jeudi 18 juin 2026

Un mai plus tard 1

 


-1-


À l’heure du droit international bafoué

De la nécessité pour qui milite un tant soit peu

En sa faveur de justifier leur innocence

Ceux qui le prennent pour coussin

Comme ceux qui en font usage d’oreiller

Pour mieux assumer leur indifférence

Au sort des victimes de toutes les guerres

Persistent dans l’infamie de l’exploitation honteuse

De la force de travail comme huile de rouages

Pour engraisser les comptes

D’une poignée de seigneurs de la finance

Malades de l’accumulation de fortune

Jamais satisfaits des soins prodigués par un Etat servile

Qui sert à l’immense majorité piètre brouet

Expliquant que c’est ainsi

Qu’il faut toujours faire effort

Pour que les va-t-en guerre émargent

Au sang de leurs victimes


Je ne sais de quelles fleurs agrémenter

Ce jour premier

Qui passe peu à peu

De la nécessité revendicative

À une commémoration timide

Voici

Ici on expulse

À grand renforts de maréchaussée

Ces indigents qui squattent terrains en friche

Sans présenter le permis ad hoc

Le titre de propriété justifiant les outrages

Ce qu’on tolère des uns en leur domaine

Est réprimé chez les autres au nom de leur misère

Sous les applaudissements de la foule



Xavier Lainé

1er mai 2026


mercredi 17 juin 2026

Blague à part 30

 


-30-


Malgré bruits et fureur

Passage d’avions guerriers

Dans le ciel avant l’aube

Je t’ai aimé(e)

Je vous ai aimé(e)s


Dans la précipitation et l’angoisse

Le chute vertigineuse

Dans des gouffres d’inhumanité

Je t’ai aimé(e)

Je vous ai aimé(e)s


Je n’ai jamais cessé

De recueillir vos soupirs

Entre mes mains maladroites

Parce que

Je t’ai aimé(e)

Je vous ai aimé(e)s


C’est d’amour que j’ai tissé ma vie

Un amour pas toujours bien reçu

Parfois mal perçu

Jamais imposé

Plus souvent tu

Préservé dans le silence

D’un coeur battant

Car

Je t’ai aimé(e)

Je vous ai aimé(e)s


Pardonnez-moi

De n’avoir pas su faire

Que mon coeur soit assez vaste



Xavier Lainé

30 avril 2026


mardi 16 juin 2026

Blague à part 29

 


-29-


Le pire est ceci

Qu’usant de la force

Certains pensent semer la paix

Mais que savent-ils de l’âme humaine

C’est un point d’interrogation


Le pire est ici

Dans ce triomphe contemporain

De la force sur l’intelligence

Qui conduit à multiplier son usage

Aux dépends de notre humanité


Le pire alors est encore là

Car à l’usage de la force

Ne répond qu’une force plus implacable

Dont nul ne saurait mesurer

Où pourrait s’arrêter l’escalade


Le pire est que des cerveaux dérangés

Accèdent à des postes de pouvoir

D’où ils peuvent se donner 

Des airs de donneurs de leçons

Quand ils ne font usage

Que de fort peu de pensée


Le pire est donc là

Devant nos fenêtres

Qui rend les hommes toujours pire

Sous la férule des empires

Avec tyrans à leur tête

Toujours prêts à en découdre

Au nom d’économies moribondes

Et le pire est que c’est vrai du haut en bas



Xavier Lainé

29 avril 2026


lundi 15 juin 2026

Blague à part 28

 


-28-


Triste spectacle que celui là

Gens de pauvre jugeote

Capables de tout salir

Pour qu’on parle d’eux


Ils sont prêts à toutes les bassesses

À se vautrer dans la compromission obscène

Dans le lit de ceux qui détiennent finances

Ils sont veules


Triste spectacle

Que cette glissade dans le lit du pire

Tout ce que nous refusions

Réanimé avec la bénédiction

Des assoiffés de pouvoir et de gloire personnelle


Ils se vautrent

Ils ne disent mot quand il faudrait hurler

Ils regardent ailleurs

En ouvrant les portes du pouvoir

À ceux qui a coup sûr

Ne sauront qu’en abuser

Une fois peuple trompé


Triste spectacle

Que celui qui s’offre

À nos esprits qui ont vu

En cinquante années de vie

Les rêves d’un monde meilleur

Trainés dans la boue de leur naufrage

Par ceux qui clamaient plus jamais ça


Tristes connivences au pays des droits humains



Xavier Lainé

28 avril 2026


dimanche 14 juin 2026

Blague à part 27

 


-27-


Mais toujours ces individus solitaires

Dont l’influence se mesure

En « likes » sur des réseaux

Qui se prétendent sociaux


Mais dans la vie

La vraie

Celle où chacun vit

Englué dans cet immonde

Où chacun cherche à se sauver

Au risque d’écraser ses voisins

Sans un regard 


Mais

Mais survivre ici avec cet écoeurement

Cette préoccupation constante

Devant le spectacle affligeant

Du pire qui monte dans les sondages

Qui ne font pas le mouvement du monde

Qui n’en sont que l’écume

Mais qui entrent dans les têtes

Des aquoibonnistes

Qui n’attendent que ça 

Pour rentrer dans leur coquille

Fuyant leur responsabilité

Dans le naufrage collectif


Je dis qu’on meurt toujours à Gaza

Comme on meurt au Soudan

Comme on meurt en Iran

Comme on meurt au Kurdistan

Comme on meurt dans les zones que j’oublie

Je dis



Xavier Lainé

27 avril 2026