mercredi 8 octobre 2025

À nos libertés conditionnelles 23

 





Nous touchons le fond

La question qui se pose

N’est pas simplement de savoir

Combien seront sauvés

Mais de sauver notre humanité


Notre devoir est de brandir

Le flambeau des innocents sacrifiés

Pour que ceux d’hier

Comme ceux d’aujourd’hui

Ne soient jamais oublié


À ceux qui auront commis le crime

À ceux qui l’auront soutenu de leur silence

À ceux qui auront fourni les armes

Nourri les ambitions des sionistes colonisateurs

Nous devrons demander des comptes

Dire que ce qu’ils ont fait ou laissé faire

Ne pourra jamais être oublié


C’est une question de survie de notre humanité

Qui se pose en ces lieux de souffrance

Et ceux qui iront faire des ruines

Un paradis de loisir

Devront réfléchir à deux fois

Avant de s’y prélasser

Car le crime commis aujourd’hui

N’est que la suite 

Des horreurs de la Shoah

Ce qui se fait sous nos yeux

N’est que prolongement malsain

Des mauvaises consciences coloniales

Écrire est un devoir pour en conjurer l’abjection



Xavier Lainé

23 août 2025


mardi 7 octobre 2025

À nos libertés conditionnelles 22

 





Ce qu’il ne semble pas comprendre

Mais se croyant en haut

Il ne peut pas le comprendre

L'individu assoiffé de pouvoir

C'est la puissance des symboles

La force de ce qui est derrière

Le ou les génocides en cours

Ce que ça affirme de nuisance

D’un monde que par ailleurs

Il défend mordicus


Ce qu’il ne peut comprendre

L’assoiffé de pouvoir

Voué au culte de lui-même

C'est la force de la métaphore

Que représente Gaza

Dans un monde qui clamait 

Plus jamais ça

Sans éradiquer la racine

De ce ça qui se tisse

Au plus profond de nous-mêmes

Humains versus non-humains


Ce qu’il ne voit pas

L’ivre de ses propres discours

C’est qu’en établissant le silence

Sur les exactions présentes

En tuant tous les témoins

Et donc en niant

La réalité du crime commis

C’est la racine même de notre humanité

Qui se trouve mise en péril

Le refus de l’acte symbolique est une complicité



Xavier Lainé

22 août 2025


lundi 6 octobre 2025

À nos libertés conditionnelles 21

 





Bien obligé de voir 

Ou de sentir

Comment insidieusement

Nos libertés lentement rognées

Génèrent l’inhumanité


Il est ainsi ce temps

Qui n’accorde à personne

Le droit à la faiblesse

Le droit à l’errance

À l’absence de certitudes


Alors lorsque tu tombes

On te tournes le dos

Tu deviens proie d’un silence

Qui sait se faire réprobateur

Car pas le droit


Pas le droit de tomber

Pas le droit de croire en l’amour

Sans te méfier de l’inhumanité qui couve

Sous le volcan des désirs

Qui font de toi un objet


Pas le droit non plus de dire

De condamner ce qui doit l’être

D’ouvrir bras secourables

Aux âmes déchues 

Car trop 

Trop sensibles

Trop fragiles

Pour survivre

Dans jungle pire que la jungle



Xavier Lainé

21 août 2025


dimanche 5 octobre 2025

À nos libertés conditionnelles 20

 





Combien 

À l’heure où j’écris

Sont seuls

Sans personne 

Pour prendre de leurs nouvelles


Combien 

Qui vont communiquant

Car on nous dit qu’il le faut

Cachent bien mal

Leur douleur

Sous une carapace

Ou une fausse allure 

De calme tranquillité


Combien

Que je voudrais prendre dans mes bras

Enfants à l’agonie sous les décombres

Transis de froid sur des embarcations

D’infortune


Combien

Que je ne voudrais pas bercer de mots

Ni de fausses illusions

Car c’est dans le nature de leur immonde

D’en mener toujours plus

Au bord des abîmes 

Au naufrage de la misère


Alors moi

Je vous ouvre mes mots

Je vous prête mes mains

Je prends dans mes bras

Enfants femmes et hommes

Humains qui comme moi souffrez

De l’iniquité de ce monde


Je pense à toi

Qui seule et délaissée

Oscille entre deux eaux

Entre abattement et vains espoirs


Je pense à toi

Réfugiée dans tes douleurs

Ne trouvant pas d’issue

Sinon vaine attente


Je pense à toi encore 

Violée et maltraitée

Qui ne sait auprès de qui

Trouver refuge de tendresse

Dépourvue de grossiers appétits


Comment veux-tu 

Que je me sente libre

Quand vous êtes si nombreuses

Opprimées et battues

Dans le silence épais

D’un monde bâti sur la violence


Je suis las

Au matin de nuit agitée

De devoir rappeler encore

À celles et ceux qui ferment les yeux

Ce dont le silence est complice

Quand il faudrait joindre nos énergies

À bâtir autre chose

Sans trop savoir quoi

Mais qui respecte notre humanité commune



Xavier Lainé

20 août 2025