jeudi 11 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 25

 





À Georges Ibrahim Abdallah


Il faut le dire et l’affirmer

Si le capitalisme porte la guerre

Comme la nuée porte l’orage

Son acte de naissance

Baigne dans le sang des autochtones d’Amérique


Il faut le dire et le clamer

Car les preuves sont là

Écrites dans l’histoire

Dans la longue liste des sacrifiés

Sur l’autel des saints profits

Qu’avec la bénédiction des églises

Les profiteurs aux dents longues

Ont allongé à l’infini de nos peines


Il faut le dire et le clamer

Ce monde-ci

Leur monde

Ne peut survivre que dans l’exploitation

Toujours plus sanglante

D’une humanité dont ils n’ont que faire


Il faut le dire et le clamer

L’écrire et le divulguer

À longueur de pages

Leur monde n’existe qu’en assassinant

Toute culture qui n’est pas la leur

Ils baignent dans le génocide

Il leur suffit d’être blancs et riches

Pour coloniser tous les espaces

Où dorment les cadavres autochtones




Xavier Lainé

25 octobre 2025


mercredi 10 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 24

 





Nous vivons ici aux portes de l’enfer

Là-bas ils y sont en enfer

Ils se demandent juste quand la mort va venir

Pour les libérer de leur prison à ciel ouvert


Les portes de l’enfer sont ici ouvertes

Par ceux qui font semblant de s’intéresser

À ceux qui y sont

En enfer

Et se demandent s’ils vont en sortir

Morts ou vivants


Car pendant qu’ils prennent mines compassées

Font vibrants discours

Juste devant leur porte

On va bientôt mourir de froid 

Dans les rues bien propres 

D’où les bancs ont disparu

Histoire d’empêcher les sans abris

D’y dormir en attendant l’enfer


Ce que j’ai vu

Ce que je vois

Ce que j’écoute et entend

C’est cette sourde résignation devant l’enfer

C’est aussi parfois quelques flammèches de révolte

Que les pompiers pyromanes auto-proclamés élites

Engagés en politique hors-sol

Viennent vite éteindre à grands coups de discours

Qui disent tout et son contraire


Et pendant qu’ils parlent

Les oppresseurs se marrent



Xavier Lainé

24 octobre 2025


mardi 9 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 23

 




Domination à la source

Puis croyances erronées à la suite

Ainsi vont les humains

Lorsqu’il se laissent enfermer

Dans leur espèce


Domination à la source

Croyances erronées à la suite

Raison ici erreur au-delà

Ainsi vont les esprits dérangés

Rongés par les mythes

D’une supériorité de couleur


Domination à la source

Croyances erronées à la suite

La force établie en règle

Contre les subtilités de l’amour

Ainsi vont les humains masculins

Convaincus que leur genre

Se doit de dominer 


Domination à la source

Croyances erronées à la suite

Nous voici sur l’arche de la Terre

Perdus dans l’océan de l’univers

Incertains qu’ailleurs puisse être vie

Dont nous pourrions partager 

Les fragilités hors des dogmes


Non

Ce que cherchent les humains

Ne semble pas relever de leur humanité

Mais de leur volonté farouche de vaincre



Xavier Lainé

23 octobre 2025


lundi 8 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 22

 





Je joue et ne joue pas

Je piétine

Je sais sans trop savoir

Je cherche


Ce qui se joue en ce monde

Qui prend racine dans des comportements

Dans des histoires ancestrales

Qui parfois nous servent ou ne nous servent pas

De boussole sur ces chemins étroits

Qui nous mènent dans des pas d’humains

Ou nous en détournent


Je joue et ne joue pas

Je piétine

Je sais sans trop savoir

Je cherche


J’hésite à coucher mes mots

Sur la page trop blanche pour être vraie

Je les jette ici en troupeaux qui avancent

Parmi les ruines où sont enterrées

Nos mémoires d’humanité

Avant qu’elles ne soient déchues


Je joue et ne joue pas

Je piétine

Je sais sans trop savoir

Je cherche


Une page d’un livre me sert d’indicateur

Sur le chemin vertigineux

Où il me faut avancer



Xavier Lainé

22 octobre 2025


dimanche 7 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 21

 





J’ai éteins

J’ai éteins la radio

Je fuis la télé

Trop de parti pris

Trop 

Me sens souillé

Insulté

Maltraité

Même quand ceux qui parlent

Se prétendent de culture

Qu’ils assistent à un génocide

Mais lui trouvent des circonstances atténuantes

Dans d’autres actes criminels

Dont ce monde est coutumier

Sans rien remettre en cause 

En fermant les yeux

Moi je me bouche le nez

Leur complicité sent trop mauvais

Pour que je m’attarde à les écouter encore


J’ai éteins

J’ai éteins la radio

Je fuis la télé

Pour ne pas vomir

Devant cet abominable spectacle

Dont l’histoire finira bien par dire

En quel enfer il nous aura projeté

Intellectuels toujours du côté du manche

Courtisans des puissants

Sourds aux cris des opprimés

Aveugles aux plaies ouvertes 

De notre humanité en lambeaux

Au fond de moi la colère



Xavier Lainé

21 octobre 2025


samedi 6 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 20

 





Ainsi ce n’était que poudre aux yeux, fumée vite emportée par les vents mauvais de la domination coloniale.

Comme c’est coutume en « civilisation » mâle coloniale, on signe accord de paix sur le dos de l’autre, celui qui n’a pas la même couleur de peau, pas la même religion, pas les mêmes modes de vie.

Puis l’accord signé, on s’en lave les mains.

Les Ponce Pilate moderne sont des monstres qui non contents de réduire leurs propres peuples à la misère ne savent que détruire ce qui est l’essence même du vivant.

Mais que feront-ils lorsqu’ils auront tout démoli ?

Ces gens d’argent incapables de cultiver la terre, ignorants des racines même de la vie sur notre planète, assoiffés de pouvoir et d’argent, ne savent rien de ce qui nous construit en humanité.

Il faut qu’ils dominent, d’une intelligence pas plus fine que les Romains d’autre fois qui ne voyaient que barbares à leurs frontières.

Il leur faut toujours plus de richesse sans partage, et désormais usent des « intelligences artificielles » qu’ils ont créées pour poursuivre leurs basses oeuvres de destruction.

C’est pure folie.

Nombre d’humains en prennent conscience mais se sentent impuissants devant ces fauteurs de trouble calfeutrés dans leurs palais, derrière les grilles de leurs sites protégés surveillés par des caméras.

Peut-être pourrions-nous agir comme le firent les Aztèques : ne plus leur payer la moindre obole, cesser de leur livrer la moindre nourriture qu’ils n’ont pas cultivée eux-mêmes. 

Ce serait leur rendre oeil pour oeil dent pour dent et appliquer la loi du talion qu’ils imposent aux plus faibles, à tous ceux qui s’opposent à leurs visions d’un progrès criminel.

Car outre se comporter en criminels passant à l’acte ou agissant en complices, ces gens là ne supportent aucune opposition.

C’est en cela que leur système néo-libéral est une forme moderne du fascisme d’hier.

Notre humanisme nous interdit de leur appliquer ce qu’ils nous imposent.



Xavier Lainé

20 octobre 2025