lundi 8 septembre 2025

Égarés nous sommes 24

 





Tu as beau monter des digues

Elles sont bien fragiles

Face à la tempête des colères

Rien ne peut endiguer 

Les flots de haines

Trop longtemps retenus


Tu regardes le champ de ruines

Ces êtres défaits 

Que tu cherchais à protéger

Parfois contre eux-mêmes

Et leurs sourdes animosités

Rien n’y fait


Tu regardes ce champ de ruines

Tu regardes la splendide indifférence

Qui s’installe tandis qu’un est parti

Dont tu avais juré 

Que jamais tu le laisserais dériver

Un et parti

Ton coeur saigne

Impuissant à recoller les morceaux


Tu contemples les conflits du monde

Tu contemples les conflits chez tes proches

Tu contemples les guerres intestines et larvées

Tu contemples les guerres réelles


Tu voudrais en finir 

Avec toutes ces armes qui dorment

Puis qui se réveillent

Frappant les parois de ton crâne

Te laissant épuisé sur le seuil du jour



Xavier Lainé

24 juillet 2025


dimanche 7 septembre 2025

Égarés nous sommes 23

 





Ce serait bien

De rester sur un nuage

De survoler monde

Enfin guéri de ses blessures

Ce serait bien


Je ne sais pas

Je ne sais plus

Si je dois me réjouir

Ou pleurer

De vous voir indifférent

Je ne sais pas

Je ne sais plus

Je m’interroge

Sur la carapace qu’il vous faut

Pour traverser chaque jour

Le regard tourné vers un ailleurs

Où rien ne semble vous atteindre

Si je dois vous plaindre 

Je ne sais pas

Parce que moi je ne peux pas

Je ne supporte plus

Je n’y arrive pas

Aux bombes succède famine

Regardez donc

Regardez donc en face

Ce que ce monde prétendu civilisé

Est capable de faire subir

À des enfants sans défense

Mais non

Vous détournez le regard

Dois-je vous plaindre ou vous condamner

Je ne sais



Xavier Lainé

23 juillet 2025


samedi 6 septembre 2025

Égarés nous sommes 22

 





J’ai écrit

Je t’aime

C’est fou le bien que ça fait

Ça ne change rien

À la tournure du monde

Ça n’efface pas les souffrances

Ni les crimes

Ni les famines

C’est juste un je t’aime

Un vrai je t’aime

Qui n’oblige à rien

Juste à être partagé

À être répandu

À la surface de la terre

Comme graine d’avenir


J’ai écrit je t’aime

Parce que c’est vrai

Qu’on peut aimer

Simplement aimer

Dans un geste d’amitié sublime

Sans que ce soit un drame

Une honte 

Quelque chose à cacher

J’ai écrit je t’aime

Ça n’oblige à rien

Juste à être partagé

Pour le seul plaisir léger

De l’avoir dit

Dans un froissement du coeur

J’ai écrit je t’aime

En espérant que ça allège

Le poids de notre inhumanité



Xavier Lainé

22 juillet 2025


vendredi 5 septembre 2025

Égarés nous sommes 21

 





Mesurez-vous

Ce qui se trame sous nos yeux

Ce retour de l’inhumain

Quotidiennement déversé

Tandis que nous passons nos vacances

Que nous consommons sans frein


Mesurez-vous 

Ce que perte d’empathie signifie

Visible dans chaque acte

Posé de guerre contre

Peuples qui ne demandent qu’à vivre

Car ce qui est nommé guerre

Est atteinte à l’intégrité des peuples

Non combat acharné

Entre armées créées pour s’entretuer


Mesurez-vous

Que ce qui est là visible

Montré au grand jour

Des visages émaciés d’enfants affamés

Des corps sanglants tirés des décombres

C’est la guerre pire que la guerre

Car elle touche n’importe qui

N’importe où

N’importe quand


Mesurez-vous

Que tandis que vous consommez

Que vous vous amusez sur les plages

N’importe quand tout pourrait s’arrêter

Puisque les malades au pouvoir

Ne connaissent aucune limite



Xavier Lainé

21 juillet 2025


jeudi 4 septembre 2025

Égarés nous sommes 20

 





Toujours ce temps qui passe

C’était hier il me semble

Qu’un bébé tout petit 

S’endormait dans mes bras

À peine venu au monde


Toujours ce temps qui passe

C’était hier il semble

Que nous ne vivions pas

La même époque

Où d’autres bébés

Meurent sous les bombes

Ou affamés


Toujours ce temps qui passe

Avec tes folles espérances

En pays qui ne sait plus

Quelle valeur donner 

À la pensée mise en travail


Toujours ce temps qui passe

Nous rêvions si bien

En ces temps d’enfance

Que tu serais artiste

Et tu l’es devenu

En Etat qui s’en moque


Toujours ce temps qui passe

Il nous reste à bercer tes rêves

À lutter pour qu’ils se réalisent

Ne rien céder devant le malheur

D’un monde confié

En bien piteuses mains



Xavier Lainé

20 juillet 2025