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Il faut une poésie aseptisée
À défaut elle n’a pas droit d’existence
Une poésie qui parle
Mais pour ne rien dire
Sauf tourner autour
Du nombril du poète
De ses états d’âme
De ses émotions devant la beauté
Mais
On peut assister en direct
À l’effondrement d’un peuple
Sous les bombes
Au démembrement de ses enfants
Aux débris humains jonchant
Les rues défaites
Il ne faut pas poser de mots dessus
Mais détourner le regard
Vers les beautés qui demeurent
Tant que les ignares assoiffés
De pouvoir et de sang
N’en auront pas privatisé
L’existence
On peut voir
Mais on doit cloitrer ses larmes
Sous la carapace des convenances
Et de l’impartialité
Qui n’est alors qu’une autre façon
De prendre parti
D’être complice du crime
Sans vouloir se l’avouer
Xavier Lainé
18 février 2026
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