jeudi 19 juin 2025

Un trou béant en plein coeur 4

 





Ce qu’il te faut d’amour

Pour écrire sous la pluie

Chaque jour qui te vois

Un peu plus vieux


Ce qu’il te faut d’amour

Qui dans ta tête tourne

À t’en donner le tournis

À t’en emporter l’âme


Ce qu’il te faut d’amour

De folle étreinte les yeux fermés

Pour mieux déguster le fou moment

Où un je t’aime se glisse

Dans ton oreille attentive


Ce qu’il te faut d’amour

Resté en suspend sur la margelle

D’un jour ou d’une nuit

Où les mains se cherchent


Ce qu’il te faut d’amour

Dont tu ne connais la cause

Sinon qu’il se chuchote 

Aux oreilles d’un destin

Que tu crois révolu


Ce qu’il te faut d’amour

Un jour un peu pluvieux

Qui te donnerai l’espoir

D’une jeunesse jamais perdue

Aux lèvres qui chuchotent



Xavier Lainé

4 mai 2025


mercredi 18 juin 2025

Un trou béant en plein coeur 3

 





Je suis resté là

Attablé et silencieux

Qu’attendre d’autre 

Sinon la petite musique des mots

Qui pour un jour tardent à venir

Tirent leur flemme dans cerveau pesant


Je suis resté là

Attablé et silencieux

Accablé aussi 

Voire même atterré


Il est dur le chant du monde

Lorsque tant d’êtres souffrent

Il est dur


Je cherche refuge

Entre les pages d’innombrables ouvrages

Qui me font hésiter sur le seuil de la page


Dehors est un jour blanc

De nuées qui ne savent que faire

S’ourlent parfois de gris sombre

Lâchent trois larmes froides

Qui se dessèchent aussitôt


Mon âme erre le long d’avenues en travaux

Traverse les places défoncées

Sous le poids d’ambitions inhumaines


Gaza n’est pas si loin d’ici

Pourtant le silence se fait pesant

Sur le sang répandu



Xavier Lainé

3 mai 2025


mardi 17 juin 2025

Un trou béant en plein coeur 2

 





On dirait malin plaisir

À rendre vie insupportable

À grands coups de gueule

Qui ne se fondent sur rien

Car les responsabilités

Ne sont pas là


On dirait malin plaisir

À attendre que quelque chose vienne

Sans lutte ni revendication

Alors que tout le monde sait

À moins d’être particulièrement ignorant

Que rien ne s’obtient sans lutte


On dirait malin plaisir

À creuser la tombe qui nous attend

Pour n’avoir rien changé à nos modes de vie

Quand la terre dans un souffle brulant

Attise les incendies inévitables


On y croit pas 

Mais un jour le vent tourne

Le retour de manivelle

Brise le poignet qui la tenait

L’histoire suit son cours

À grands coups de cataclysme

Et de conflits par mufle hideux

Attisés chaque jour un peu plus


Car que croyez-vous qui peut jaillir

Lorsque tant d’humains sont réduits

À mendier pitié sous les décombres

Sinon violence pire que violence initiale



Xavier Lainé

2 mai 2025


lundi 16 juin 2025

Un trou béant en plein coeur 1

 





Tout le monde y va de son brin de muguet (héritage de Pétain), alors moi non, et si en allant manifester je trouve une fleur d'églantine, je renouerai avec l'histoire.


Renouer avec l’histoire

Avec le sens des luttes 

Dont le présent porte en son sein

Les résultats dont tout un chacun

Bercé de l’illusion du commerce

Semble se foutre éperdument


Certes il faut faire la liste

Des désastres amorcés

De ceux annoncés

Mais qu’attendre d’autre 

Des thuriféraires du capitalisme

Ou qui en sont les suppôts

Qu’attendre d’autre 

Que cette destruction systématique

De tout ce qui se nomme

Solidarité égalité fraternité


Il sont là 

Ils se cachent à peine 

Pour exaucer les voeux 

De cette lie de l’humanité

Qui se gave et se vautre

Aux lupanars des profits


Il ne s’agit pas de muguet

Il s’agit de fleurs rouges

Du sang versé

Pour qu’humanité soit debout



Xavier Lainé

1er mai 2025


dimanche 15 juin 2025

Pas Marché 30

 





De quoi je parle

À quoi je pense 

À quels mots me fier 

Qui cultive l’honnêteté et la probité

Non comme une rigidité pathologique

Mais comme une somptueuse ouverture


Mots ouverts comme les bras

Mots qui se referment sur le partage vrai

Mots comme bras qui accueillent 

La parole de l’autre

Sans jugement 


Et puis le coeur qui se serre

Lorsque la vie terrible se dit

Que la souffrance vient comme un long filet

Qui emberlificote et contraint

La vie à n’être que son semblant


Ô femmes soumises à cette domination

Hommes inconscients de la haine attisée

Lorsque violence s’en prend à ce qui semble faiblesse

N’est en réalité que sensibilité nécessaire

À notre survie en tant qu’humains


Me voilà témoin

De ce que les individus de mon genre

Sont capables de commettre

Pour la seule satisfaction aveugle

De leurs fantasmes sans limites


Et moi 

Ne suis-je pas comme eux ?



Xavier Lainé

30 avril 2025