jeudi 19 février 2026

Grotesque hypocrisie 3

 


Par quoi commencer ? Les mots hésitent, les doigts se font malhabiles sur le clavier du jour. Le froid enfin est de retour. Certains s’en lamentent : ceux-là veulent de la neige artificielle pour skier et la chaleur pour vivre.

Nous en sommes à ce stade de dénaturation que plus rien des cycles de la nature ne trouve grâce à nos yeux.

Nous voulons tout et son contraire, mais si possible en préservant petit confort étriqué derrière grilles, grillages et barrières électriques.

Ne manquent plus que les miradors pour que chaque domicile se mette à ressembler à camp retranché.

Retranché de toute relation sociale dont il faudrait se méfier.


Sous haute protection, dans la croyance aux mythes de la surveillance absolue, de la prévision sans faille, on se satisfait d’avoir les moyens de.

Moyens de vivre dans immeuble ou résidence de standing, roulant véhicule rutilant, électrique comme promu par les gouvernants.

Mais réfléchir, ha, réfléchir à ce que veut dire ce mode de vie, voilà où le bât blesse.

Comment réfléchir lorsque nous sommes happés dans un cyclone d’informations toutes plus contradictoires, jusqu’au vertige.


Il fut un temps où l’on se regroupait autour de l’âtre pour lire, chanter, jouer, raconter des histoires d’un autre temps.

Les enfants écoutaient dans la danse des flammes les échos d’un monde qui façonnait leur imaginaire.

Entendez-moi bien : je ne suis pas dans le regret des temps passés. Je m’interroge simplement sur l’impact de la disparition de certaines transmissions et leur conséquence pour notre humanité.


Désormais l’écran est partout, il trône dans les salons, dans les chambres à coucher, dans les cuisines.

On s’endort dans son canapé bercé de ce flot audiovisuel, on fait l’amour devant l’écran allumé. L’écran qu’il soit télévisuel, informatique ou téléphonique occupe toute la place.



Xavier Lainé

3 janvier 2026


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