dimanche 1 février 2026

Écrire pour ne pas vendre ton âme 16

 





Je reste là sous les nuées grises

Avec vague à l’âme 

Ils tirent


Ils tirent

Les aveuglés de haine

Les convaincus d’avoir raison

Con-vaincus débordant d’inhumanité

Ils tirent


Ils tirent

Aveuglés d’un temps qui ne sait

À quel tyran dévouer ses peines

Tandis que vont courbés

Ceux qui n’osent plus rien dire

De peur des coups et plaies

Qui tombent sur quiconque

Élève parole contraire


Il tirent

Un seul se lève 

Tente d’arrêter le bras des assassins

Mais ici on en tait le nom

Il n’est pas du bon bord de l’humanité

Du bord blanc pur

Du bord de bonne religion

Il se contente d’être humain

D’agir en humain

Il a tort

Aux yeux de ceux qui se taisent

De ceux qui crient haro

Sur toute personne qui se lève

Contre les tragédies orchestrées



Xavier Lainé

16 décembre 2025


samedi 31 janvier 2026

Écrire pour ne pas vendre ton âme 15

 





Je puise à la source

Aux sources multiples

Où chacun qui y va de son ouvrage

Construit un patrimoine commun

Une oeuvre illimitée

Toujours inachevée


Un livre puis un autre

Chacun nourrissant le suivant

Dans une spirale continue

De connaissances à découvrir


Elle est là

La véritable fortune de notre humanité

Dans ce foisonnement d’oeuvres

Qui chacune sublime une langue

La donne en partage

En aide une autre à grandir


Elle est là notre humanité

Celle que les monstres blessent

À grand coup de guerres et de mensonges

Elle se révèle dans chaque oeuvre

Dans chaque langue

Qui n’existe qu’au contact d’une autre

Dans une ronde infinie


C’est ce que craignent le plus

Les étroits esprits nationalistes

Immobiles derrière leurs frontières

Voyant de l’autre côté ennemis fantasmés

Car il n’est pas d’humain sans échange et partage

Pas d’humanité sans cosmopolitisme de la pensée



Xavier Lainé

15 décembre 2025


vendredi 30 janvier 2026

Écrire pour ne pas vendre ton âme 14

 





Faut avoir le courage de dire non

De dire ça suffit

De ne plus supporter

Qu’hommes se conduisent

Comme animaux en rut


Faut avoir le courage de rejeter

Le monde masculin

Qui montre ses muscles et son sexe

En symbole de fortune et de richesse

Multipliant guerres et violences


Je dis que j’en ai marre

Marre qu’il ne se passe pas de semaine

Sans qu’un de mes congénères tue

Sinon sa compagne ou ses enfants

L’autre le différent 

Qu’ils voient comme ennemis


Je dis que ça suffit

Qu’homme avec mes propres faiblesses

Je refuse de faire profil bas

Et de me taire devant l’absurde spectacle

D’hommes avinés méprisant leurs compagnes

Violentant les enfants

En particulier leurs filles



Je dis que j’en ai marre de vivre en ce monde glauque

En ce monde qui se tait et jamais ne condamne

La violence faite aux femmes et aux enfants

Qui justifie les génocides sans argument

Juste par un silence complice



Xavier Lainé

14 décembre 2025


jeudi 29 janvier 2026

Écrire pour ne pas vendre ton âme 13

 





Il faut écrire

Encore et encore

Dénoncer l’inadmissible

Les conditions inhumaines

Les tortures infligées


Il faut danser 

Chanter 

Pour dire l’inacceptable

Non pour glorifier les guerres

Mais pour les condamner à jamais


Il faut écrire

Danser et chanter

Sous ou à distance

Des bombes et des charniers

Clamer à voix haute

Que toute guerre est injustifiée

Qui blesse notre humanité


Il faut écrire

Entre et encore

Ne jamais baisser la garde

S’engager en devoir de vigilance

Quand sans état d’âme

Des inhumains tuent des enfants d’humains

Froidement et sans mesurer

La blessure qu’ils infligent

À l’idée même de notre humanité commune


Il faut écrire

Jamais ne m’arrêterai

Tant que souffle de vie me serra accordé



Xavier Lainé

13 décembre 2025


mercredi 28 janvier 2026

Écrire pour ne pas vendre ton âme 12

 





J’hésite

Je reste sur le seuil

Je regarde et j’écoute


Tant de bruits

Tant d’invectives

Tant d’insultes

Pleuvent


Dès qu’un mot est prononcé

Qui ne va pas dans le sens du courant

Dès qu’une phrase dénonce 

Dès qu’un propos fait un pas de côté

Y répondent bruits invectives et insultes

Quand encore le « fauteur de trouble »

Qui vient semer quelques paniques

Dans la pensée unique 

Ne se retrouve pas menotté

Traduit en simple justice

Tenu en garde à vue


Car les mots ont un pouvoir

C’est au moins ça qu’ils reconnaissent

Les ignares qui ne cessent de condamner

Sans rien savoir de ce qu’ils condamnent

Sans même chercher 

Moindre argument fondé


Ils condamnent

Ils ne cessent de condamner

Il trahissent ainsi leur connivence

Avec les criminels de guerre

Laissé libres de leurs mouvements



Xavier Lainé

12 décembre 2025