dimanche 26 juillet 2026

Ça chauffe 8

 



-8-


Je rêve

Je rêve qu’un jour

Il ne soit plus demandé au peuple d’applaudir

Qu’il soit invité à s’applaudir lui-même

Pour avoir enfin secoué les jougs

Ne plus avoir besoin de tribun

Ne plus déléguer son pouvoir

À plus fort que lui


Je rêve

Je rêve que ce jour vienne

Où tournant le dos

Aux siècles de domination masculine

Femmes et hommes ensemble

Se mettraient à reconstruire

Civilisation fondée sur le sort commun

Non sur la fortune d’une minorité


Je rêve

Je ne cesse de rêver

Mes mots tentent de sortir

De cette gangue terreuse

Où on me demande

Non de réfléchir par moi-même

Mais d’approuver beaux discours

Pour me ranger au nombre des adhérents

D’un système qui corrompt tout


Je rêve 

Je rêve de n’avoir pas à soutenir untel ou l’autre

Mais de participer à l’oeuvre commune

Celle qui tournerait le dos à la rentabilité

Qui fermerait les coffres pour ouvrir esprits et coeurs



Xavier Lainé

8 juin 2026


samedi 25 juillet 2026

Ça chauffe 7

 


-7-


Par le pouvoir des mots

Je navigue sur l’océan agité

D’un monde à la dérive


La boussole déréglée

Contraint de naviguer aux étoiles

Je cherche île accueillante

Où déposer mes peines

Décharger les vôtres

Qui trop souvent vous noyez


Il me faut affréter mon navire

Hisser des voiles d’avenir

Retrouver le cap d’espérance

Où tant considèrent

Qu’il serait impossible et vain

De tenter de changer quelque chose

À nos navigations hésitantes


Arrêtez de croire

En ces bonimenteurs

Qui vous serinent

Que toute lutte serait vaine

C’est notre tâche

D’ouvrir les issues

Où les plus féroces

Ont posé leurs herses


Bien sûr on peut toujours

En rester à un moyen-âge imaginaire

On peut aussi voir

Qu’au sein même des pires barbaries

Parfois émerge une renaissance



Xavier Lainé

7 juin 2026


vendredi 24 juillet 2026

Ça chauffe 6

 


-6-


Comme on ne cesse de dire

De parler sans faire

Rien ne s’améliore 

Tout empire

Alors on se réfugie

Dans des rêves enfantins

On rêve d’un temps

Qui n’a jamais existé

Qu’on fabrique sans vergogne

Et sans souci de l’histoire


On brandit sabre et goupillon

On imagine l’alliance

De l’église et du pouvoir

On se travestit des contrevérités

Qui feraient rougir l’histoire

Si elle n’avait déjà triste figure

En monde qui ne cesse de la remodeler

Pour répondre aux critères des puissants

Le sabre et le goupillon

Un monde qui n’existe

Que pour satisfaire au besoin

De maintenir le statu quo

Entre peuple et puissants

L’homme providentiel

Adoubé par l’église

Au nom de contrevérités

Car jamais le monde ne fut beau

Il ne le sera jamais

Tant que peuples suivront 

Sans souci de recherche

Les modèles répétés et admis

Sans remettre en cause les ordres établis



Xavier Lainé

6 juin 2026


jeudi 23 juillet 2026

Ça chauffe 5

 


-5-


J’ai soif

Soif de beauté

De paix et sérénité

Comme beaucoup

J’ai soif


Nous avons soif

Entendez-vous

Nous avons

Soif

Et faim

D’un monde apaisé

Où l’humain saurait

Devenir plus humain

Et tourner le dos

Aux brutes épaisses

Qui se réjouissent

De la souffrance répandue


Nous avons faim

Il en est tant ainsi

Que nous pourrions nourrir

De blé et de pensées

De savoirs 

Capable de les libérer

Du carcan des ignorances


On me disait

Qu’il valait mieux apprendre à pêcher

À celui qui a faim

Que lui donner un poisson

Qui ne saurait le satisfaire qu’un instant

On me disait



Xavier Lainé

5 juin 2026


mercredi 22 juillet 2026

Ça chauffe 4

 



-4-


Je puise et je m’épuise

Je plonge en des abîmes

En des profondeurs insondables

Où nagent entre deux eaux

Bancs de pensées

Humaines

Trop humaines sans doute

Pour être prisées

Par mes contemporains

Trop habitués au vide


Pas tous certes

Pas tous

Mais ceux qui défendent encore

La connaissance comme verrou

À ouvrir devant les pas mal assurés

De notre humanité 

Toujours chancelante

N’ont pas souvent voix au chapitre

Volontairement parfois

Demeurent en retrait


Car rien ne sert de briller

Encore faut-il avoir de quoi

Or plus j’avance 

Plus mes connaissances se calfeutrent

En lots d’incertitudes croissantes

Je mesure à chaque livre ouvert

À chaque ouvrage lu

Toute la fragilité du savoir

Toute la difficulté

À grandir en tolérance

À croître en recherche de paix



Xavier Lainé

4 juin 2026