samedi 24 mai 2025

Pas Marché 8

 





C’est tellement banal

Ces journées qui passent

Sans vraiment pouvoir t’assoir

Sans vraiment pouvoir souffler


C’est ainsi que certains meurent

D’avoir tant soigné les autres

Qu’un jour ils s’éteignent sans un bruit

Dans l’indifférence générale


C’est peut-être elle qui nous enfonce

Qui nous plonge dans la spirale infernale

De l’inhumanité souhaitée par les mêmes

Qui tirent les ficelles du monde


C’est peut-être elle

L’indifférence

Qui fait de nous des monstres

Penchés sur eux-mêmes

Incapables du moindre geste


Incapables

Ineptes

Aveuglés de suffisance pour certains

Endormis aux anxiolytiques pour les autres

Mais incapables d’empathie


On se retrouve entre amis

Autour d’un drapeau

Sans un regard pour le SDF endormi

Sur un banc en contrebas

Combattre pour la Palestine

C’est aussi lutter pied à pied contre la bête immonde ici



Xavier Lainé

8 avril 2025


vendredi 23 mai 2025

Pas Marché 7

 





Alors je continue dans le gris

Ciel de printemps qui ne sèche pas ses larmes


Ça pourrait être beau un printemps si

Si pays se mettait à vibrer au son de poésies

Poésies qui se fassent chants repris

De demeure en demeure comme psalmodie

Pour éloigner le poison de la tristesse


Je rêve

Pardonnez moi

Je rêve

Les yeux ouverts sur les ruines répandues

Le coeur meurtri devant tant de souffrances

Je rêve encore

Il ne me reste que ça


Et puis écrire

Sans trop savoir quoi faire des maudits mots

Qui me trahissent parfois

Lorsqu’ils ne trouvent pas d’issue

Vers les lumières qui vacillent sous les coups


Je continue dans le gris

Mon chant cherche comment trouver l’accord

Puise en poèmes écrits eux aussi

Mais sous les ruines de Gaza et d’ailleurs

Mots couverts d’opprobre et de silence

D’indifférence et d’injustice


Le ciel est comme mes yeux

Il attend que larmes viennent 

Comme émonctoire aux peines attisées



Xavier Lainé

7 avril 2025


jeudi 22 mai 2025

Pas Marché 6

 





Les larmes ne servent à rien

Sinon soulager celle ou celui qui les verse


En monde si dur

Dirigé de mains de maîtres 

Droit de la violence 

En remplacement de droit de vivre

Les larmes sont bien naturelles


Car


Les humains que nous tentons d’être

Ne sont pas conçus pour être sans cesse violés


Et c’est viol permanent de nos conscience

Qui est devenu l’arme des abrutis de pouvoir

Pas abrutis au pouvoir

J’ai bien écrit

Abrutis de pouvoir

Aveuglés d’argent 

Cupides à n’en plus finir

Sinon stupide qui remplace une lettre

Par deux autres


C’est d’humanité dont nous avons besoin

Celle qui publiquement est capable de dire

Je t’aime sans rougir

Juste pour la bonté des mots


Ce que ne peuvent comprendre

Ceux qui par leur soumission

Encouragent les cupides

En armant leurs bras criminels



Xavier Lainé

6 avril 2025


mercredi 21 mai 2025

Pas Marché 5

 





Je m’en vais par les rues

Je vous vois vaquer à vos courses

À vos petites occupations

De petits bourgeois bien nourris

Mais tandis que je marche

Mes yeux voient des corps flotter dans l’air

Propulsés par des bombes made in France

Lancées par un Etat qui ne cache plus

Sa sympathie pour ceux qui hier 

Enfermaient dans des camps

Ses coreligionnaires 


Je m’en vais par les rues

Mes oreilles entendent le silence 

Des mauvaises consciences

Qui vont tranquillement faire leurs courses

Tandis qu’à côté des enfants meurent

Sous les ruines de leurs écoles bombardées

Par cet Etat que nos élites déclarent protéger

Au nom d’une mémoire qu’ils souillent

Chaque jour un peu plus 


De la Shoah à Gaza il n’est désormais

Qu’un pas qui a été franchi

Mes mots ne seront jamais assez forts

Pour troubler le silence des sales consciences

Qui ce soir ou demain dormiront 

Dans les lits de la honte d’avoir 

Par mensonge ou par omission

Par couardise ou par solidarité malsaine

Cautionné un génocide de plus

Dont notre humanité ne pourra se relever

Qu’en arrêtant criminels et complices

Pour les juger devant le tribunal de l’histoire


Je vais chaque jour un peu plus

Les yeux brouillés de larmes

Devant le piteux spectacle des consciences aveuglées

Les oreilles sifflantes du bruit des roquettes

Des cris d’enfants à jamais disparus


Je vais par les rues de cette ville

Qui nage dans la bonne conscience repue

S’amuse et se divertit sur les dos d’un monde

Dont la violence éclate comme une souillure

Entre les pages d’un livre de sang

Dont l’histoire ne pourra jamais se laver


J’ai honte et je pleure

J’ai honte et je pleure 

Devant les confusions répandues

Qui confondent sionisme et religion juive

Comme hier elles mélangeaient 

Religion musulmane et tyrannie islamiste

J’ai honte de cette bouillie cérébrale

Qui mêle tout et son contraire

Pour mieux cacher le fracas des bombes

La fureur des vies tranchées 

Les enfants ramassant à mains nues

Les morceaux de corps de leurs parents

Sous le rire triomphant des brutes armées


Que dites-vous

Rien

Que faites-vous

Rien ou pas grand chose

Quand c’est partout qu’il nous faudrait parler

Nous expliquer sur nos silences et notre honte

Notre art de regarder le bout de nos chaussures 

Pour ne rien voir de la tragédie sanglante 



Xavier Lainé

5 avril 2025