dimanche 11 octobre 2026

Dès l’aube larmes bues 24

 



-24-


Comme des porcs ou des salauds

Nulle excuse pour ceux qui se croient en haut

Et se comporte ainsi

Comme des porcs et des salauds


Comme des porcs

C’est une insulte pour les cochons

Qui eux ne demandent

Comme nous autres

Qu’on dit être d’en bas

En bas de l’échelle

Mais si on le renverse

Voici que les salauds d’en haut

Se retrouvent cul par dessus tête

Tandis que les autres 

Que feront-ils les autres

Tellement habitués à jouer

Comme ceux d’en haut

Au risque de rendre la vie plus dure


On ne construit rien

En pays qui se vautre 

Qui accepte toutes les compromissions

Pour grappiller quelques minutes de survie


On ne construit rien

Lorsque chacun ne roule 

Que pour lui-même

Et refuse toute critique

Exclut ceux qui ne marchent pas

Au pas cadencé de cette histoire

Sordide histoire qui fait d’un pays

L’ombre de lui-même



Xavier Lainé

24 août 2026


samedi 10 octobre 2026

Dès l’aube larmes bues 23

 


-23-


Il te prend de rêver

Quitter les rives assommées

Tout vendre et prendre le large

Aller voir ailleurs

Non si l’herbe y serait plus verte

Mais si la vie y serait plus respirable


Ici l’édile s’amuse

Il pédale

Il serre les mains princières

Il vante ses mérites

En selfies autogérés

Il est l’élu


Toi

Pour ne pas vomir

Tu rêves de prendre le large

De quitter région inhospitalière

Livrée aux griffes financières

Voraces individus

Pour qui tout s’achète et se vend

Sans âme ni raison


Tandis qu’en trottoirs assommés

Une foule brille par son absence

Qu’on te somme de ne pas faire d’effort

En temps caniculaire

Un troupeau cycliste court

Sous la protection des agents 

On leur fait place nette

Pour qu’un public absent

Regarde peloton passer

Comme vaches les trains



Xavier Lainé

23 août 2026


vendredi 9 octobre 2026

Dès l’aube larmes bues 22

 


-22-


Y aurait-il vie

Vraie vie

En lieux troublés


Ici et là

On chasse

On tire

On agonise


Il faut sortir

Passer les frontières

Pour découvrir vie autre

Que celle-ci

En pays replié sur lui-même

Pays qui ne sait plus

Vivre


Alors juste de l’autre coté

Tu peux errer au milieu des forêts préservées

Tandis qu’ici on arrose

On aplanit

On arrache

On se plaint de la chaleur

Sur bitumes et bétons multipliés


Ailleurs

Tu découvres le goût des autres

Pour une nature préservée

Où l’homme n’est qu’un invité

Vivant parmi d’autres vivants


Il suffit de franchir

La barrière des préjugés



Xavier Lainé

23 août 2026 (1)


jeudi 8 octobre 2026

Dès l’aube larmes bues 21

 


-21-


Puis plonger dans les bras de l’histoire

Chercher dans les rues et ruelles

Les traces d’un passé tiraillé

Entre ici et ailleurs

Entre deux identités

Deux langues

Danser d’un pied sur l’autre

Écouter


Écouter ces histoires

Que disent les mots à demi prononcés

Qui disent tout ou rien

Qui ne disent qu’à la condition

De savoir entendre 

Entre les mots dits

Maudits mots sans prétention

Ce que l’histoire a laissé

Comme empreinte indélébile

Au coeur des vies brisées


Ce que disent les vies éclatées

D’enfances en souffrance

De tortures infligées

Qui n’en avaient pas l’allure

Mais en portaient le sens

Laissant au fond du coeur 

La morsure de ne savoir

Comment exister


Vies brisées d’hier et d’aujourd’hui

Se rejoignent en gigantesque chaos

En chemins égarés et hagards

De n’avoir pas été assez aimés



Xavier Lainé

21 août 2026


mercredi 7 octobre 2026

Dès l’aube larmes bues 20

 



-20-


C’est un peu comme si

Comme si tout un pays 

S’était mis à vivre à regret


Regret de ce qui fut

D’un temps révolu

D’une époque oubliée

Où la vie aurait été autre

Peut-être même meilleure


C’est un peu comme si

Comme si tout un pays

Se mettait à vivre avec regrets


Regrets d’une industrie disparue

D’un temps où travailler 

Était à portée de pas

Alors que désormais

Il faut faire cent kilomètre chaque jour

Pour aller travailler là-bas

De l’autre coté de la frontière

Pour un salaire meilleur certes

Mais avec si peu de temps de vivre

Qu’on se met à regretter


C’est un peu comme si

Comme si tout un pays

Pleurait un temps qui n’est plus


Les mots disent 

Ce que les yeux voient

Quelque chose d’un abandon

D’une impuissance fatale



Xavier Lainé

20 août 2026