mercredi 13 novembre 2024

Temps étranges 17

 





Tu ne peux t’en défaire

De ta gueule de bois

Non d’avoir trop bu

Bien qu’à contempler l’état du monde

Il te viendrait de te rendre ivre mort


Tu ne peux t’en défaire 

De cette tristesse

Devant les massacres 

Les tyrannies

Les misères répandues

Tandis qu’une poignée de non-humains

Partagent les dividendes des crimes


Tu ne peux

Tu attends qu’au moins

Un petit geste tendre

Aide ta tête à se déposer

Sur l’oreiller des rêves

Où le monde serait humain

Donc en alliance objective

Avec la nature 

Qui lui donna naissance


Tu attends

Tu noircis pages après pages

Que tu clos d’un

!

Suivi d’un

?


*


Le soir vient

Dans la colère des cieux

Orage et désespoir


Seuls ceux qui se prennent pour des dieux

Déclarent avoir des ennemis

Les autres

Humains demeurés tels

Ne nous en connaissons pas


Certains naissent

Ici ou là

Baignés d’une culture

D’une philosophie

D’une religion

Leur différence ne nous les rend pas étrangers



Xavier Lainé

17 octobre 2024


mardi 12 novembre 2024

Temps étranges 16

 




Vertige

Vestige



!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

.

?????????????




Parfois le blanc sied bien au deuil


… de la démocratie…


… de notre humanité…



Etouffée ici

Gisant à Gaza et au Liban





Xavier Lainé

16 octobre 2024


lundi 11 novembre 2024

Temps étranges 15

 





Le pire n’est pas qu’il puisse y avoir inhumanité

Mais que certains ne jure que par l’inverse

Tout en agissant à l’envers de leurs propos


Dès lors tu avances chaque jour un peu plus

Avec un goût amer dans la bouche

Les pensées chancelantes comme en ébriété


Sans rien boire

Tu oscille 

Le gouffre ouvert sous tes pas

Fait un appel d’air terrible

Le silence tout autour

Est comme un mur

Et celui-ci te flanque le bourdon


Tu ne cesses de tendre tes mains

D’ouvrir ta porte et tes fenêtres

D’accueillir sans commentaire ni jugement

Toute les misères

Toutes les souffrances


Qui se soucie de ton âme prise de vertige

Personne


On dit que tes mains font miracle

On ne dit rien de leurs instants d’épuisement



Xavier Lainé

15 octobre 2024


dimanche 10 novembre 2024

Temps étranges 14

 





Tu fermes tes yeux

Une infinie douceur entre à pas feutrés

Vite interrompue

Vite interrompue


Tu en connais deux 

Tombés au champ d’horreur

Pour avoir défendu la soif de connaissance

Non celle de reconnaissance


Ils sont tombés sous les coups

D’humains lavés plus blanc que blanc

À la lessive de l’ignorance


Tu fermes les yeux

Une infinie douceur entre à pas feutrés

Vite interrompue

Vite interrompue


Tu en connais tant

Tombés sous les mauvais coups

De dictatures dressées 

Pour protéger les richesses particulières

De quelques-uns érigés en « élites »

Qui n’en sont que la lie


Tu fermes les yeux

Une infinie douceur vient à ta rencontre

Tu voudrais que ça dure

Que ça se partage

Par-delà les barbelés

Par-delà les croyances


Dites-moi

Dites-moi que ce n’est pas

Qu’un rêve de poète en mal d’amour

En mal de tendresse

Pleurant devant l’état du monde

Livré aux appétits de grossiers personnages

Ignorants tout du beau mot d’humanité


Dites-moi

Dites-moi qu’ensemble

Nous pourrions enfin mettre un terme

Aux infinies tueries à deux pas de nos portes

Quand parfois elles n’en franchissent pas le seuil


J’ai fait un rêve

Nous sommes au fond si nombreux à le faire

Si nombreux à espérer

Il semble que ce ne soit plus suffisant

Espérer

Que désormais si nous ne changeons pas

Les règles et les principes 

D’un monde qu’on nous fait croire immuable

Alors c’est que nous devenons malgré nous

Les complices des crimes perpétrés

Contre notre humanité commune



Xavier Lainé

14 octobre 2024


samedi 9 novembre 2024

Temps étranges 13

 





Tu divagues

Tu chemines

Parfois tu t’égares

Tu cherches un chemin

Parmi la forêt des mots

Juste avant que jour vienne

Brumeux et timide

T’inviter à sortir

Respirer tant qu’humains dorment


Tu divagues

Tu chemines

Les sentiers se font buissonniers

Tu ne les balises pas

Tu te laisses aller selon tes humeurs

Ici et là ce sont impasses

Ton regard alors cherche

Dans les anfractuosités

Où poser tes doigts et tes pieds

Gravir le mur 

Pour mieux voir plus loin


Ainsi est ton chemin de livres

Que rien ne vient prédéterminer

Sinon l’humeur ou l’humour du moment



Xavier Lainé

13 octobre 2024