mardi 5 août 2025

Que sont poètes devenus 20

 





Il est si commode le rideau de fumée

Il serait si pratique de parler de tout

Ou plutôt de rien

De mettre ma fureur de vivre

Entre de jolies parenthèses

Qui ne froisseraient personne

Tandis qu’on tue


Qu’on veuille ou pas me pardonner

M’est totalement indifférent

Si vous pouvez dormir tranquille

Avec le bruit des bombes qui s’étend

Pour couvrir le cri 

Des enfants suppliciés de Gaza

Je vous plains


Je vous plains de préparer

Vos belles vacances de rêve

Sur les rives de ce qui est devenu

Un vaste cimetière marin

Sans que ça vous empêche

De bronzer sans état d’âme

Sur les chaises-longues de la honte


Moi je ne peux pas

Je ne peux pas me taire

Je ne peux pas cesser d’écrire

Et quand bien même demain

Vos gens d’armes 

Viendraient tenter d’interrompre

Le fil de mes mots

Croyez-moi ils se feraient

Encore plus denses et éruptifs



Xavier Lainé

20 juin 2025


lundi 4 août 2025

Que sont poètes devenus 19

 





Ambassade de la paix

Moineaux qui s’égosillent sur la gouttière

Hirondelles fugaces entrent et sortent du nid


Ambassade de la paix

Tu me parles de ton jardin

Cultivé avec tant d’amour

Que la vie y prolifère


Ambassade de la paix

Porte ouverte sur les souffrances

Qui ne se refermera jamais

Tant qu’elles durent 


Ambassade de la paix

Je dirai le silence nécessaire

Qui rend le bruit des bombes

Encore plus intolérable


Ambassade de la paix

Qu’un innocent tombe

Nous voici des milliers

À crier notre refus


Ambassade de la paix

Halte à l’indifférence

Devant les massacres 

Au silence des noyés

Nageant entre deux eaux


Ambassade de la paix

C’est ici et maintenant

Qu’il me faut tenir porte ouverte



Xavier Lainé

19 juin 2025


dimanche 3 août 2025

Que sont poètes devenus 18

 





J’ai retrouvé la pelle qui le 18 juin 2025

Se mit à enterrer nos espoirs d’humanité

Quelques fous ont ouvert la voie

Qui conduit de vie à trépas

Pauvres innocents qui n’avaient demandé

Ni à vivre ni à survivre sous leurs ordres


Pauvres fous en rut

Pauvres gosses mal éduqués

Qui vous saisissez du pouvoir

Pour mieux casser les jouets des autres

Pour mieux briser tout élan solidaire


Pauvres mâles décervelés

Capables de mettre notre terre

À feu et à sang pour des objectifs absurdes

Qui ne mènent qu’à votre propre ruine

Une fois les populations décimées


Pauvres imbéciles

Lie de l’humanité fiers de vos religions

Qui ne sont que poudre aux yeux

Lorsque vos dieux se suicident

Pour ne pas voir les atrocités commises


J’ai retrouvé la pelle qui le 18 juin 2025

À ouvert la tombe des espérances

A fracturé la marche humaine

Pour libérer les monstres qu’on croyait endormis

J’ai retrouvé la pelle 

Je cherche le poème qui serait un appel

À nous débarrasser des encombrants

Qui nous polluent la vie à grands coups de génocides



Xavier Lainé

18 juin 2025


samedi 2 août 2025

Que sont poètes devenus 17

 





Je regarde sidéré

Ce qui se détruit sous mes yeux

Ces enfants perdus

À qui pères et mères font défaut

Qui entrent en adolescence

Dans un monde qui se moque d’eux

Qui leur ferme la porte au nez

Mieux même qui les invite

À vivre sous la menace d’une guerre

Pire que toutes les précédentes

Sous la houlette d’hommes

De mâles auto-suffisants

Qui sont prêts à en découdre

Pour leur seule petite gloire


Je regarde sidéré

Ce monde qui se referme

Chacun l’oeil rivé sur ses écrans

Tactiles certes mais destructeurs

Car adversaires d’une pensée autonome

En ce monde là on ne pense plus

On se fait influencer par des coachs

Qui savent mieux que soi

Vers où diriger la vie


Je regarde sidéré

Les bombes échangées

Tandis que sous les décombres

À Gaza la vie s’éteint sans un mot 

Sans une larme de compassion

Mais ha ! Comme ceux qui hier

Se baignaient à une encablure

D’un génocide perpétré en leur nom

Se trouvent malheureux

Sous ce retour terrible 


Je regarde sidéré

Cette si belle terre qui chancelle

Sous les mauvais coups 

Des mauvais larrons

Les ignobles qui au nom

De leur dieu libèrent les monstres

Qui s’expriment en insultes et vomissures

Sur tout ce qui humain bouge encore


Je regarde sidéré

Leurs pitoyables cris de victoire

Qui signe le clip de fin

D’un monde à leur solde

D’où sont exclus les humains

Les vivants parmi les vivants

Qui osent encore croire en autre chose

Que leurs écrans d’esclavage


Je ne sors pas de cette sidération

De vous voir verser tous

Dans l’agressivité d’être privés 

De pensée et de parole

Dépossédés d’une vie digne de ce nom

Par le commerce rutilant

Qui offre chaines brillantes

Aux nouveaux esclaves de l’inhumanité


Pardonnez ma rancoeur



Xavier Lainé

17 juin 2025