lundi 11 mars 2024

Debout au milieu du gué 16

 




C’est une grave erreur que d’attendre

Car rien ne vient

Rien n’est donné

En terrain mercantile


Ce qu’on te demande

C’est de la fermer

Ne pas penser surtout

Laisser ce soin

À ceux qui sont payés pour


Mais voilà


Ils sont payés pour

Mais leur pensée qui se prétend moderne

A l’odeur rance des vieilles recettes

Qui ne supportent aucune opposition


Ils sont payés pour

Sont même formés pour être payés pour

Ils sont terriblement ingénieux

Pour imaginer les contraintes

Capables de te rabaisser

À l’esclavage que tu refuses


Plus jamais ça 

Disions-nous

Mais ça est là sous nos yeux incrédules

Imposé par des gens formés pour être les gardiens fidèles

D’un système opaque

Tenu d’une main de fer 

Par ceux qui en tirent bénéfice


*


Qui suis-je à me plaindre

Qui suis-je à critiquer

Qui suis-je

Qui ne demande rien à personne

Qui voit le monde en son errance

Qui ne cueille pas la moindre fleur

Mais attend



Xavier Lainé

16 février 2024


dimanche 10 mars 2024

Debout au milieu du gué 15

 





Le nez en l’air

Il rêvassait

Dans ses rêves elle entrait

Pour ne plus le lâcher


Sait-on ce qui passe dans l’esprit 

D’un homme qui a aimé

Sait-on ce qui passe

Quand il s’est toujours retenu

D’avouer aimer

Pour ne pas être déçu

Pour ne pas froisser

Pour ne pas être comme tant d’autres


Le nez en l’air

Il rêvassait

Dans ses rêves elle entrait

Pour ne plus le lâcher


Pâle image défaite

Sur le champ de bataille de son histoire

Pâle apparition

Fugace illusion posée en arrière-plan

Beauté éphémère entrevue

Le temps d’en imprégner ses rêves


Le nez en l’air

Il rêvassait

Dans ses rêves elle entrait

Pour ne plus le lâcher



Xavier Lainé

15 février 2024


samedi 9 mars 2024

Debout au milieu du gué 14

 




Qu’importent droit ou non droit

C’est de vie qu’il s’agit


Le discours certes peut être docte

Il peut psalmodier un désir d’humanité

Mais qu’importent les mots

Si dans la vie l’enfer t’avale



Il paraît que c’est le jour

Des amoureux placés à l’honneur

Moi j’aimerais que l’amour

Rime avec toujours

Avec tous les jours


J’aimerais

Que l’amour soit entretenu

Comme une flamme 

Bien au-delà du jour dit


Mais peut-être je me trompe

En ces temps de façade

De farce et de masques

Que l’amour est cette chose

Qu’on célèbre un jour

Pour l’oublier le lendemain


Cette chose qui aura fait tourner

Le commerce de l’amour

Dans la corbeille des grands argentiers



Xavier Lainé

14 Février 2024


vendredi 8 mars 2024

Debout au milieu du gué 13

 




Rien ne va droit en pays bancal

Regardez et observez

Ces murs de vieilles pierres

À l’allure branlante

Mais qui tiennent depuis des siècles


Rien ne va droit en pays vivant

Car rien n’est rectiligne 

Si justement vivants sont


La vie va ainsi de son pas boiteux

Semer le trouble aux esprits étriqués


*


Même ma maison vue de face

A drôle d’allure

Avec ses fenêtres non alignées

(Comme les pays du même nom)

Et son crépi décrépi


C’est comme si elle signalait aux passants

Qu’ici vit un esprit aussi bancal que son allure

Incapable de marcher au pas cadencé

D’une époque où l’homme est entré en guerre

Contre lui-même


Lorsque le vent souffle

Sa toiture donne l’impression

De vouloir mettre les voiles


*


Le droit n’est pas droit

Il louvoie entre les intérêts contradictoires

Il n’est rien d’autre que l’expression d’un monde

Qui le façonne à sa mesure

Ou à sa démesure


Le droit n’est pas un droit

Il est au service que qui légifère

Ou du moins de qui de sa superbe domine

Ceux qui font les lois 

Au service de ceux qui tirent bénéfice

De l’iniquité des lois


Que peuple se soulève

On voit alors d’un coup le rideau se lever

Sur les malversations d’un pouvoir aux ordres

De qui possède la puissance de l’argent


Que peuple le décide

Le voilà qui pourrait faire ses lois

Rétablissant l’égalité devant elles

Contraignant les tricheurs et les escrocs

À rendre ce qui revient de droit

À peuple légitimement organisé


Je ne dis rien d’autre ici 

Que ce que d’autres bien avant moi

Ont bien mieux dit

Revenez

Revenez donc par exemple

Aux pensées d’un John Locke



Xavier Lainé

13 février 2024