Passer le jour à courir
Après l’ombre de soi
Dans la frénésie consumériste
Tenter la sérénité
Xavier Lainé
30 novembre 2024
Passer le jour à courir
Après l’ombre de soi
Dans la frénésie consumériste
Tenter la sérénité
Xavier Lainé
30 novembre 2024
Ne vous étonnez pas du silence
N’en veuillez pas à « l’auteur »
Il fait ce qu’il peut
Il s’accroche à son clavier
Comme le noyé aux débris de son rafiot
Mais
Mais il ne veut pas jouer le jeu
Il ne veut pas entrer en scène
Il veut que ses mots vivent
Bien au-delà de ce qu’il est
Les auteurs sont si décevants parfois
Lorsqu’ils sortent de leur réserve
De leur silence volcanique
D’où mots et pensées surgissent
Comme lave du cratère de la vie
Ne vous étonnez pas du silence
Il n’y aura plus que de temps en temps
Petits cailloux de mots
Jetés dans la mare pour en troubler la surface
Celle où tant demeurent
Ignorant le fond de toutes choses
Pour en éviter le vertige
Xavier Lainé
29 novembre 2024
Vous ne lirez pas
Car le silence est illisible
À qui n’en connait les méandres
Vous ne lirez pas
Lisez-vous dans les pensées non traduites
En filigranes de lettres noires sur la feuille blanche ?
Vous ne lirez pas
Une pause s’impose
Dans la clarté de l’aube
Un froid a été jeté sur les pages
Qui en glacent le message
Au milieu des ruines
Vous ne lirez pas
Les ondes seront momentanément silencieuses
Ce sera comme un mouvement d’humeur
Une grève perlée
Une manifestation de colère
Car
Vous ne lisez pas
Vous jonglez
Vous zappez
Vous passez si vite à autre chose
Dans ce pays rongé par les idées rances
Qui demain accueillera tous les criminels d’Etat
Avec les honneurs liés à leur triste esprit de domination
Vous ne me lirez pas
Le silence se fera pesant parmi la foule des états d’âme
Qui ne cessent d’envahir l’espace prétendu social
*
Il n’y a personne derrière les mots
Comme la terre ils n’appartiennent à personne
Ils sont là comme un fil
Tendu entre êtres humains
Qui savent en faire usage
Ils se perdent dans leur mésusage
Se diluent dans l’absence des pensées
Ne savent plus ce qu’ils disent
Lorsqu’ils ne parlent plus que de violence
*
Parce que ça te donne le vertige
Tous ces noms et ces photographies
Qui vantent les mérites de tel ou tel
Certes doués et capables d’écrire
D’infinies merveilles
Mais ça te donne le vertige
Tu t’interroges
Comment font-ils
Pour être si certains de pouvoir être fiers
Toi tu n’es sûr de rien
Tu écris dans l’ombre
Tes mots parfois s’envolent
Dont tu ne sais pas très bien
S’ils sont tiens
Ou petits fruits du hasard
Papillons attrapés pour les clouer sur la page
Sans qu’ils ne t’aient rien demandé
Xavier Lainé
28 novembre 2024
Spectateur du vide
Tu contemples du haut de ton rocher
Les indignes tempêtes
Qui secouent ta planète
Elle n’est pas tienne
Elle n’appartient à personne
Elle est juste berceau pour notre espèce ingrate
Xavier Lainé
27 novembre 2024
Bientôt sera tarie la source des mots
Ils ont trop besoin d’amour et de tendresse
Pour s’épancher en toute liberté
La source s’épuise
Il te faudra retrouver les sentiers du silence
Ceux qui se trament aux souterrains
Où doit se terrer la liberté
Quand à la surface n’est plus que sinistre violence
Bientôt va se tarir la source des mots
Ils ont trop besoin d’amour et de tendresse
Pour s’épancher en toute liberté
Trop longtemps à tenir debout
À la proue d’un rafiot à la dérive
D’une vague plus forte que les autres
Te voici à genoux
Suppliant qu’au crépuscule de tes jours
Te soit encore accordée un instant de grâce
Bientôt va se tarir la source des mots
Ils ont trop besoin d’amour et de tendresse
Pour s’épancher en toute liberté
Puisque désormais il te faut constater
Le triomphe des sombres bêtises
Que malgré tes suppliques le monde bascule
Vers les abîmes où se pressent les monstres
Il te faut te rendre à l’évidence
De devoir cultiver en sous-sol
Encore un peu de ce qui reste de vie
En attendant qu’un jour l’oeuvre en soit exhumée
Xavier Lainé
26 novembre 2024
Au crépuscule du monde
Les rêves se font rares
Dormir est un problème
Tu veilles
Xavier Lainé
25 novembre 2024
Voici que te viens le bruit de fond des reproches
Pas assez comme-ci
Pas assez comme ça
Tu fais pourtant de ton mieux
Pour te rendre disponible à tous(tes)
Tu fais fi de tes petites misères
Pour accompagner chacun
Sur son chemin de rémission
Voici que te viens le bruit de fond des reproches
Pas assez comme-ci
Pas assez comme ça
Tu ouvres ta porte
Elle est trop étroite
Tu ouvres ton logis
Il est trop petit
Tu ne demandes rien
Qu’au moins un maigre contentement
Mais non
Voici que te viens le bruit de fond des reproches
Pas assez comme-ci
Pas assez comme ça
Chacun y va de sa lamentation
Déplorant les replis frileux
Les regards de défiance
Les silences qui en disent long
Mais chacun vient avec ses reproches
Pas assez comme-ci
Pas assez comme ça
Xavier Lainé
24 novembre 2024