lundi 18 août 2025

Égarés nous sommes 3

 





Bras ouverts pour folle étreinte

Voilà où nous serions humains

Pour de bon


Bras ouverts coeur bondissant

Nous saurions éloigner

Les spectres de toutes violences


Bras ouverts esprits apaisés

Nous ouvririons le chemin

Mains tendues vers ceux qui souffrent


Bras ouverts esprits en éruption

Nous inventerions l’art

De soigner monde en proie

Aux assassines pensées coloniales


Car il faudrait en finir

Avec cette idée de la suprématie

De l’homme sur la nature

Des hommes sur les femmes

Des occidentaux blancs

Sur tout ce qui a couleur de peau

Philosophie de vie

Spiritualité différentes


C’est lorsque les bras s’ouvrent

Pour une amicale ou amoureuse étreinte

Que leur monde criminel

Tremble sur ses bases



Xavier Lainé

3 juillet 2025



dimanche 17 août 2025

Égarés nous sommes 2

 





De nuées d’orage

En éclairs cinglants

Demeure en arrière plan

L’énigme d’une planète

La nôtre

Si vivante

Qu’elle saurait se défaire

Des vies qui lui pèsent


De nuées d’orage

En éclairs cinglants

Pluie frappant

Au carreau de nos vies

Avant de s’éteindre

En brumes légères


Au crépuscule des nuées

Une lune hésite

Sur le seuil de la nuit

À déposer son sourire

Tandis que dans l’ombre du silence

Vont âmes sinistres

Accomplir tristes besognes

Sur âmes meurtries

Qui ne demandaient qu’à vivre



Xavier Lainé

2 juillet 2025


samedi 16 août 2025

Égarés nous sommes 1

 






Oriflamme arc-en-ciel à la fenêtre

Ouverte sur le ciel ardent

Juste avant que trop chaud

Je laisserai mes mots s’envoler

Ils iront où bon leur sied

Clamant paroles d’amour

Au milieu des désastres


Oriflamme arc-en-ciel à la fenêtre

Les yeux levés pour regarder plus loin

Plus haut que ruines semées

Oreilles bruissantes de cris

Tandis qu’ici on fait comme si

Tant ne sont plus que clameurs


Oriflamme arc-en-ciel à la fenêtre

Mots laborieux à trouver

Tant misère obsède

M’en vais puiser 

Tout au fond de l’âme

Force d’aimer

De porter secours

Mots qui soient baumes

À déposer sur plaies du monde


Plume attentive

Mots comme lames

Pour débroussailler chemins

Où trop de barrières se posent

Se ferment sur vains espoirs


Je me tais

Dans l’ombre brûlante du temps



Xavier Lainé

1er juillet 2025


vendredi 15 août 2025

Que sont poètes devenus 30

 





Ce que nous disent les apocalypses

De l’étendue de nos méconnaissances


C’est sûr c’est plus facile

D’éviter les questions

Pour esquiver les responsabilités


C’est un jour si chaud

Qu’il devient délicat de noircir la page


Nous savions que ça allait venir

Nous avons fait comme si

Nous avons regardé ailleurs


Nous savons donc notre espèce en danger

Est-ce raison pour fuir en avant

Meurtrir un peu plus notre vaisseau cosmique

Nous entretuer tous sans remords


Nous savons 

Parce que ça se voit

Comme nez au milieu de la figure

Le mur est là dressé devant nous

Nous fonçons tête baissée

Le pied sur l’accélérateur


C’est un trente juin de lassitude

Un trente juin profondément meurtri

De n’avoir cessé de dire et répété

À longueur de poèmes

La responsabilité qui nous incombe

Il n’est jamais trop tard

Sauf que les plus fragiles vont payer le prix fort



Xavier Lainé

30 juin 2025


jeudi 14 août 2025

Que sont poètes devenus 29

 





C’est une si longue histoire qu’elle en défie nos mémoires

Pourtant on pourrait se rappeler Rome et son Empire

Qui inspira la chrétienté jusqu’à l’orgie de pouvoirs


On pourrait se rappeler ce qu’au nom d’un dogme christique

On fit à tout mécréant qui tentait de s’opposer à la domination

Tortures et buchers où se consumèrent âmes innocentes


On pourrait se rappeler qu’il n’y eut point de sabre sans goupillon

Point d’assassinats commis sans l’absolution de l’église

Point de colonisation de génocide ou de nettoyage ethnique

Sans prêtres psalmodiants mantras pour le sauvetage d’âmes

Qui ne demandaient qu’à vivre selon leurs us et coutumes


On pourrait

On devrait se rappeler dans quel sang 

Baigna l’origine de ce qu’on nous fit prendre pour civilisation

Qui ne fut que meurtres à répétition 

Misères répandues au nom d’un Dieu

Masque posé sur la soif éternelle de profits sans mesure


On devrait apprendre à nos enfants

Que ce monde n’est pas du confort dont il se pare

Qu’il n’est qu’une abomination sans cesse commise

Pour qu’une poignée d’inhumains baignent dans le luxe


Les guerres d’aujourd’hui sont les héritières de ce creuset

Qui considérait l’autre au nom de sa couleur de peau

Au nom de sa croyance divergente de la nôtre

Comme un barbare à qui il fallait apprendre la civilisation

En se taisant sur le sang répandu

Les guerres d’aujourd’hui se fondent dans ce même esprit colonial

Qui ne cesse depuis l’origine de tuer la vie sur cette terre



Xavier Lainé

29 juin 2025