samedi 10 mai 2025

Mâles ruines 25

 





C’est encore domination

Que d’y aller de ses sentences

Prétendant à sagesse

Sans ancrage aux profondeurs


C’est encore domination

Que prétention à prendre par la main

Plus faible que soi

Pour le guider vers vérités extérieures


C’est toujours domination

Que se poser en détenteur de sagesse

D’écrire jolies phrases bien tournées

Qu’âme sensible mais perdue

Prend pour guide sur chemin étranger


On peut égrener les mantras

En faire poèmes essentiels

Les mots n’ont de vérité

Que pour celui ou celle qui les émet


Car il n’est point de sauveur

Suprême ou prétendu subtil

Ne sont que chemins à explorer

Seul ou en se tenant par la main

Pour ne pas plonger dans le vide

Ouvert sous nos pieds


Poèmes ne sont pas guides

Ils ne sont que balises sur la voie étroite

Qui conduit humains à marcher ensemble

Non du même pas mais riches de diversité

Dans la recherche du bien commun



Xavier Lainé

25 mars 2025


vendredi 9 mai 2025

Mâles ruines 24

 





Les mêmes en leur haute arrogance

Manipulent les mots 

Les vident de tout sens


Le mot démocratie par exemple

Ils trouvent le moyen d’y faire croire

Mais il a perdu toute substance

Tant il est l’objet de leurs manipulations


Ainsi vont les puissants

Qu’ils contraignent à la servitude

Pour mieux conforter leur pouvoir


« Il y a dans les gares

Ceux qui réussissent 

Et ceux qui ne sont rien »


Les voici qui poussent leur cynisme

Jusqu’à dire au grand jour 

Le fond de leur pensée


« Ceux qui réussissent

Ceux qui ne sont rien »


Mépris à tous les étages

Que bien évidemment leurs serviteurs zélés

Chiens de garde de leur domaine protégé

Se gardent bien de répéter

Alors qu’inlassablement

Ils insistent lourdement

Pour travestir tout propos contraire

Aux dogmes des arrogants possédants



Xavier Lainé

24 mars 2025


jeudi 8 mai 2025

Mâles ruines 23

 





Vous ne m’aurez pas en me faisant peur

En venant avec superbe me dire vos vérités

Sans rien approfondir du malaise


Car c’est encore domination 

Qui surgit derrière les mots durs

Prononcés par dépit


Certes on pourrait rêver immense humanité

Défilant par les rues contre la bête immonde

Installée confortablement dans chacun de nos salons

Dans le culte d’un individualisme forcené

Bu au biberon d’un système né dans l’arrogance du racisme


Mais voilà que je me fait engueuler

De n’avoir pas été là et je m’en veux

Mais de quel dialogue serait nourri la rencontre

Sinon de dire et répéter les éternels mantras

Pendant qu’indirectement et par étrange soumission

On va faire ses courses dans les temples 

D’un commerce inéquitable et soumis 

Aux lois d’un marché colonial


C’est chaque jour amis qu’il faut extirper le ver

Dans le fruit trop mûr d’un système qui enfume

Qui pervertit toute pensée et toute parole

Système qui ne dit rien de la domination 

Qui est au fondement de sa naissance


Pas un jour sans manifester ma nausée

Pas un jour sans être blessé par tant de haine

Derrière certains mots qui venus de haut

Prétendent que c’est l’autre

L’étranger qui est à la source de nos problèmes


Pas un jour sans recevoir en direct

Les discours abjects qui interdisent 

Qui broient toute parole contraire

Sur les ondes d’infamies subventionnées

Par nos impôts 


Pas un jour où parce que je dis 

Ce que l’histoire m’apprend

Sur les nuances nécessaires

À une vision du monde en couleurs

Et non dans ce noir et blanc

Qui dresse des frontières entre nous


Pas un jour sans blessure

D’avoir écrit ici et partout

Sur les murs trop propre

D’un monde policé et soumis

Qu’il serait l’heure de nous affranchir

De cet esprit de domination

Qui nous fait hommes contre femmes

Blancs contre noirs ou métis

Catholiques contre musulmans ou juifs


Pas un jour sans brandir l’étendard d’humanité

La banderole de poésie qui nous façonne humains`

Dans la diversité de ce que nous sommes


J’écrivais le colonialisme du sionisme

Mais si je me retourne vers la religion imposée à ma naissance

Que vois-je sinon inquisitions et condamnations

Buchers et tortures infligées

Au nom d’une « vraie foi »

Que vois-je sinon sabres et goupillons

Défilant main dans la main sur les avenues

Où d’autres parfois sont mort pour nos libertés



Xavier Lainé

23 mars 2025


mercredi 7 mai 2025

Mâles ruines 22

 





Mais peut-être ne lirez-vous pas ces lignes

Car en ce pays dominé par la fange

On peut être condamné pour avoir dit

Qu’un crime commis en quelque nom que ce soit

En demeure un

Que les religions ont bon dos

Lorsqu’en leur nom on tue

On viole et on massacre


Peut-être serai-je comme tant d’autres condamné

Et ma voix se taira pour vous laisser dormir

Devant les insipides informations

Qui ne sont plus que déformation du temps

Qui ne vous expliquent rien

Pour que vous demeuriez terrés dans l’incompréhension

Qui justifie l’inaction et le déni


Si j’étais juif je n’accepterais pas

Qu’un gouvernement au nom de mes croyances

Procède par pur esprit colonial de domination

Au nettoyage ethnique d’un peuple et à son génocide

Comme beaucoup de cette religion

Je serais sidéré devant les pitoyables amalgames

Les tristes proclamation de soutien sans faille

À la violence absolue


Mais je ne suis pas juif

Je ne suis pas plus musulman

Et j’observe que ceux de la religion catholique

Qui m’a été imposée au berceau

Ne disent pas grand chose des massacres répétés

Qui ne dit mot consent

C’est ce consentement qui fait le lit du pire



Xavier Lainé

22 mars 2025


mardi 6 mai 2025

Mâles ruines 21

 





C’est un sommet d’horreur

Que ceux qui sont les descendants des suppliciés d’hier

Imposent à leurs voisins ce qu’eux-mêmes ont subi


Les morts se comptent par milliers

Les propos génocidaires ne se cachent plus

Le silence de nos pays est assourdissant


C’est un sommet d’horreur

Mais tellement dans la tradition capitaliste

Dont les fondements sont coloniaux et génocidaires

Que plus rien ne devrait nous étonner


Sauf l’horreur absolue

Qui plonge tout un peuple dans les décombres

C’est un massacre sous nos yeux

Imposé par dominants assoiffés de haine


Le réveil sera amer



Xavier Lainé

21 mars 2025