samedi 6 mai 2023

Poésie/Tracts#14

 



Céleste-Lever de rideau/XL-Photographie



On peut toujours détourner le regard

Mais


Que faire de ce qui te traverse

À la vue de misère tremblante avant ta porte


On peut toujours


On peut toujours pousser en dehors de la ville

Ce que nos regards ne supportent pas de voir

Puis aller à la messe entre gens bien pensants

Histoire de recevoir la grâce divine


On peut toujours


On peut toujours danser jusqu’à l’aube

S’enivrer d’alcool du crépuscule à l’aurore

S’oublier dans le vertige du désir assouvi


On peut


On peut prétendre qu’il en a toujours été ainsi

Que rien ne changera en l’humain 

On peut avoir ce regard désabusé 

Qui contemple les guerres comme divines fatalités


On peut toujours

Vivre et construire des murs protecteurs

Se réfugier derrière des portails automatiques

Sous l’oeil de caméras à peine cachées


On peut (ou pas)













À quel monde participent nos indifférences ?


















Anonyme XXI


14 avril 2023


vendredi 5 mai 2023

Poésie/Tracts#13

 



Céleste-Lever de rideau/XL-Photographie




Tant de colère rentrée

Tant de larmes retenues

Sur les rives d’un monde

Qui te laisse sur le bord

Sans jamais te prendre par la main


Et puis


Si peu


Si peu de bras ouvert 

Pour accueillir ta colère

Pour recueillir tes larmes

Quand plus rien ne va


Si souvent


Si souvent te retrouve seul(e)

Contemplant le monde

Des lointains où tu demeures

Silencieu(ses)x avec le goût salé

De tes peines au bord des lèvres


Car


C’est ainsi 

C’est ainsi que les humains vivent

Désormais qu’à grands coups

Lui est entré dans la tête

Qu’il est un loup solitaire













Sais-tu que, chez les loups, le chef de meute prend toujours soin des autres et, qu’à défaut, il en est chassé ?












Anonyme XXI


13 avril 2023


jeudi 4 mai 2023

Poésie/Tracts#12

 



Céleste-Lever de rideau/XL-Photographie




C’est un temps de parole

Comme un fleuve

Qui ne tarit jamais

Un temps de paroles

Qui ne disent rien

Sinon jouer sur les mots

Surfer sur les idées

Nous perdre dans les méandres

D’un vide abyssal


C’est un temps de paroles vaines

De mots alignés

Comme bons petits soldats

Histoire de ne rien dire

De la vie en ses douleurs

Des nuages noirs

Accumulés sur nos têtes


C’est un temps de poésie vide

Qui parle de tout

Qui ne parle de rien

Qui ne parle que d’elle-même

Avec accents tragiques

Sur sa propre disparition


C’est un temps qui ne doit rien dire

Ne jamais prononcer mots qui fâchent

Ne pas appeler dictature ce qui y ressemble

Ne pas 

Ne pas















Y aurait-il encore parole possible, parole donnée, parole tenue ?












Anonyme XXI


12 avril 2023