mardi 23 septembre 2025

25 septembre 2025 : "Visible/invisible : l'art dans la ville"

 





Ateliers d'écriture gratuits de 10h30 à 12h et de 14h30 à 16h


Librairie Le petit pois

Place du Terreau
04100 Manosque
France

Les membres de la revue Filigranes et a librairie Le petit pois proposent un échange et un temps d’écriture partagé autour du thème « Visibles/invisible : l’art dans la ville »,  en résonance avec l’œuvre de l’artiste franco- arménien Jean Carzou et à l’occasion de la publication du numéro spécial de la revue consacré aux ateliers d’écriture tenus en 2024 dans le Centre Carzou.

Filigranes, revue d’écritures, est née de l’intuition qu’une écriture, pour éclore, a besoin de trouver des lieux d’accueil, de rencontre.  Chaque numéro est fabriqué collectivement au cours de séminaires publics.

Renseignements et réservation (2 ateliers de 10 participants) par SMS au 0643245561

lundi 22 septembre 2025

Filigranes spécial Carzou

 






En Septembre 2024, Filigranes fut invité à animer, pendant la festival des Correspondances, deux ateliers d'écritures sur le thème "Monde réel/Monde imaginé, à partir de l'oeuvre monumentale de Jean Carzou.

Ce fut l'occasion de découvrir, engager une relation avec ce travail, au premier abord difficile.

Mais voilà, ces oeuvres sont désormais pour un temps indéterminé enfermées derrière les lourdes portes de la chapelle qui les héberge.

L'idée d'un numéro spécial de la revue est venue dans le cours des ateliers d'écriture. Il en est en grande partie la restitution.

Le projet était d'en faire une présentation et de renouveler les ateliers en 2025.

Faute de pouvoir le faire sur place, la librairie Le Petit Pois nous ouvrira ses portes, jeudi 25 septembre, à 10h30 puis à 14h30, pour deux moments de partage et d'écriture sur le thème "Visible/Invisible : l'art dans la ville". Il est possible de s'inscrire par SMS au 0643245561.

Ce sera une occasion d'ouvrir les portes aux voix qui perlent en dedans, de se mettre à écrire même si parfois on imagine ne pas savoir le faire, de participer à un travail éditorial particulier qui vise à ouvrir un espace à l'écriture du commun.

Communs, communes, pour vous abonner, participer, vous pouvez trouver tous les renseignements utiles ici : Filigranes la revue

Au plaisir de vous croiser et de vous accueillir sur ce beau chemin des mots.

Xavier Lainé

Manosque, 22 septembre 2025

lundi 15 septembre 2025

Égarés nous sommes 31

 





J’ai les larmes du gardien d’Oradour

Fixées dans ma mémoire d’adolescent

J’ai les larmes d’Emile

Déporté à quatorze ans

Qui ne pouvait dormir sans lumière

J’ai les larmes des migrants 

Rescapés de la noyade

J’ai les larmes palestiniennes

Qui hantent mes nuits

J’ai les larmes de la misère

Qui ne fait que s’accroître

Tandis que d’autres

Ostensiblement

Ne cessent de s’enrichir


J’ai tant de larmes à accueillir

Dans ce monde qui chancelle

Qui regarde la terre trembler sous ses pieds

Les tsunami dévorer côtes et habitats

Comme si 

Comme si rien ne faisait présage

Comme si nul ne portait responsabilité

Comme si tout n’était que fatalité


J’ai tant de larmes à éponger

Sur les corps rompus

D’avoir trop travaillé

Jusqu’à épuisement 

Sans même un regard

Qui soit de compassion

Au moins ça

Compassion

À défaut d’organiser la révolte



Xavier Lainé

31 juillet 2025


dimanche 14 septembre 2025

Égarés nous sommes 30

 





Impossible de passer à autre chose

Impossible de tourner la page

Elle s’ouvre sans cesse

Sur les mêmes scénarios

Quelques inhumains

Assoiffés de pouvoir et d’argent

Usurpant le pouvoir

Ne le lâchent plus

Tant qu’ils peuvent détruire

Ce qui fait vie commune


Ils ont la haine au ventre

S’imaginent pouvoir posséder

Tout ce que terre contient et offre

À qui veut bien la cultiver en paix

Ils vont jusqu’à détruire la mémoire

Piller les oeuvres poétiques

Les réduisant au néant

Qui est leur univers


Impossible de passer à autre chose

Impossible de tourner la page

Elle s’ouvre sans cesse

Sur les mêmes scénarios

Elles reproduisent à l’infini

Ce contre quoi une vie durant

Je me suis battu

En criant

Plus jamais ça


Que silence soit fait sur les crimes

Que justice ne soit pas rendue

Voilà qui me glace le sang



Xavier Lainé

30 juillet 2025


samedi 13 septembre 2025

Égarés nous sommes 29

 





Combien d’âmes en peine

Combien de coeurs brisés

Combien de corps lacérés

Pliés sous le joug implacable


Combien d’esprits égarés

Combien d’enfants abandonnés

Combien de parents disparus

Sous les rafales aveugles


Macabre décompte qui ne dit rien

Rien de cette tragédie à ciel ouvert

Du charnier désolé


Triste comptabilité

Qui aligne vies enfantines

Brutalement arrachées à l’enfance


Ainsi va le siècle

Qui ne sut tirer leçons

Du précédent

Aveuglés de haine lâchées

Dans l’ivresse du pouvoir

Pitres occidentaux

Qui ne disent mots et consentent

Comme hier

Au retour du tragique


Peu à peu des voix s’élèvent

Si faible encore

Au regard des crimes commis

Trop peu encore

À crier avec les suppliciés



Xavier Lainé

29 juillet 2025


vendredi 12 septembre 2025

Égarés nous sommes 28

 





Il était assis sur le bord du trottoir

Son oeil fut attiré

Par le keffieh autour de mon cou

« C’est beau ça »

Tu es français

Moi je suis musulman

Mais d’où es-tu musulman

De Tunisie

La Goulette

Entre Tunis et Carthage


Il était assis au bord du trottoir

Une cannette à la main

Dans l’attente de pharmacie

Je l’ai attendu

L’ai reconduit chez lui

Avec sa jambe brisée

Et son coeur en lambeaux

« Je vis seul »

Seul au milieu de son désespoir


Il était assis au bord du trottoir

Je me souvenais de mon enfance

En son pays dont je ne garde

Que souvenir de beauté

Alors que la misère le rongeait

Il fouille un peu

Me tend un keffieh neuf

Rouge du sang des sacrifiés


Il était assis au bord du trottoir

Suis reparti avec deux symboles

Il ne reste que ça à quoi se raccrocher



Xavier Lainé

28 juillet 2025


jeudi 11 septembre 2025

Égarés nous sommes 27

 





Tenter de comprendre

Ne pas juger

Juste ouvrir les yeux et voir

Pas seulement regarder


Or voilà que j’avance

Les yeux ouverts 

Dans un monde qui recule

Qui lentement mais surement

Glisse vers la barbarie

Du chacun pour soi

Cultivant son dieu

Qui n’est plus pour tous


J’avance

Les yeux ouverts

Plus rien n’arrête le bras des assassins

Plus rien n’arrête la main des destructeurs

Tout s’affiche au grand jour

Mais encore il en est

Qui détournent le regard

Qui diront demain

Qu’ils ne savaient pas


Comment ne pas savoir

Devant les ventres gonflés

D’enfants affamés

Comment prétendre ne pas savoir

Devant les jambes et les bras d’enfants

Mutilés et devenus orphelins

Sous les décombres d’un pays

Ce qui se joue c’est le basculement du monde

Le choix entre culture et barbarie



Xavier Lainé

27 juillet 2025