mercredi 24 décembre 2025

Infinis bruits de bottes 7

 





Je cherche

Une parole qui sache 

Rompre le silence complice

Qui dise haut et fort

L’impossible impasse

L’impérieux besoin

D’un ailleurs accueillant


Je cherche

Dans les décombres

À sauver encore âmes en peine

Puis m’arrête

Juste avant l’épuisement

M’en vais boire à la source

D’humaine hypothèse


Je cherche

L’impossible oubli

Des tragédies répétées

Je cherche mon chant

Qui ne serait pas mien

Qui se joindrait

Au chant des autres

Dans un symphonie d’âmes

Heureuses d’être en vie


Je cherche

Ne sais comment trouver

La sérénité d’exister

Quand tout autour de moi

Dans les ruines fumantes

Vont souffrantes

Âmes enfantines



Xavier Lainé

7 novembre 2025


mardi 23 décembre 2025

Infinis bruits de bottes 6

 





Pensent-ils ce qu’ils disent ?

Répètent-ils ce qu’ils entendent ?

Y aurait-il encore quelque pilote

Capable d’arrêter les rumeurs ?


Ils avancent sans vergogne

La haine aux lèvres

Le cerveau englué de fausses rumeurs

Ils avancent et plus rien ne les arrête


Il aurait fallu y penser plus tôt

Mais voilà penser est devenu difficile

Depuis que les rouleaux compresseurs

De la pensée unique et inique

Se sont ébranlés


Nous fûmes une poignée d’irréductibles

À crier au feu alors que les braises couvaient

Qu’il était évident qu’à refuser de les éteindre

Elles finiraient par gagner un à un

Les cerveaux les mieux armés


On nous disait alarmistes

On nous disait oiseaux de mauvais présage

On regardait ailleurs quand le ver gagnait le fruit

Dans les fumées de défunte démocratie


Il en est ainsi de la conscience humaine

Qu’il lui faut se heurter au mur

Pour avouer qu’il existe

Il en est ainsi de la pensée

Qu’elle se tait quand il faudrait parler

Qu’elle parle quand il faudrait se taire



Xavier Lainé

6 novembre 2025


lundi 22 décembre 2025

Infinis bruits de bottes 5

 





En voilà qui découvrent

Le ver dans le fruit

Les propos sans retenue

Les actes délictueux

Racisme en prime


En voilà qui découvrent

Que ce qui couvait depuis si longtemps

S’exprime au grand jour

Sans retenue aucune


Ce que j’ai nommé déjà

Ce petit fascisme ordinaire

Tellement ordinaire

Qu’on n’y prend garde

On ne le sent pas vraiment venir

Il est là

Tapis dans l’ombre

Attendant que le fruit soit mur

Pour en ronger la pulpe


Faut-il que moi aussi

Je vous raconte

Ces sombres propos

De gens sans prétention

Qui n’hésitent plus désormais

À vanter les mérites

De l’expulsion des migrants

Qui rêvent d’exterminer

Tout ce qui ne leur convient pas

« À grands coups de Kalachnikov »


Nous en sommes là



Xavier Lainé

5 novembre 2025


dimanche 21 décembre 2025

Infinis bruits de bottes 4

 





Les saisons vont en chagrins

Au pas lourd des lents cortèges

Dans les brumes et premiers frimas

Les larmes se font gouttes gelées

Aux paupières d’un temps d’âmes en peine


Que tant et tant aillent 

En apparence coeur léger

Est une stupéfaction constante

À qui vibre à l’unisson des êtres

Coeur en berne de son impuissance


Les saison défilent

Suivent le cortège du temps

Le pacte hypocrite scellé

Le silence se fait

Sur la rupture unilatérale

Des contrats de paix


Étonnement toujours

Devant ce spectacle affligeant

D’un monde qui regarde ailleurs

Tandis que gangrène le ronge

De croyances imbéciles

En idées bien ficelées


J’entre de plein pied 

En cette saison triste

Que feuilles dorées et ciel bleu

N’arrivent plus à égayer

J’aimerais savoir faire comme beaucoup

Me blottir en fêtes oublieuses

Pour ne plus rien voir des tragédies



Xavier Lainé

4 novembre 2025


samedi 20 décembre 2025

Infinis bruits de bottes 3

 





Puis le silence et l’oubli

Pour un an le devoir accompli

Chacun retourne à ses pénates

L’esprit tranquille


Ou parfois pas

Car en illusion d’immortalité

Le terme est évacué

Il ne faut pas y penser

Pas vivre avec


Se croire au-dessus

Surplomber les bornes

Qui font de la vie

Maladie mortelle

Sexuellement transmissible


Un début

Une fin

Et entre les deux

Si possible

Un art de vivre

En apprenant des erreurs


L’entrée en saison morte

Se fait avec des fleurs posées

Destinées à sécher

Une fois les attentions éteintes


L’automne bat son plein

Paré d’or et d’azur

Parfois pluvieux

Souvent plus vieux



Xavier Lainé

3 novembre 2025