occuper que de nous-mêmes ? Aurions-nous du comme certains l’ont fait, abandonner les patients, rompre avec notre éthique du soin ?

Ne le prenez pas mal, si j’écris comme certains l’ont fait, il ne s’agit pas de juger mais de placer le débat où il doit, à mon sens, être placé.

De quoi sommes-nous responsables ?


J’ai déjà exprimé cette filiation libérale qui relie le 11 septembre 1973 à ce que nous vivons par le lien d’une « stratégie du choc ».

Je mee pose des questions quand à mon propre échec, depuis quarante ans, à faire avancer l’idée que nous aurions à grandir en humanité en mettant en commun ce qui doit l’être. Comment en sommes nous arrivés là ?

Il me semble important d’y réfléchir pour ,ne pas retomber dans le piège facile de nos passivités. Nous en sommes là parce que, vraisemblablement nous nous sommes laissé déborder par la stratégie des médiocres communicants nous mettant devant notre supposée impuissance, et surtout en oubliant que si l’humanité a survécu jusqu’ici, ce n’est pas ben organisant des guerres mais au contraire en y faisant face par la solidarité.


A l’heure où s’invite la Terre dans le débat, il est peut-être bon de réfléchir au monde dans lequel nous souhaitons vivre.

Et dans ce monde, les décisions ne pourront plus être seulement prises à l’assemblée européenne ou nationale, ou régionale, ou départementale, mais dans des aller-retours permanent entre nos besoins de vivre ici en créant du commun et en rétablissant la responsabilité qui incombe aux décisionnaires.

Être élu, ce n’est pas qu’un honneur, c’est aussi une responsabilité. Ce débat de conscience me semble urgent à ouvrir. »


Je lis et je réponds, mais peut-être est-ce un tort de lire et répondre, parce qu’on finit par lire en pensant à la réponse qu’on fera.

De quelle sincérité puis-je me targuer en apportant réponse ?

De quelle vérité serais-je dépositaire ?

Si, bien sûr, comme on nous l’a si bien appris, nous croyons encore en la vérité, cette chose multiforme qu’on ne peut saisir qu’un instant mais qui avance toujours masquée.

Alors ai-je une seule bonne raison d’avoir répondu ?

Quelles excuses pourrais-je formuler pour ces réponses prétentieuses et vaniteuses qui ne me ressemblent pas, qui ne sont qu’ébauche de maigre pensée, toujours prompte à se fracasser contre les rochers du temps ?

Est-ce poser là la pensée d’un instant, en attente de je ne sais quelle approbation de nature à me rassurer ?

Et elle vient, bien évidemment, mais est-ce l’approbation qui puisse être attendue, ou au contraire la contradiction qui permettrait à la pensée de grandir encore et encore ?

Elle vient…

Elle vient et je réponds encore, en parfait intellectuel prétentieux qui se met, devant le micro invisible de la page, à vomir sa belle raison :


« Ils nous veulent comme des papillons de nuit se heurtant à des lumières qu’ils prennent un malin plaisir à déplacer.

Ils font durer le plaisir qu’ils éprouvent à nous voir brûler peu à peu nos ailes, nous épuiser à courir en tous sens, les uns en quête de « justice », les autres de « démocratie », ou d’une responsabilité que seraient capables encore d’avoir élus et leurs subordonnés, formatés à l’indifférence.

Quand nous tombons, épuisés, ils passent à ce qu’ils considèrent comme la suite de leur programme : ils viennent à Corbières, ils parlent d’autre chose comme si l’incident était clos.


Ils nous veulent dépendants de leurs décisions, sont prêts à tout utiliser pour garder leur place au soleil : regardez donc Bolloré avaler Lagardère !

Leur monde continue à tourner et produire des richesses sans fondement réel.

Leur vie hors-sol se poursuit. Si nous, nous nous brûlons les ailes, eux sont aveuglés par les profits qu’ils génèrent sur nos souffrances, sur nos peurs, nos naïvetés.

Il n’y a rien à attendre de ces spectres d’un passé d’illusion « progressiste » sur une Terre limitée.

Vous les voyez, ces trois ou quatre richissimes, s’offrir ce qu’ils prennent pour un luxe et un message d’avenir an allant trois jours en orbite, « plus loin, plus haut que l’ISS, comme s’exclament admiratifs les médias dont ils sont les propriétaires » !


Pourrions-nous apprendre à voler sans nous laisser attirer par leurs pacotilles ?

Leurs ancêtres, arrivant sur le nouveau continent, offraient à ceux qu’ils prenaient pour des sauvages des pierres et des verreries sans qualité pour obtenir de l’or qui n’avaient de valeur qu’à leurs pauvres yeux de dominants néolithiques.

Les prétendus « sauvages » ne voyaient aucun prix dans ce qui brille. Ils cherchaient à préserver un accord avec la Terre.

Ils étaient et leurs descendants avec eux, des Terrestres. 

Les ancêtres du CAC 40, avec le sabre et le goupillon, usaient du génocide pour assurer une domination mercantile.

Ils en font autant aujourd’hui : il leur faut des peuples bien sages, bien dociles, avançant courbés et masqués sous le joug de la peur.


Nous n’avons rien à attendre d’eux, mais tout de nous-mêmes.

Rien que le fait de devoir demander la permission pour nos agoras du samedi, relève déjà d’une soumission qui, certes, lorsque nous sommes nombreux, peut permettre d’éviter que leur maréchaussée ne s’en mêle : mais quel symbole qu’une parole qui se veut libre surveillée par gens en armes (gendarmes) ?


Pour ma part, je ne met rien ni personne ni sur un piédestal comme sauveur « suprême », ni aucune organisation dont les schémas sont hérités d’un passé sanglant.

Je ne rêve que d’une chose : que nous apprenions à prendre en main nos existences, unique moyen de vivre mieux, de repousser les affres de la souffrance endurée comme une fatalité. Que nous apprennent nos maladies (et en particulier Covid) de nos façons de vivre ?

Quel travail et combien de choses encore à apprendre, n’est-ce pas ? »


Je réponds, je relis pour vérifier qu’il n’y ait pas trop de faute, et je passe à côté de l’erreur fondamentale que nous commettons tous, les prétentieux « penseurs » : parler à la place de.

Écouter mais déjà, parce que nos esprits sont ainsi formatés, nous fourbissons nos armes, nous pensons à la réponse.

D’autres viennent et je lis.


Je lis et je relis.

Je lis et je relis et je me retiens de répondre.

Je ne sais plus quoi de la forme ou du fond pourrait avoir encore la moindre importance.

Je me dis qu’il vaudrait mieux me taire, regarder le micro de loin, mais surtout me taire, car je ne détient aucune parole qui soit de vérité.

Je regarde le soleil qui affleure après les pluies de la nuit.

Dans un instant j’irai fouler de mes pieds l’humus encore humide.

J’ai besoin de sentir le sol sous mes pieds, d’évacuer de ma tête le moindre embryon de réponse, d’éjecter une fois de plus ma volonté inconsciente d’agir encore sur le monde, quand il me faut assumer de n’être qu’un parmi les autres.

Je ne veux pas être approuvé ni suivi, ni précédé, ni guidé.

Comprendrez-vous ?

J’ai besoin de me coltiner avec mes misérables lâchetés, mes vagues heures de plaisir à vous parler.

Je n’ai pas besoin d’être approuvé ni de devenir le guide de je ne sais quel mouvement qui se heurtera aux murs que les puissants ne cessent de construire.

Je contemple, les pieds dans l’humus, notre humanité s’agiter et secouer d’impressionnants épouvantails.

Je mesure depuis si longtemps les souffrances endurées que je voudrais simplement laisser parler mes mains : elles en savent bien plus long que moi sur notre humanité qui s’agite en tous sens sans prendre le temps de se poser au pied d’un chêne pour réfléchir.


J’ai envie de laisser les irresponsables nier les conséquences de leurs actes.

J’ai envie de vous laisser cheminer comme vous l’entendez, naviguer entre forme et fond, sans intervenir d’avantage.

J’ai traversé plein d’épreuves dont nul n’a jamais et n’aura sans doute jamais connaissance, parce qu’il me fallait d’abord et prétentieusement « soigner ».

J’ai appris que le seul soutien à trouver était ici, enfoui dans les racines d’un chêne, dans les chemins creux de l’existence.


À débattre de la forme comme du fond, à causer et puis causer, qu’est-ce que je change au monde qui va droit sur le mur de nos prétentions ?

C’est dans ma vie de chaque jour que je peux agir, en mesurant les contraintes et les concessions qui me sont imposées.

Je ne suis pas certain que nous puissions gagner devant ces gens hors-sol qui ne vivent déjà plus sur la même planète que nous.

Je ne suis pas certain d’avoir raison en écrivant ce que j’écris.

J’écris parce que je ne sais pas faire autrement.

J’écris comme on réfléchirait à voix haute, juste pour me prouver que j’existe encore et qu’ils n’ont pas encore eu ma peau.

J’écris pour mesurer le chemin parcouru et le peu qui reste devant, dont mes enfants et mes petits enfants seront les dépositaires.

C’est à eux qu’il incombe de façonner le monde. 

Où était, hier, la jeunesse ?

Et si elle était absente, muette, en quoi mes vibrants discours pourraient y changer quelque chose puisque tout contribue à ce que transmission soit rompue.

La vie seule dira de quoi nous aurons, ceux comme nous, été capables, à condition que vie humaine parmi les vivants soit encore possible.


Ne m’en veuillez pas : je serai là désormais, mais je rejoins les rives de silence. Mes mots rejoignent leur magma originel, là au plus profond de mes tripes. Mon cri est un cri de papier.


Xavier Lainé


Pas de date, le temps n’a pas d’importance puisqu’il n’existe pas.



lundi 20 septembre 2021

Plier mais ne pas rompre 13

 



Edward Munch - Le cri


Ils ne paraissent grand que parce que nous sommes à genoux.

Je cite de mémoire pour ne pas me perdre.

C’est faux : ils s’imaginent grands parce que

Nous les avons placés en haut d’une échelle

Où nous les tenons de toutes nos forces

En croyant encore naïvement « qu’ils feraient quelque chose »


Nous pourrions lâcher l’échelle

Scier les barreaux et les laisser perchés

Puis vaquer à nos affaires en les prenant au plus près.


Nous pourrions ne plus en référer à leurs désirs dominants

À leurs plaisirs totalitaires, à leur folle mégalomanie.

Nous pourrions.


Ce que je vois et entends de paroles soumises.

Ce que je vois et entends de propos péremptoire

Affirmés avec condescendance de médias en journaux

Ce que je vois d’amitiés brisées 

De familles écartelées

Ce que je vois et entends.


C’est ainsi qu’ils nous aiment.

Soumis et bataillant ferme entre nous

Tandis que leurs amis comptent leurs sous

En des paradis invisibles aux yeux du commun.


Nous y voici : dire les choses devient impossible.

Il n’est plus de parole raisonnable qui sache être entendue.

Chacun y va de sa science sans savoir de quoi il parle,

Éliminant le doute à la base de toute raison raisonnable.


Xavier Lainé


13 septembre 2021


dimanche 19 septembre 2021

Plier mais ne pas rompre 12

 



Edward Munch - Le cri



Une journée devant la page

Le vide


Pourtant tes larmes devant l’échec d’une vie

Mes bras pas assez grand pour consoler

Puis ta fuite pour ne pas montrer ta souffrance


Une journée devant la page

Le vide


Le décompte a commencé

Quatre

Trois

Deux

Un

Et puis après ne sais


Une journée devant la page

Le vide


Je tourne 

Je rend visite au grand chêne

Je cherche une sérénité introuvable

Quatre

Trois 

Deux 

Un

Quel couperet va tomber sur ma vie


Je tourne devant la page

Une journée devant le vide



Xavier Lainé


12 septembre 2021


samedi 18 septembre 2021

Plier mais ne pas rompre 11

 



Edward Munch - Le cri



Je le dis et le répète :


Je ne peux pas vivre dans un monde qui m’impose

De montrer patte blanche au restaurant

Au cinéma ou au théâtre.


Je ne peux pas vivre parmi des gens

Qui prennent pour vérité absolue

Ce que des médias leur assènent

Sans même chercher à comprendre

Plus loin que le bout de leur écran.


Je ne peux pas vivre en pays

Qui tient suppositions pour raison

Qui au nom de ces suppositions

Me condamnent aux geôles 

D’un silence bien-pensant.


Je ne peux pas vivre encore

Lorsque toute parole contraire

Tout propos de tolérance et de respect

Est cloué au pilori des jugements

Sans procédure ni moyen de défense.


Je ne peux pas vivre et soigner

Lorsque dans ce monde mon geste n’a d’importance

Qu’à la condition expresse de me soumettre aux critères

D’une science qui ne sait plus 

Ni qui elle est ni de quoi elle parle.


Je ne peux pas.



Xavier Lainé


11 septembre 2021


vendredi 17 septembre 2021

Plier mais ne pas rompre 10

 



Edward Munch - Le cri



Il fut un temps de commémorations.

Vous alliez derrière vos drapeaux 

Célébrer la mémoire de gens debout

Tombés sous les balles de l’obscurité.


Nous y voici, les résistants d’hier

Tournent et retournent en la tombe 

De leurs espoirs déçus font linceul

Enserrant les vivants sous la morsure des cieux.


A tant se retourner regardez, leur tombe est un labour.

L’heure est venue d’y semer nos graines,

Pour qu’un printemps survienne après les brumes précoces

D’un hiver trop tôt venu, glaçant vos petites vies


Que je mette dans la balance la tyrannie d’un état

Et les stupides insultes et menaces inscrites 

Sur les murs confortables de vos résidences surveillées

Me voici sous le flot des vengeances débridées.


Me voici…


Je me perds, je ne sais plus.

Je tente de structurer ma pensée, 

De saisir cet instant de grâce où toutes les obligations tombent, 

Pour remettre de l’ordre dans le chaos d’une vie au chevet des souffrances.


Je me perds. 

Aurai-je assez de temps pour m’y retrouver ?

M’y retrouver sans perdre le fil d’un nécessaire altruisme.

Je me perds, j’ignore tout, je cherche.


Xavier Lainé


9 septembre 2021 (2)


jeudi 16 septembre 2021

Plier mais ne pas rompre 9

 



Edward Munch - Le cri



Nous voici pris dans ce maelström.

D’un côté les hors sol qui ne savent rien 

Rien de nos vies, rien de l’existence

Et du combat pour exister.


L’esprit des dominations 

Met la terre à feu et à sang

La violence récolte la violence

Mais l’une est niée tandis que l’autre


L’autre bien évidemment est dite

Intolérable puisque répondant à la première

Par les mêmes armes.


Alors j’ai vu, derrière mes yeux voilés de larmes

Vos linceuls alignés sous les fenêtres obscures

Des impuissances notables, 

La liberté assise pleurant devant le crime.


Qu’une majorité se soumette, 

Les voici qui sourient derrière leurs masques 

Pouvoirs sans limite sur les vies 

Vies contraintes sous le joug de vos lois.


Y aura-t-il encore demain quelqu’un pour vous soigner ?

Puisqu’après vos hourras voici vos huées.

Vous allez soumis oublieux d’une histoire 

Dont vous n’avez jamais été instruits.

Une histoire qu’en votre ignorance

Vous ne cessez de recommencer, 

Jusqu’à la nausée.


Xavier Lainé


9 septembre 2021 (1)


mercredi 15 septembre 2021

À en devenir fou

 



JEAN LOUIS THÉODORE GÉRICAULT - Le radeau de la Méduse (Musée du Louvre 1818-19)



« L’instauration de toute interaction interpersonnelle qui tend à favoriser un conflit affectif chez l’autre — qui tend à faire agir les unes contre elles autres différentes aires de sa personnalité — tend à le rendre fou. » Harold Searles, L’effort pour rendre l’autre fou.


-1-


« À en devenir fous » : c’est bien ce qu’ils visent depuis 18 mois !

Gouvernement comme médias font tout pour engluer toute capacité de réflexion, d’analyse, de compréhension, de tolérance.

Et comme les esprits sont englués, ne pas accepter, ne pas plier devient incompréhensible à la majorité qui croie encore ce gouvernement comme les médias omniprésents, omniscients, péremptoires dans la « scientificité » de leurs propos, la fracture se fait de plus en plus profonde  au sein même de nos familles, amitiés.

Avez-vous remarqué comme les cerveaux englués, lorsqu’on aborde le refus du pass-sanitaire dérivent immédiatement sur le refus vaccinal ?

Peut-être faut-il y voir les tristes lendemains que le pervers au pouvoir nous prépare ?


-2- 


Mail ouvert au Conseil Départemental de el’Ordre des Kinésithérapeutes


Chers collègues, 


Ce 14 septembre, je préfère être à ma place qu’à la vôtre.

Je vous imagine recevant moult mails de confrères désespérés, non vaccinés, menacés de mort sociale par la CPAM et son alliée, l’ARS.

Voyez, je suis sympathique avec vous, je ne vous met pas dans le même lot.

Non le vôtre est bien pire puisque vous devrez sous peu radier des collègues qui n’ont rien fait d’autre que leur travail, qui n’ont commis aucune faute professionnelle majeure sinon d’avoir refusé de rentrer dans le jeu pervers d’un gouvernement en perdition.

Le vôtre est bien pire car vous n’avez rien dit, rien fait. Vous n’avez même pas cherché à savoir qui parmi vos collègues pouvait se trouver en difficulté de conscience avec cette épée de Damoclès épouvantable brandie au-dessus de leur tête alors que rien ne justifie une telle pression sur leurs épaules.

Mais voilà, dès le début, vous vous êtes glorifiés d’avoir été en première ligne : était-ce en faisant fermer nos cabinets que nous pouvions l’être, ou en nous envoyant sans matériel faire des visites à domicile au risque de répandre encore un peu plus un virus dont nous ne savions rien à l’époque ?

En première ligne encore en acceptant cette insulte d’un ministre de la santé remettant à plus tard (donc à jamais comme c’est le cas depuis 1990) la revalorisation des honoraires qui permettrait à chaque praticien de jouer pleinement son rôle ?

Il est sans doute louable de votre part de prétendre « défendre l’honneur de la profession », mais il semble que, depuis que vous existez, rien n’ait sensiblement progressé dans un sens positif pour la plupart des kinésithérapeutes qui ne se reconnaissent, ni dans votre Ordre, ni dans les syndicats ayant désertés depuis longtemps leur rôle de défense des professionnels, ni dans les institutions comme l’URPS au point d’ailleurs que, par exemple, lors des dernières élections ordinales vous n’ayez même pas pu avoir les nombre de candidats correspondant aux postes à pourvoir, et que à peine 25% de la profession a jugé bon de participer à cette parodie de démocratie.

Mais c’est vous qui, demain, allez radier ces professionnels, sans états d’âme, en bons soldats d’un pays livré aux plus sombres calculs des affairistes et des oligarques prêts à tout pour sauver leur place sur le navire Terre qu’ils condamnent à mort, sciant la branche sur laquelle ils sont assis.


Je vous imagine donc avec jubilation, noyés sous les mails, les lettres, les réclamations. Mais je suis sur que non, vous n’avouerez jamais à quelle catastrophe vous participerez. Vous vous frotterez les mains à l’idée de récupérer la clientèle de ceux que vous aurez condamnés.


Puis-je vous rappeler quelques articles de votre déontologie que vous feriez bien de relire avant d’appuyer sur le bouton des exclusions ?

Les voici :

- « Le masseur-kinésithérapeute ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit. » (Article R. 4321-56)

- « Le masseur-kinésithérapeute s'abstient, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci » ( Article R. 4321-79)

- « La continuité des soins aux patients doit être assurée. » (Article R. 4321-92)

- « Les honoraires du masseur-kinésithérapeute sont déterminés avec tact et mesure » (Article R. 4321-99)

- « Les masseurs-kinésithérapeutes entretiennent entre eux des rapports de bonne confraternité. » (Article R. 4321-99)

Je ne vous ferai pas l’outrage de vous souffler en quoi ces articles vous concernent. Mes 280€ de cotisation annuelle devraient être suffisant pour que vous preniez le temps de réfléchir aux manquements qui sont les vôtres dans l’exercice périlleux que vous allez commettre.


J’en viens au fait, puisque, par une affiche fort insultante et agressive, j’ai appris ce matin qu’il me fallait vous tenir informés de ma situation professionnelle :


1. Depuis le 6 septembre et jusqu’au 19, je suis en arrêt maladie pour burn-out, étant mis dans l’impossibilité, par vos menaces, de recevoir mes patients avec la sérénité nécessaire ;

2. Le 7 septembre, je suis allé faire une sérologie qui s’est avérée négative (je vous le dis alors que le secret médical, s’il existait encore,  devrait m’interdire de vous communiquer ce genre de renseignement) ;

3. J’ai donc jusqu’au 19 septembre pour obéir contre mon gré à votre coercition vaccinale pour la simple raison que je ne peux en aucun cas me trouver sans revenu et mettre à la rue ma famille et mes enfants (mais que vous importent ces détails, puisque vous êtes là pour appliquer la loi sans aucun état d’âme, n’est-ce pas ?)

4. Je suis donc dans l’attente d’un rendez-vous pour me faire injecter la première dose afin de pouvoir reprendre lundi mon travail non sans réfléchir à la suite.

5. Il va de soi, ayant traversé l’existence jusqu’à mes 65 ans, sans problème médical majeur, que si ma santé venait à être remise en cause du fait de votre coercition,  je laisse la consigne à mes enfants de bien vouloir vous tenir, vous, la direction de la CPAM et les donneurs d’ordres de l’ARS dont les noms figurent sur le courrier récemment reçu comme pénalement responsables.


Confraternellement (mais peut-on encore parler de confraternité ?)


Xavier LAINÉ

Kinésithérapeute DE depuis 1981


-3-


Lâche et souillé. Voilà, je me sens lâche et souillé.

Mes quarante années de travail, de prise de conscience, de cheminements escarpés pour demeurer humain dans mes relations, les voilà couvertes de cette boue.

La pluie qui vient ne suffira pas à me nettoyer de ma lâcheté.


Tout concours à me rendre ainsi, pitoyable.

Ma folie à vouloir créer mon lieu de travail, dans ma maison.

Folie d’avoir signé mon enchaînement à des crédits au-dessus de mes forces.

J’ai rêvé, oui, j’ai rêvé d’ouvrir un espace d’humanité.

Je m’entends encore le dire : qu’au moins en un lieu, un autre lieu, puisse demeurer une bulle de cette humanité qui vaut plus que ma propre vie.

Mais voilà qu’ils ont tout sali.

Non, pas ils, j’ai tout sali. Je me suis plié à leur désir, sous leur torture.

J’ai accepté l’inacceptable pour sauver ce qui me reste : qui ne me reste pas, ce qui est encore, il paraît, une famille qui n’aurait pas compris que je m’entête.

Je les vois tellement soulagés de ma lâcheté.

Mais…


De quel droit les aurais-je sacrifiés, laissés se débrouiller dans l’enfer des misères.

Nous ne nous en sortirons pas plus riches pour autant.

J’ai la conviction que nous aurions du passer au-dessus de ces « contraintes » que la société nous colle, que nous acceptons pour des rêves sans fondement.

Je me suis rendu : même pas pour vous, mes patients. Je m’aperçois, après une semaine sans vous que je vis très bien, parmi mes livres, mes rêveries, mes pages noircies de silence parfois pesant.

Je vous suis reconnaissant des messages envoyés qui voulaient me soutenir, ou parfois pensaient m’aider à y voir clair.

On n’y voit jamais assez lorsque les brumes, les pluies et les orages tombent, que les eaux boueuses envahissent les rues : on s’y noie.


La pire des perversités est là, dans cette eau boueuse dont ils ont ouvert les vannes, qui nous met devant nous-mêmes, à nu.

Me voici, bien avant l’aube, dans l’incapacité de trouver le moindre repos.

Ma conscience aurait voulu que je tienne, que je ne faiblisse pas, que je ne fasse pas. Je pourrais d’ailleurs ne pas y aller, à ce rendez-vous vaccinal, ce soir.

Je pourrais ne pas y aller et peut-être serait-ce soulagement de devoir laisser derrière moi cet attachement stupide à une maison, à une famille, à des livres, des monceaux de livres qu’une vie ne suffira pas à lire tous.

Je pourrais tourner le dos à tout ça, reprendre mon sac et partir vers des rives verdoyantes, dans des vallées improbables.

Je pourrais tout laisser derrière moi sans me retourner.

Je serais libre avec ma propre conscience ou du moins m’en persuader.

Mes nuits alors seraient hantées par les visions de naufrages.


Je ne pourrais pas vivre en paix, car quels que soient mes choix, ce serait lâcheté : pour mes patients abandonnés, pour ma famille livrée au pire.

Même dans la vallée la plus reculée et la plus heureuse, me viendraient encore les souvenirs d’une vie passée à me heurter aux récifs acérés d’un monde pour lequel je ne suis pas fait.

Ce soir, j’aurai rendu les armes. 

Certes je continuerai à me battre, jusqu’au bout de mes forces contre ce monde du contrôle et de la domination que tous nous proposent, les uns comme les autres à grand coups de « programmes ».

Si le vivant obéît en partie à des « programmes », il ne cesse de chercher chemins pour s’en libérer.

La Terre nous en apporte la preuve en sa climatique révolte : le vivant est bien plus que nos maigres connaissances.

Quelle prétention de vouloir le guérir de ses plaies s’il ne voit pas qui les ouvre et les ravive !


Je me sens lâche et souillé.


-4-


Lettre ouverte à mes enfants


Maudissez-moi, enfants qui n’avez pas demandé à venir en ce monde.

Maudissez-moi de n’avoir pas su engager les luttes au niveau qui aurait permis de vous sauver.

Croyez-moi : je n’ai pas vécu jusqu’ici pour vivre ce que nous vivons aujourd’hui, 15 septembre 2021, qui nous contraint à la misère ou à la lâcheté.

J’ai juste tenté de préserver la part d’humanité en moi qui n’a jamais cessé de se révolter contre les conditions faites aux femmes, aux hommes, aux enfants.

J’ai cru et je crois encore en la faculté humaine d’apprendre de ses erreurs.

Ou je tente d’y croire. Parfois, dans un léger et éphémère moment des grâce, j’y crois.

C’est pour, aussitôt, et ce depuis en gros cinquante ans, me prendre la gifle magistrale de constater que nous ne sommes pas parvenus au quart du chemin qui nous ferait humains.

Je me cramponne au radeau, je refuse de mordre à mon tour les naufragés quitte à crever de ma belle faim.

Je tente. Je ne sais pas y arriver, enfants. Je ne sais pas.

C’est ma faiblesse et ma force. C’est parce que je ne savais pas que, je crois, jusqu’ici, j’ai toujours pu rebondir.

Mais voilà, aujourd’hui, c’est par lâcheté que je me soumets à la coercition vaccinale. Par lâcheté et pour ne pas vous entrainer dans le naufrage d’une médecine dont j’ai toujours cru qu’elle demeurerait un art plus qu’une science mais qui se trouve livrée aux mains d’experts scientifiques qui ne savent plus rien des vivants que vous êtes, enfants.

Je ne sais ce qu’il adviendra. Il faut que vous sachiez, enfants que les sombres individus qui nous ont mené en ce naufrage ont des noms, qu’ils ont pris la décision de nier toute humanité dans nos métiers de soignants au nom d’un économisme purement administratif qui nous étouffe comme il étouffe la planète.

« J’avoue que j’ai vécu » disait Pablo Neruda. Je vous le dis tout net : j’ai vécu, moi aussi, j’ai mes zones d’ombre, mes échecs plus nombreux que mes heures de gloire, mes impuissances, mes atermoiements, mes erreurs de jugement, mais j’ai vécu en essayant, entre le début et la fin, d’apprendre.

J’ai vécu soixante cinq années : les plages de vrai bonheur furent plutôt rares mais elles demeurent dans ma mémoire comme étoiles entre deux nuées.

Je n’ai quasiment pas eu besoin de recourir à la médecine que je pratique.

Récemment, j’ai encore couru la montagne, dormi sous l’orage à n’en pas entendre les loups qui rodaient autour de notre fragile abri.

J’ai traversé les épreuves de cette pandémie sans que quiconque ne trouve le moyen de me contaminer.

Par lâcheté (mais tenter de vous sauver encore, est-ce lâcheté ?), ce soir j’aurai droit à être injecté, infecté par un produit fabriqué à la va-vite, encore expérimental, mais qu’un gouvernement pervers, épaulé par des administratifs aveugles et des responsables ordinaux bornés, a décidé de me contraindre à accepter.

Je le fais sous la contrainte et pour ne pas vous entrainer dans mon naufrage. Demain, quoi qu’il arrive je ne pourrais plus travailler comme hier. Ils ont cassé profondément ce qui justifiait encore que je me cramponne à leurs règles administratives tout en faisant bonne figure à des patients.

Quelque chose s’est brisé désormais qu’ils ne pourront jamais réparer. Mon divorce d’avec leur monde est consommé : ils sont là pour contraindre les corps, moi, je ne sais que les libérer.

Je ne sais pas : peut-être que tout se passera bien, peut-être pas. Les effets indésirables sont nombreux : syndromes de Guillain-Barré, AVC, thromboses, cardiopathies, etc. Les obscurs scientistes mettront ça dans la balance des « bénéfices et des risques » comme ceux qui profitent de la situation. D’obscurs journalistes sans conscience insisteront sur le petit nombre de personnes concernées pour passer sous silence la réalité : qu’un seul tombe sous le coup de ces essais et c’est encore un de trop.

Notre science doit tout faire pour sauver et non pour rendre malade.

Je suis donc à ce jour indemne de toute pathologie. Si, après injection expérimentale forcée, je devais développer le moindre problème, comme je l’aurai fait pour vous sauver, enfants, je vous charge de la lourde responsabilité de porter plainte et poursuivre jusqu’à leur condamnation un président de la République, un premier ministre, un ministre de la santé, deux responsables de l’Agence Régionale de la Santé PACA, les dirigeants de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie ainsi que les dirigeants nationaux, régionaux et départementaux de l’Ordre des Kinésithérapeutes.

Je fais cette demande publiquement. Je serai sans doute accusé de grossir le trait, de faire dans l’émotionnel, mais j’en connais qui n’oseront pas, et les coupables brigueront d’autres mandats et seront peut-être même encore élus à grand coups de corruptions en tous genres.

Je souhaite que vous n’ayez pas besoin d’en arriver là, c’est bien pourquoi, même vacciné je refuserai d’avoir leur pass-sanitaire, leur QR code, et que, pour moi le combat continue. C’est ce combat que, quoi qu’il arrive, vous devrez poursuivre : celui qui nous construit comme humains, vivants parmi les vivants, rejetant aux oubliettes de notre longue histoire les esprits de compétition et de domination typiques du néolithique dont il serait temps que nous sortions.


Xavier Lainé


15 septembre 2021