Mais voilà, c’était le premier jour et tandis que j’écrivais, j’apprenais cette interdiction diabolique.
Même les organisations humanitaires ne pourraient plus accéder à Gaza.
Nous n’étions que le premier jour, les voeux n’avaient pas eu le temps de se déposer que déjà les inhumains poursuivaient leur course infernale contre notre humanité profonde.
C’était le premier jour, j’affichais mon soutien aussi à ceux qui résistent un peu partout, de la Chine à l’Iran, contre toutes formes de dictatures.
Je recevais message haineux m’interdisant de parler de l’Iran auquel je ne comprendrais rien.
C’est sûr que je n’y comprends rien, que seules les victimes devraient pouvoir parler de ce qu’ils ressentent.
Mais voilà : les victimes, lorsqu’elles sont encore vivantes, n’ont pas droit de cité ni de parole en système médiatique verrouillé par les soutiens de toutes les dictatures, de tous les génocides, de tous les crimes de guerre ou contre l’humanité.
Alors je croyais de mon devoir d’écrire.
Nous n’étions que le premier jour, les voeux n’avaient pas eu le temps de refroidir que déjà le moindre geste d’humanité était interprété comme son contraire.
Parallèlement à l’avalanche des nouvelles affligeantes, je continuais à recevoir des voeux de santé, de prospérité et de bonheur (tiens d’ailleurs je n’ai reçu aucun voeu de paix) ; de mon côté, je demeurais silencieux sur le sujet, ne sachant plus trop que dire en telles circonstances.
Pouvais-je faire abstraction des nouvelles glaciales qui affluaient et, moi aussi, faire comme si, juste pour la forme, parce que c’est ainsi, que la tradition veut qu’on émette des voeux (mais le gui a disparu de nos symboles) ?
Je restais muet, les voeux reçus, pas encore vraiment déposés ou refroidis, entraient en telle contradiction avec ce que mes yeux, mon coeur, mon cerveau, que sais-je, pouvaient percevoir que je restais de marbre, que je dansais d’un pied sur l’autre sans trop savoir que faire.
Xavier Lainé
2 janvier 2026
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire