À Eliane & Jean (suite 1)
À tout globaliser, nous avons donné de l’aliment à une globalisation purement inhumaine.
L’humain, ce n’est pas du discours, ça se construit au jour le jour dans un regard, un sourire, une poignée de main, un café partagé dans l’aube délicate : tout ce que la dictature sanitaire tend à supprimer de notre horizon. Ce qui rend la situation intenable et explosive, car, à moins d’accepter de ne plus exister que comme des post-humains, voire même, demain, si nous n’y prenons garde, comme trans-humains augmentés de je ne sais quelles prothèses numériques qui décideront pour nous de ce que nous devons vivre, finira par provoquer, climat aidant, notre propre extinction.
Il m’a été terriblement douloureux d’observer, hélas, pas seulement hier, cette sclérose de « camarades » qui participent, malgré eux de cette extinction du monde vivant.
Les affrontements qui se sont produits étaient à l’opposé des discours tenus.
Les jeunes présents l’ont bien senti qui ont renversé les tables et décidé de faire la fête plutôt que se noyer dans les sempiternelles jérémiades.
J’ai pris l’habitude de me placer en observateur discret.
En écrivant un texte de circonstance et en imposant sa lecture, j’ai eu la naïveté de croire que les militants d’hier avaient changé. Je me suis trompé : Ils sont demeurés égaux à eux-mêmes, militants d’un hier dépassé. Mes mots chez eux n’avaient aucun sens. S’ils en ont eu un, c’est avec les jeunes qui étaient là et m’ont remercié.
S’il y a de jeunes cons, hélas, il y en a aussi des vieux. C’est au moins rassurant, tout en étant conscient de l’être toujours un peu, heureusement, de ne pas être enfermé dans cette espèce qui va à notre destruction.
Xavier Lainé
24 janvier 2021 (2)
