dimanche 7 mai 2023

Poésie/Tracts#15

 



Céleste-Lever de rideau/XL-Photographie



Trop de murs

Trop de barreaux aux fenêtres

L’errance ennuyeuse

Pour toute boussole


On se révolte

Certes

On se révolte


On se heurte au mur

Botté et casqué 

D’un monde immobile

Dressé sur ses ergots

Immobile 

Rigide dans ses bottes

Qui claquent aux oreilles meurtries


Trop de murs

Trop de portes fermées

Dans pays cadenassé

Sous la férule nantie

Du dieu profit


Que reste-t-il d’espérance

Un fois l’oeil ou la main arrachée

Que reste-t-il une fois justifié

L’immonde usage du pouvoir absolu


Sinon briser les murs

Scier les barreaux

Remonter à la surface pour respirer

Au moins











Mais peut-être au fond, tant que la vague de la misère ne vous a pas touché, vous sentez-vous encore du côté du manche ?










Anonyme XXI


15 avril 2023


samedi 6 mai 2023

Poésie/Tracts#14

 



Céleste-Lever de rideau/XL-Photographie



On peut toujours détourner le regard

Mais


Que faire de ce qui te traverse

À la vue de misère tremblante avant ta porte


On peut toujours


On peut toujours pousser en dehors de la ville

Ce que nos regards ne supportent pas de voir

Puis aller à la messe entre gens bien pensants

Histoire de recevoir la grâce divine


On peut toujours


On peut toujours danser jusqu’à l’aube

S’enivrer d’alcool du crépuscule à l’aurore

S’oublier dans le vertige du désir assouvi


On peut


On peut prétendre qu’il en a toujours été ainsi

Que rien ne changera en l’humain 

On peut avoir ce regard désabusé 

Qui contemple les guerres comme divines fatalités


On peut toujours

Vivre et construire des murs protecteurs

Se réfugier derrière des portails automatiques

Sous l’oeil de caméras à peine cachées


On peut (ou pas)













À quel monde participent nos indifférences ?


















Anonyme XXI


14 avril 2023


vendredi 5 mai 2023

Poésie/Tracts#13

 



Céleste-Lever de rideau/XL-Photographie




Tant de colère rentrée

Tant de larmes retenues

Sur les rives d’un monde

Qui te laisse sur le bord

Sans jamais te prendre par la main


Et puis


Si peu


Si peu de bras ouvert 

Pour accueillir ta colère

Pour recueillir tes larmes

Quand plus rien ne va


Si souvent


Si souvent te retrouve seul(e)

Contemplant le monde

Des lointains où tu demeures

Silencieu(ses)x avec le goût salé

De tes peines au bord des lèvres


Car


C’est ainsi 

C’est ainsi que les humains vivent

Désormais qu’à grands coups

Lui est entré dans la tête

Qu’il est un loup solitaire













Sais-tu que, chez les loups, le chef de meute prend toujours soin des autres et, qu’à défaut, il en est chassé ?












Anonyme XXI


13 avril 2023