mercredi 9 juin 2021

Pas si aveugle, pas si sourd

 




Pas si aveugle.

Pas si sourd.

Ou alors ce serait aveuglement et surdité sélectifs.

Ou plutôt refus de voir et d’entendre ce qui vient porter atteinte.

Ce qui blesse, ce qui tue.


J’ai l’oreille sélective.

Si j’entends parfaitement le cri des suppliciés de la vie.

Si j’entends distinctement celui des noyés, des assassinés, des meurtris.

Je n’entends pas les discours qui justifient le crime.

Je n’entends pas, résolument pas.


C’est un handicap, certes, que de n’entendre que les voix qui accusent.

Mais, parfois, ces voix se sont tues lorsqu’elles me parviennent.

Elles ont sombré corps et bien sous le poids de nos aveuglement.

De nos surdités sélectives.


Les martinets de ma génoise s’égosillent en rejoignant leur nid.

Ils ont eux aussi l’oreille sélective.

Ils tentent de couvrir le fracas d’une vie humaine vouée à l’absurde.

Courir après un temps sans existence.

Courir après le mirage de « gagner » sa vie.

Et puis la perdre en vautrant sa fatigue dans les canapés design, achetés à crédit.

La course se fait effrénée qui n’a d’autre but que de satisfaire tristes désirs.


Je vous attendais, perdu dans la contemplation de mes compagnons à plumes.

Mes compagnons à la plume bien plus légère que la mienne qui pèse tout le poids de notre inhumanité rampante.


Xavier Lainé


3 juin 2021


samedi 5 juin 2021

Lettre ouverte sur la paix à Monsieur le maire de Manosque (04) et ses conseillers municipaux






Le 21 mai 2021, sur proposition du Mouvement de la Paix, Monsieur le Maire de Manosque a donné lecture d’une motion proposant que le conseil municipal se prononce en faveur d’une ratification part le gouvernement français du TIAN (Traité d’interdiction des armes nucléaires), adopté par l’ONU le 7 juillet 2017, ratifié par 50 états dans le monde le 24 octobre 2020, et donc entré en vigueur le 22 janvier 2021. La France, à ce jour n’a toujours pas ratifié ce traité.

Ce 21 mai 2021, Monsieur le maire, au nom de la démocratie mais sans participer au vote a donc donné lecture de cette motion dans un silence glacial et visiblement gêné. En tant que citoyen, en réponse à ce silence, aux arguments présentés contre et au silence des pour, j’ai trouvé insupportable de laisser passer cet évènement sans réagir.

Vous trouverez donc ci-après la lettre ouverte que j’ai adressée, ce vendredi 4 juin à Monsieur le maire et ses conseillers municipaux. Je vous remercie de bien vouloir la publier ou au moins, compte tenu de sa longueur nécessaire, de lui donner un écho indispensable à l’information des citoyens de cette ville, mais aussi aux citoyens honnêtes de ce pays.



À Monsieur le Maire,

À Mesdames et messieurs les conseillers municipaux,


Manosque, le 4 juin 2021


Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux


Si je vous écris, c’est que je me suis laissé piéger à regarder, par malsaine curiosité sans doute, les débats de votre conseil municipal de ces derniers jours de mai 2021, et que, depuis, ce sont moins les propos ou non propos tenus que le silence pesant que les ont accompagnés qui ne cessent de m’obséder.


On pourrait invoquer le fait que je sois membre du mouvement de la Paix pour détourner mes propos de leur objectif. Aussi je tiens à souligner d’entrée que je n’ai aucun mandat à parler au nom de ce mouvement et que c’est donc par pure liberté d’homme que je m’adresse à vous.

Une pure liberté d’homme, c’est aussi ce que je revendique pour vous : une liberté de penser et réfléchir. C’est ce que je voudrais arriver à faire entendre, pas seulement écouter dans un silence aussi pesant que celui qui accompagna l’écoute de la motion proposée par le Mouvement de la Paix lors de la réunion de ce conseil de mai.


En m’adressant à vous, je pense, bien sur, aux millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui sont morts sous le coup de grâce que les guerres leur ont porté dans le passé, mais aussi à celles et ceux qui aujourd’hui, alors que nous osons parler de « civilisation », sont encore et toujours victimes de ces crimes légaux que sont les guerres, quelles que soient leurs justifications.

Je m’adresse à vous en tant qu’homme, que père et grand-père, comme vous l’êtes sans doute, vous aussi.

Je m’adresse à vous, Monsieur le maire qui avez l’âge de mes enfants, à vous, mesdames et messieurs les conseillers que j’imagine, une fois vos réunions achevées, courant rejoindre vos compagnes, vos familles pour les embrasser, bravant ainsi l’interdit imposé depuis peu contre toute étreinte.


Je reviens à ce que nous venons de vivre, de traverser : avez-vous observé comme moi le silence habité qui anima la ville lors du premier confinement ?

Des oiseaux par centaines qui chantent à tue-tête en notre absence, des animaux prétendus sauvages qui se mettaient à déambuler dans les rues.

C’était un silence bruissant de vie.


Maintenant imaginez vous rentrant chez vous tandis qu’un fou ou qu’une simple erreur mettrait en route les ogives planquées ici et là à grand renfort de nos impôts.

Nous savons que les fous, parfois, parviennent au pouvoir, l’histoire nous en a donné les preuves, un peu partout dans le monde.

Or, aujourd’hui, les bombes d’Hiroshima et Nagasaki paraitraient des bombinettes à côté de l’arsenal disponible.


Ce qui nous attend désormais, ce n’est pas seulement la destruction d’une ou deux villes avec des hibakushas errant dans les ruines. 

Ce qui nous attend c’est un silence total et la fin de toutes formes de vie pour longtemps.

Vous imaginez-vous rentrer chez vous et disparaître dans un éclair, laissant votre vague ombre comme celle encore visible à Hiroshima sur les marches d’une banque, mais que nul ne pourrait jamais contempler puisque la puissance de feu actuelle serait en mesure de supprimer toute forme de vie sur notre si belle terre ?


Si je vous écris, ce n’est pas pour vous soumettre une motion sans lendemain.

La question qui se pose et qui a conduit une majorité de pays dans le monde à soutenir, négocier puis ratifier le traité d’interdiction de ces oeuvres de mort totale, est une question philosophique qui nous touche tous : quel humain digne de ce nom peut encore justifier le risque d’un hiver nucléaire faisant disparaître toute vie à la surface de cette planète ? Quel intérêt politique et économique pourrait justifier de maintenir en l’état un tel arsenal de mort quand, par ailleurs, quotidiennement nous vaquons, les uns et les autres, à nos petites vies, sans imaginer l’épée de Damoclès suspendue au dessus de nos têtes, confiée à des algorithmes, à des mains dont nul ne sait quelle folie pourrait tout à coup les saisir.

Car nous le savons, nul n’est à l’abri. C’est à la fois la force et la faiblesse de notre humanité commune : nous sommes capables du meilleur comme du pire. Mais où le meilleur demeure en nos musées en nos livres comme témoignage d’oeuvres admirables, le pire, lui, se résume à des fosses communes et des plaies béantes dans nos mémoires.


Si je vous écris, c’est d’abord pour saluer votre geste de courage, Monsieur le Maire, d’avoir porté cette motion devant votre conseil.

Courage hélas non suivi d’effet, car vous même, refusant de participer au vote, ne vous êtes sans doute pas posé la question qui est à l’ordre du jour. Question  qui, si elle ne relève pas directement de la forme politique de votre conseil, relève de notre humanité commune.

Il n’est pas ici seulement question d’être pour ou contre selon que nous appartenions à des forces dites de « gauche » ou de « droite ». C’est une question essentielle liée à notre humanité.

Puis-je me permettre de vous rappeler ce texte de notre voisin Albert Camus, au lendemain de Hiroshima et Nagasaki ?

« La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. En attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles. »

Je ne vous livre que ce court extrait. Il est utile de revenir sur cette histoire, car, depuis, les risques liés à la multiplication et la « modernisation » de ces « armes de destruction massive » n’ont fait qu’augmenter.

Quelle femme, quel homme, quelle mère, quel père pourrait sans sourciller accepter de léguer à ses enfants une terre dépouillée de toute forme de vie ?


Ce qui me tarabuste depuis que j’ai écouté et vu votre réunion de conseil municipal, c’est le silence glacial et comme gêné qui a accueilli cette proposition de motion.

C’est donc moins les arguments présentés contre que l’absence d’arguments de ceux dont on aurait pu attendre qu’ils portent dans cette assemblée le fond du problème philosophique donc humain qui nous concerne tous, quel que soit nos engagements.


« L’architecte a introduit dans le circuit des entrepreneurs qui introduisent des fournisseurs, des sociétés anonymes ne tardent pas à apparaître, et voilà constituée une de ces « Grandes Compagnies », une de ces invasions de barbares venus de l’intérieur, sous les pas desquelles l’herbe ne pousse plus. Tout est détruit, rasé, raclé ; quelqu’un s’insurge, défend un bel hôtel, un assemblage de pierres admirable, une porte monumentale, on l’abat sous les sarcasmes avec l’arme totale, l’imparable, celle à laquelle le primaire ne résiste pas : la nécessité de marcher avec son temps, et, s’il insiste, avec le mot « progrès » qui est la bombe atomique des raisonnements imbéciles. » (Jean Giono in Les terrasses de l’île d’Elbe)

Il en est ainsi sur toutes les grandes questions ayant trait à notre sort d’hommes et de femmes libres : de tous côtés, on dégaine des prétextes économiques, nous détournant ainsi des questions essentielles. Il en est ainsi : certains sujets fondamentaux ne se résument pas à des budgets.

Il en va de l’existence et de la persistance de la vie sur cette planète.

Il est temps d’y réfléchir, sans exclure, bien évidemment, les conflits inévitables dans toute société humaine et leurs solutions. Qui dit conflit dit-il inexorablement violence ?

L’économisme tue l’humain, en fait un objet parmi tant d’autres, variable d’ajustement d’un monde qui va à sa perte.

Quel que soit le bord qui le brandit, que ce soit au nom d’un « marché », ou celui d’un « progrès », l’expérience du XXème siècle nous montre quels gouffres se trouvent ouverts lorsque l’homme se réduit à une valeur marchande.


Ce n’est donc pas n’importe quelle question que pose la ratification ou non de ce traité. 

Ce n’est pas n’importe quelle question que pose le silence lourd d’interrogation qui a suivi la lecture de cette motion dans le cadre de votre conseil municipal.

Je suis profondément inquiet que nul n’ait pensé à la soulever, alors que ce n’est pas une question de parti, d’adhésion ou non, c’est une question profondément humaine et qui dépasse les bords étroits des tactiques politiciennes.


Je me rends compte que je suis déjà trop long, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers. Il me faut arrêter là en souhaitant, non que vous remettiez en cause votre vote, mais que les questions qu’il pose puisse être abordée dans l’espace public, au-delà de vos querelles partisanes.


Dans les feuillets d’Hypnos, écrits entre 1943 et 1944, dans la résistance, et dédiés, justement, à Albert Camus, René Char (voyez comme nous restons dans le voisinage !) dit : « Cette guerre se prolongera au-delà des armistices platoniques. L’implantation des concepts politiques se poursuivra contradictoirement, dans les convulsions et sous le couvert d’une hypocrisie sûre de ses droits. Ne souriez pas. Écartez le scepticisme et la résignation, et préparez votre âme mortelle en vue d’affronter intra-muros des démons glacés analogues aux génies microbiens. »


Parfois, il faut apprendre à quitter le territoire des pragmatismes politiciens pour envisager le monde sous l’angle d’une poétique porteuse de paix et de bonheur pour les femmes et les hommes que nous désirons être.

Je m’en vais rêver que mon propos, au moins, aura su réveiller en vous l’âme poétique d’une humanité dans le dépassement des indifférences liées à l’ignorance.

« À chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d’avenir », écrit encore René Char. Puisse sa parole aller bien au-delà de nos pauvres discours.


En vous priant, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, de bien vouloir excuser la longueur de mon propos et vous souhaiter un éveil aux choses de la vie qui nous évite un cruel et douloureux réveil.


Xavier Lainé

Citoyen Manosquin


jeudi 3 juin 2021

Aveugle et sourd

 




Je me suis arrêté au bord du monde.

Pieds ballants dans le vide des existences brisées, j’ai attendu.

J’ai attendu le train de l’espoir mais il avait du retard.

Sur le quai des amours, je les ai vu s’embrasser.

Je les ai vu s’embraser dans la grisaille du quotidien.


Je me suis arrêté sur le bord du monde.

J’ai regardé passer les wagons gris des amertumes.

J’ai écouté dans le silence des livres, la pluie tomber comme larmes.

Ça faisait des marques sur les visages en souffrance.

Petits regards tristes qui ne disaient mots sous le masque des habitudes.


Je me suis arrêté sur ce rebord du monde.

Mes compagnons de l’aube, mésanges, moineaux et merles me tiraient du sommeil.

J’ai ouvert ma fenêtre sur le fracas des souffleuses, des débroussailleuses.

Ainsi l’homme fait-il taire les plus fragiles symphonies.

Ainsi l’homme pressé, sur les quais de nulle part, creuse inlassablement sa propre tombe.


Je me suis arrêté où le monde prenait fin.

Je suis resté au sommet des collines enchantées.

Des hymnes d’amitié chuchotaient entre les herbes hautes.

Je ne sais plus qu’écrire ou dire sur la portée du silence.

J’y ai déposé mon obole de notes décousues et timides.


Je lisais, au pied de mon arbre favori, les mots désespérés de Cioran :

« Il ne faut pas s’astreindre à une oeuvre, il faut seulement dire quelque chose qui puisse murmurer à l’oreille d’un ivrogne ou d’un mourant. »

J’y ai ramassé mon bâton de marche et me suis avancé, aveugle et sourd.


Xavier Lainé


2 juin 2021


samedi 29 mai 2021

J'irai vous attendre

 




Un jour j’irai dans une clairière vous attendre : viendrez-vous ?

Ce sera un jour de beau temps comme de mauvais.

Nous aurons traversé des places tenues en mains sales.

Nous aurons tenté d’y glisser nos voix et nos danses.

L’important n’est plus de croire en l’utilité de ceci ou cela.

L’important désormais est seulement d’ouvrir un espace.

D’ouvrir un champ qui préserve ou nous donne l’illusion de préserver

Nos libertés.


Un jour j’irai vous attendre.

Je me fous pas mal de savoir si vous viendrez.

Moi, je serai là.

J’aurai mis dans ma poche des provisions de poèmes.

J’aurai rasé les murs pour éviter les pièges tendus.

Peu m’importe que vous soyez là ou pas.

Mes mots eux danseront à l’ombre du grand chêne.

Mes mots voleront sous la canopée brillante du printemps.

Il faudra apprendre à tourner le dos à ce monde.

Y glisser avec sourire facétieux quelques gouttes de poésie.

Pour en gripper les rouages sournois.

Un monde qui laisse des humains crever devant sa porte.

Un monde qui ferme portes et fenêtres au nez de sa jeunesse.

Ce monde là ne mérite aucune attention particulière.

Il est tout simplement à rayer de la carte et de l’histoire.

Celle que nous avons à écrire a le coeur qui palpite. 

Celle que nous écrirons à des lèvres ardentes.

Elle brandit la mémoire des damnés dont nous sommes.

Elle n’attend rien de personne.

Elle vit déjà dans un baiser interdit échangé sous l’oeil des caméras obscures.


Xavier Lainé


17 avril 2021


vendredi 28 mai 2021

Briser les murs/Recoudre les morceaux

 




Je passe mes journées à recoudre les morceaux.

Morceaux de vies, de corps, démantelés à la scie des profits.

Chaque jour, c’est ainsi : vous entrez.

Chaque jour vous me dites vos douleurs.

Je vous parle de vos labeurs, de vos soumissions involontaires à un ordre de la douleur.

Car l’ordre et l’immobilité sont contraires au mouvement de la vie.


Je passe mes journées enfermées.

Un jour je vous recevrai au pied d’un arbre, au milieu d’une clairière.

Je vous préparerai un nid de feuille où déposer vos chagrins et vos angoisses.

Vous fermerez les yeux pour écouter la vibration de la terre, le chant des oiseaux et du vent dans les feuillages du printemps.

Mes mains vous inviteront à vous déposer un peu plus.

Vous découvrirez toute la diversité de votre être en lien avec les roches, l’humus et les racines.

Vous participerez, presque immobiles, là, au mouvement de la vie qui est celui de laTerre.

C’est lui qui ira au-delà de notre présence, qui poursuivra sa route quand nous ne serons plus.


Un jour je briserai les murs de nos propriétés privées de tout.

Privées d’amour et de soupirs, elles nous imposent des chaines d’aveuglement.

En les défendant nous croyons nous protéger.

Ce ne sont que prisons, parfois dorées, j’en conviens, sans barreaux, certes, mais qui nous créent obligations d’être rentables pour en payer le prix.

Un jour j’ouvrirai ma porte aux errants de passage et nous initirons une ode à la vie qui est bien plus que nos conventions prétendues sociales.


Xavier Lainé


16 avril 2021


jeudi 27 mai 2021

Etendard de la parole

 




C’est parfois très confus, assez opaque et ça se noie.

Ça boit la tasse dans un océan de révolte.

Ça crie contre des hommes qui ne sont qu’avatars.

Qui sont dignes représentants d’un monde.

D’un monde qui n’est pas celui du commun.


Dans le monde commun, on ne se marche pas dessus.

On ne devrait pas, même pour gagner une place.

Une place dans un univers bien trop grand.

Une place dans un spectacle sans scène ni coulisses.

Un spectacle dont nous sommes les acteurs.


Bien piètres acteurs car non convaincus d’en être.

À grand coup d’écrans, nous voici passifs.

Passifs devant les évènements d’un monde

Dont nous ne savons plus distinguer ce qu’il est.

Ce qui relève de sa réalité ou de sa fiction.


Ça les arrange, cette immense majorité passive.

Ça leur convient que, trop fatigué pour penser,

Je sois là, las, sur mon canapé, à ingurgiter

Absurdes discours, absconses pensées, idioties.

Je ne sais plus très bien comment dire.


Alors j’écris pour ne pas me taire tout à fait.

Les pages sont ma barricade imprenable.

Ils ne peuvent m’en empêcher, d’écrire.

D’écrire mes pensées confuses, mes ressentiments.

D’inscrire sur la toile, des mots qui dénoncent.

Des mots qui invitent à prendre, chacun , son tour de parole.


Xavier Lainé


2 avril 2021



mercredi 26 mai 2021

Indignité nationale

 




L’homme de la Bidassoa a retrouvé un nom.

Car il y a encore des écrivains qui ne restent pas dans leur tour d’ivoire.

Il y en a qui cherchent et soutiennent.

Il y en a, pas beaucoup, qui se battent, n’acceptent pas comme une fatalité les crimes commis à nos frontières.


Pour un qui retrouve son nom, combien de morts pour rien ?

Faut-il que j’ajoute les tragédies du travail, celles de la misère, celles des crimes de guerre ?

Faut-il ?


Pas envie de jouer à longueur d’antenne, comme tant, avec l’angoisse et la peur.

Je voudrais jouer avec la nécessité de renverser l’ordre des choses.

Que, la longue liste étant révélatrice des crimes d’un système, nous apprenions à sortir du déni.


Le plus étrange est que non, il ne semble pas que vous soyez dans cette disposition là.

Plus s’approche l’heure des comptes et plus vous allez, affolés, vers le précipice.

Quels mots faudrait-il crier pour que s’arrête cette course ?


L’homme de la Bidassoa a retrouvé un nom, donc une dignité.

C’est au nom de cette dignité que tant d’hommes, de femmes, d’enfants fuient.

L’indignité est là, sous nos yeux, dans l’indifférence commune et la stigmatisation médiatique.

On s’alarme un peu partout du fascisme rampant qui, insidieusement, nous gagne. Il n’y a qu’ici qu’on regarde ailleurs.


Xavier Lainé


26 mai 2021