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Tu poses tes mots sur la page
Tu les donnes à lire
C’est comme s’ils tombaient
Dans un puits sans fond
Et sans faire de bruit
Comme s’ils n’avaient jamais existé
Comme s’ils s’étaient volatilisés
Au contact des lecteurs
Qui les avalent pourtant
Tu poses des mots sur des pages
Tu ne sais pas faire autrement
Sans eux tu n’aurais pas de vie
Ils sont ta boussole
Ta colonne vertébrale
Ton coeur battant
Ton esprit en mouvement perpétuel
Mais lorsqu’ils sont lus
Les voilà gobés par le silence
C’est un sentiment étrange
Que de toujours tomber à côté
Même si tu ne revendiques
Aucune célébrité
Que tes mots fassent si facilement
Un flop absolu
Te laisse assez pantois
Alors tu t’interroges
Peut-être faudrait-il répondre
Au silence qui les accompagne
Par un silence en retour
Et ne plus écrire qu’une oeuvre sans conséquence
Xavier Lainé
18 avril 2026
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