Il aurait fallu être tranquille
Or les heures passent
Sans un souffle
Sans un instant
Alors la plume reste sèche
Xavier Lainé
2 décembre 2025
Il aurait fallu être tranquille
Or les heures passent
Sans un souffle
Sans un instant
Alors la plume reste sèche
Xavier Lainé
2 décembre 2025
Comment dire le désespoir
De vous voir attendre
Parole divine
Qui vienne résoudre tous vos problèmes
Comment dire
Comment écrire
Les années qui s’écoulent
Au gré des illusions semées
Ceux qui chantaient
Sur les pavés ardents
Qu’il n’est pas de sauveur suprême
Semblent avoir oublié les paroles
Comment dire
Le regard qui se perd
Devant l’abîme des discours
Et le vide
De ceux qui attendent
Que d’un mot vie
Soit plus facile
Semant illusions
Dans les esprits égarés
Dernier mois
D’une année de violence
De peuples sacrifiés
Sans que rien ne vienne arrêter
Le bras armé des profiteurs
Mais peut-être crier
Encore crier la douleur
Xavier Lainé
1er décembre 2025
Ceux qui hier commémoraient
En grands discours vibrants
« La der des der »
Qui ne cessa depuis
De faire des émules
En atrocités toujours
Un peu partout
En ce monde perdu
Ceux qui hier parlaient de paix
Devant les monuments aux tristes morts
Dans les tranchées du désespoir
Bourreaux et victimes
Non consentants
Présents par obligation
Pour des nations
Aux frontières définies
Selon les intérêts du commerce
Ceux qui hier encore
Condamnaient à demi-mots
Les exactions
Les crimes contre l’humanité
En tant d’endroits de la planète
Ceux-là
Ont-ils seulement une fois
Entendu le cri
De ceux qui vécurent cette terreur
?
« Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l'entends, je la subis encore. Et j'ai peur. Ce soir est la fin d'un beau jour de juillet. La plaine sous moi est devenue toute rousse. On va couper les blés. L'air, le ciel, la terre sont immobiles et calmes. Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis lavé de la guerre. L'horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants en portent la marque. » Jean Giono, Refus d’obéissance
Jeunes irresponsables
Prêts à mettre le feu
Pour préserver l’argent
De leurs souteneurs
Les voici qui nous inventent
Un ennemi pour mieux assoir
Leur pouvoir discrétionnaire
Hors de notre volonté commune
Il sont prêts
À une encablure de ta tombe
Jean Giono
À faire s’entrainer jeunesse perdue
Sacrifiée sur l’autel des profits
En leur faisant miroiter
Maigres émoluments
Pour contrepartie au don
De leur vie
Nous disions plus jamais ça
Nous disions
Quelle connerie la guerre
Nous ne l’inscrivions
Qu’en très peu d’endroits
Comme thérapie à la gangrène
Que les boutefeux répandent
Au nom d’intérêts
Prétendus supérieurs
Xavier Lainé
30 novembre 2025
Alors bien sûr les spartiates la veulent
Ils la veulent la guerre
Ils veulent y préparer les plus jeunes
Devenu chair pour les canons du profit
Alors bien évidemment qu’ils la veulent
Et qu’en offrant monnaie
À jeunesse appauvrie
Celle-ci ira encore une fois
La fleur au fusil offrir son sang
Sans mesurer la déchéance morale
Alors ils la veulent
Ils font tout pour
Ils s’inventent des ennemis
Stupéfaits de se trouver tel
Ils lancent appels vibrants
Au déshonneur de notre humanité
Qui toujours prend sa source
Dans l’extension du domaine de la misère
Ils veulent la guerre
Pauvres imbéciles
Qui n’en ont rien connu
Qui n’entendent pas le cri
De leurs grands-parents
Moins amnésiques qu’eux
Ils se souviennent
Leurs grands parents
Du fracas des bombes
Des fusillés au petit matin
Des enfants disparus
Entre crépuscule et aurore
Ils se souviennent
Ils portent dans leur chair le souvenir sanglant
Ils savent ce que jeunes arrogants ignorent
Qui vont claironnant
La guerre prétendue inévitable
Invitant au sacrifice les autres
Ceux que misère déjà atterre
Ils s’en viennent
Les boutefeux
Cravatés se prenant pour notables
Mais dépourvus de tout état d’âme
Pousser au crime suprême
Dont l’histoire nous montre
Qu’il n’a jamais permis le moindre progrès
Une fois pays réduits à la ruine
Ils s’en viennent
Jeunes élus sans esprits
Ignorants que l’homme n’a qu’un ennemi
Lui-même
Ce sauvage assoupi prêt à mordre
Pour posséder toujours plus
Sur le charnier fumant
De l’histoire oubliée
Ils ignorent
Que si Sparte fut le pendant d’Athènes
Il ne reste rien du premier
Tandis que l’autre brille encore
Des lumières de l’esprit
Réveillez-vous
Ils sont devenus fous
Les amnésiques ivres de pouvoir
Xavier Lainé
29 novembre 2025