mardi 21 mars 2023

Une ode au retrait 1

 





C’est un matin entre bleu et gris

Un matin d’hiver enfin mais timidement venu

Un matin d’âme chancelante

L’enfant pleurait dans son sommeil

Ses bras battait l’air en tous sens

Ses petites mains touchaient la nuit

L’âme d’à côté de savait pas vraiment

Que faire pour alléger sa peine


(1er mars 2023 — 1 — 7H44)


Xavier Lainé


lundi 20 mars 2023

Homme (ou femme) mais humains (peut-être) 28

 



XL - Enigmatiques assises 1



Un jour tu es là, un jour non.

Un jour je te prends, lendemain je te laisse.

Un jour je t’aime, puis je ne t’aime plus.

Un jour je t’embrasse, et puis plus jamais.

Un jour je t’ouvre mes bras, et puis je les referme.


C’est toujours le vide qui suit qui ouvre les plaies.


(28 février 2023 — 1 — 8h55)


*


L’Homme de février attend dans l’ombre.

Son coeur se serre sous le poids du silence.

À son tour il va suivant le courant et la vague.

Hier, dans ses bras ouverts, une étoile s’était posée.

Elle avait fermé les yeux dans la volupté d’un instant.

La bonté et la beauté sont choses bien éphémères lorsqu’il s’agit de vivre (ou plutôt de survivre).

Parfois le septième ciel vous laisse entrevoir un autre univers.

Une lumière douce s’en échappe qui attire puis s’éteint.

L’étreinte n’était qu’un rêve posé en milieu du chemin.


L’Homme de février retourne en l’hiver du coeur.

Il maugrée et vitupère contre sa naïveté qui le mène toujours contre le mur du monde.

Chacun y va seul contre tous.

Lui n’arrive pas à s’y résoudre.


(28 février 2023 — 2 — 9h14)


*


L’Homme de février au crépuscule de son existence réalise : toute une vie à cheminer sur des sentiers d’espérance.

Toute une vie à imaginer le meilleur pour tous.

Toute une vie à se mettre au second plan pour ne faire d’ombre ni trahir personne.

Toute une vie à tenter d’ouvrir chaque jour sur une cohérence : celle que philosophie pratique lui impose pour traverser les épreuves.


L’Homme de février assume sa soif intarissable d’amour et de tendresse.

Il sait que la vie en offre bien peu l’occasion.

C’est pourtant le chemin qu’il suit depuis toujours.

Parfois il s’affaisse dans le fossé, enfouit ses larmes dans les feuilles tombées, puis se redresse et reprend sa route, vaille que vaille.

Ce que les hommes puissants ne connaissent pas : cet art de la chute, celui de se relever toujours.


(28 février 2023 — 3 — 10h30)


*


L’Homme de février traine son âme grise comme temps hivernal.

Froid en dedans et du plomb sous les semelles, il se demande vers où avancer.

Vers où retrouver les coeurs rayonnants d’espoir, les esprits effervescents de créations.


L’Homme de février l’écrit : « J’ai l’âme grise comme les nuées ».

Une belle âme de profonde amitié lui offre un arc-en-ciel de sourires.

« Je me fonds dans ses couleurs », dit-il l’âme un peu plus légère.


L’Homme de février voudrait s’endormir dans un printemps de tendresse, traversant les saisons avec l’allégresse des jours heureux.


(28 février 2023 — 4 — 16h04)


Xavier Lainé






dimanche 19 mars 2023

Homme (ou femme) mais humains (peut-être) 27

 



XL - Enigmatiques assises 1



Retour d’hiver comme de bâton.

Et l’autre qui s’en fout, dans les allées de la ferme fictive.

L’arrogance du pouvoir dans sa grande splendeur sans en avoir l’envergure.

Un voyou qui pérore au nez et à la barbe des « riens » qu’il ignore, dont il ignore tout.

Et l’Homme de février qui se lève avec le vague à l’âme des jours gris.

Il regarde passer de vieilles photographies.

Par exemple Jean Vilar en Avignon dans les années de la gloire théâtrale.

L’Homme de février se rappelle de ces joies partagées.

Sous le manteau blanc il s’en va le coeur lourd.

Il n’y a plus grand chose à partager une fois l’insouciance de vivre envolée.


(27 février 2023 — 1 — 8h38)


Xavier Lainé


samedi 18 mars 2023

Homme (ou femme) mais humains (peut-être) 26

 



XL - Enigmatiques assises 1




Parfois on rêve, n’est-ce pas ?

Sans doute une réminiscence d’enfance, de cette tendresse (que tous n’ont pas la chance d’avoir vécue) qu’une mère sait donner sans compter.

Un besoin immodéré, immodérable, de se laisser aller, juste pour le plaisir de la douceur.

On rêve et on ne sait pas quoi faire de son rêve.

Alors on tourne autour, sans qu’il trouve la moindre porte de sortie.

Un vague à l’âme vous saisit par le bout du coeur et ne vous lâche plus.

On s’ébroue, on se secoue, on aimerait dire, mais nul n’est en mesure d’entendre.

Il faut vivre à la dure en monde qui ne tolère pas la sensibilité.

En monde qui n’invite qu’à se tuer au travail pour gagner, mais gagner quoi ?

Que feront-ils, à leur dernière heure, de leur fortune, ceux qui en ont amassé plus que nécessaire ?

Ils n’auront vécu que dans ce leurre de la « bonne » fortune, riches sur une Terre devenue morte d’avoir été exploitée jusqu’à l’os.

Ils nous aiment comme ça : exploités jusqu’à l’os.

Puis ils jettent l’os et s’en vont (contents ?).


L’Homme de février est comme ça, il est comme ça pas seulement en février, d’ailleurs.

Il est comme ça tout le temps.

Il rêve.

Il est incorrigible rêveur.

Il voit la Terre comme un havre de paix, de douceur, de tendresse, d’amour sans limite ni brides liées à des conventions hypocrites.

Il voit.

Et se désole de se sentir si seul à voir.

Même s’il sait que bien d’autres voient qui murent leurs larmes et leurs soupirs derrière une carapace qui fait mal.


L’Homme de février aimerait rompre toutes ces cuirasses qui cachent si mal les blessures infligées.


(26 février 2023 —1 — 10h37)


*


L’Homme de février chevauchait la neige tardive.

Il s’envolait au coeur des nuées, histoire de recueillir les larmes solitaires.

D’un souffle il leur donnait la légèreté des flocons.

Il posait un pansement de givre sur les coeurs en peine.

Ouvrait grand ses bras d’hiver pour accueillir les corps meurtris.

On vit tellement blessé en Terre dont l’humanité fond comme neige au soleil.

On vit si seul dans un monde qui prétend communiquer mais qui n’entend rien à nos soifs de tendresse !

On vit côte à côte, on se croise, on se rencontre si peu et avec si peu d’attention !


Alors, l’Homme de février ouvre ses bras comme un port de tendresse.

L’âme en peine s’y dépose et s’endort.

L’Homme de février n’ose plus bouger.


(26 février 2023 — 2 — 21h21)


Xavier Lainé


vendredi 17 mars 2023

Homme (ou femme) mais humains (peut-être) 25

 



XL - Enigmatiques assises 1



Le gris n’est pas toujours prometteur.

On le voit parfois s’alourdir, porteur de lourdes menaces.

Mais rien ne vient en temps de caprices climatiques.

Sous le gris va la vie de la même couleur.

Une vie en attente de quelque chose d’indéfinissable.

Une vie à trouver moyen de la gagner.

Pour finir par perdre chaque jour un peu plus l’espoir d’atteindre un but.

Le but est vague, dès le début puisqu’il s’agit simplement de vivre.

Certains vont droit leur chemin sachant vers où diriger leurs pas.

Bien d’autres ne savent jamais vraiment vers quel havre avancer.


L’Homme de février est de ces derniers.

Ses espoirs toujours défaits, il eut une vie à vaut l’eau.


(25 février 2023 — 1 — 9h27)


*


Parfois, errant parmi les livres nouveaux, affleure le banc de sable des souvenirs.

Nous avions des rêves à gogo, des projets d’avenir radieux, des utopies à revendre.

Nous tenions dans nos mains les clefs d’un avenir joyeux pour une humanité en constante évolution.

Les yeux rivés sur une nature déjà en danger, nous appelions de nos voeux cette grandeur humaine qui saurait ne pas détruire la planète qui lui donna naissance.


L’Homme de février est pétri de cette glaise là.

De cette pâte à modeler des rêves infinis.

Mais voilà qu’il se cogne aux murs de l’absurde.

Il ne savait pas avoir franchi les frontières d’un pays pandémique qu’il ne sait nommer autrement qu’Absurdistan.

Un pays où les dominants guerriers et voraces sont rois.

Un pays qui trouve naturel de mendier dans les rues tandis que non loin on s’empiffre.

Un pays où la mort des plus miséreux est un détail tandis que les bons petits soldat aux ordres marchent au pas cadencé dans le triomphe de l’argent -dieu.


L’Homme de février quitte avec difficulté ses murs de livres qui tous lui ouvrent d’autres perspectives.

Une architecture mentale se construit dans un esprit qui vogue à la surface des mots, qui plonge dans l’émotion des phrases résonnant avec son propre passé.


(25 février 2023 — 2 — 12h51)


Xavier Lainé



jeudi 16 mars 2023

Homme (ou femme) mais humains (peut-être) 24

 



XL - Enigmatiques assises 1


Comme si les menaces au-dessus de nos têtes étaient sans effets sur nos manières de vivre.

Certes le temps se fait gris et laisse tomber fin crachin.

Ce sera sans grandes conséquences sur la soif.


Nous irons comme d’habitude ouvrir la porte à tous les tourments.

L’information passe et puis s’éteint, comme météorite dans un ciel radieux.


L’Homme de février ouvre parfois de petites parenthèses d’humanité.

Mais la porte se ferme très vite sur sa vie fatiguée.


(24 février 2023 — 1 — 8h40)


Xavier Lainé



mercredi 15 mars 2023

Homme (ou femme) mais humains (peut-être) 23

 



XL - Enigmatiques assises 1



L’Homme de février se réveille atterré : que peut-il bien se passer dans la tête d’un adolescent qui poignarde son professeur en plein cours ?

Quel est le système qui peut conduire à la multiplication des actes de barbarie ?


L’Homme de février voyage sur la toile.

Il contemple les scènes multipliées à l’infini qui réduisent l’humain à sa bestialité.

Scènes de violences banalisées.

Sexe à tout heure, le plus souvent dans le mépris des femmes.

Guerres et exactions considérées comme des fictions.

Déni perpétuel de réalité.

Enfants l’oeil rivé sur des écrans d’atrocités.


Le mal banalisé et le mépris généralisé.

Voilà le monde tel qu’il apparaît à l’Homme de février lorsqu’il se hasarde à sortir de sa niche de poésie et ses rêves d’amour tendre.


C’est dans ce monde là, où l’empathie est strictement combattue, l’individualisme monté en épingle, que les crimes peuvent se perpétrer sans vergogne.

Le mépris et l’insulte permanente établis en « bonne gouvernance » ne permettent plus de distinguer le bien du mal.

La violence généralisée en système de survie ouvre la porte au pire.


L’Homme de février pleure pour les victimes.

L’Homme de février voudrait voir l’Etat qui manipule les esprits avec cynisme condamné pour ses actes.

L’Homme de février rêve de la révolte qui mettrait bas un monde qui ne connait que domination et violence.


Mais l’Homme de février arrive lui au terme du voyage.

Il frémit pour ses enfants, petits et grands.

Il pleure sur son échec : ses rêves étaient bien différents de ce qu’il constate.


(23 février 2023 — 1 — 6h45)


*


L’Homme de février observe la violence d’un homme jeune, tout président qu’il soit, qui va devant « ceux qui se lèvent tôt » pour leur expliquer la nécessité pour eux de travailler quelques années de plus.

Cynisme et violence du propos quand on sait que cet homme là n’a jamais dû se lever tôt et aller travailler pour un salaire de misère.

Violence systémique, ancrée dans le paysage de la jungle néo-libérale qui cache bien mal sa philosophie néo-fasciste.


L’Homme de février refuse de comprendre un monde où chacun devrait tirer son épingle du jeu, y compris en écrasant tout ceux qui se mettraient en travers du chemin.

Corruption répandue à longueur de page des journaux.

Violence mafieuse érigée en principe de vie.

Ce monde là qui tue l’espace du vivant et cherche à avilir tout ce qui s’y oppose porte le rictus des années noires.

Racistes, xénophobes y prolifèrent à l’ombre de médias aux mains des oligarques qui tirent profit de la dérive.


Quelle morale expliquer à la jeunesse quand l’immoralité la plus sauvage se répand au sommet d’un Etat ?


(23 février 2023 — 2 — 8h38)


*


Voilà qu’une femme, une enseignante, meurt sous le poignard d’un élève.

Voilà que le cauchemar se renouvelle et dure.

Voilà que l’Homme de février aimerait que ça s’arrête, ce cycle infernal des violences aveugles, des misères répandues.


L’Homme de février se souvient avoir écrit qu’à répandre l’angoisse en trainée de pandémie, on récolterait un tsunami de symptômes.

L’Homme de février lit depuis des mois des rapports accablants, alarmants sur l’état de santé psychique de la jeunesse, frappée dans sa vitalité par les menaces et les enfermements.


L’Homme de février n’en peut plus d’observer ces individus sinistres (mais qui se proclament ministres), à l’origine du problème, qui s’en viennent offusqués sans croire un mot de ce qu’ils disent.


L’Homme de février voudrait déserter d’un monde où guerres, misères et absence d’avenir enferment la jeunesse dans une impasse.

Quand ils protestent, on les nasse : tout un symbole !


L’Homme de février observe les ego politiciens qui s’écharpent et se déchirent quand il faudrait qu’au nom de notre humanité commune, nous apprenions à ne plus accepter de vivre sous ce joug.


L’Homme de février voudrait trouver des mots d’espoir sous le ciel gris qui ne sait même plus pleurer.


(23 février 2023 — 3 — 16h33)


Xavier Lainé