dimanche 7 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 21

 





J’ai éteins

J’ai éteins la radio

Je fuis la télé

Trop de parti pris

Trop 

Me sens souillé

Insulté

Maltraité

Même quand ceux qui parlent

Se prétendent de culture

Qu’ils assistent à un génocide

Mais lui trouvent des circonstances atténuantes

Dans d’autres actes criminels

Dont ce monde est coutumier

Sans rien remettre en cause 

En fermant les yeux

Moi je me bouche le nez

Leur complicité sent trop mauvais

Pour que je m’attarde à les écouter encore


J’ai éteins

J’ai éteins la radio

Je fuis la télé

Pour ne pas vomir

Devant cet abominable spectacle

Dont l’histoire finira bien par dire

En quel enfer il nous aura projeté

Intellectuels toujours du côté du manche

Courtisans des puissants

Sourds aux cris des opprimés

Aveugles aux plaies ouvertes 

De notre humanité en lambeaux

Au fond de moi la colère



Xavier Lainé

21 octobre 2025


samedi 6 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 20

 





Ainsi ce n’était que poudre aux yeux, fumée vite emportée par les vents mauvais de la domination coloniale.

Comme c’est coutume en « civilisation » mâle coloniale, on signe accord de paix sur le dos de l’autre, celui qui n’a pas la même couleur de peau, pas la même religion, pas les mêmes modes de vie.

Puis l’accord signé, on s’en lave les mains.

Les Ponce Pilate moderne sont des monstres qui non contents de réduire leurs propres peuples à la misère ne savent que détruire ce qui est l’essence même du vivant.

Mais que feront-ils lorsqu’ils auront tout démoli ?

Ces gens d’argent incapables de cultiver la terre, ignorants des racines même de la vie sur notre planète, assoiffés de pouvoir et d’argent, ne savent rien de ce qui nous construit en humanité.

Il faut qu’ils dominent, d’une intelligence pas plus fine que les Romains d’autre fois qui ne voyaient que barbares à leurs frontières.

Il leur faut toujours plus de richesse sans partage, et désormais usent des « intelligences artificielles » qu’ils ont créées pour poursuivre leurs basses oeuvres de destruction.

C’est pure folie.

Nombre d’humains en prennent conscience mais se sentent impuissants devant ces fauteurs de trouble calfeutrés dans leurs palais, derrière les grilles de leurs sites protégés surveillés par des caméras.

Peut-être pourrions-nous agir comme le firent les Aztèques : ne plus leur payer la moindre obole, cesser de leur livrer la moindre nourriture qu’ils n’ont pas cultivée eux-mêmes. 

Ce serait leur rendre oeil pour oeil dent pour dent et appliquer la loi du talion qu’ils imposent aux plus faibles, à tous ceux qui s’opposent à leurs visions d’un progrès criminel.

Car outre se comporter en criminels passant à l’acte ou agissant en complices, ces gens là ne supportent aucune opposition.

C’est en cela que leur système néo-libéral est une forme moderne du fascisme d’hier.

Notre humanisme nous interdit de leur appliquer ce qu’ils nous imposent.



Xavier Lainé

20 octobre 2025


vendredi 5 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 19

 





Sans voix de réaliser où nous mène cette propagande

Une guerre pilotée à distance par des êtres sans conscience

Qui jouent derrière leurs écrans 


Une guerre par procuration dont l’IA est le pivot

Tandis qu’en vrai notre monde s’écroule


Tu entends les rires glauques  devant les écrans

Tu entends les cris sous les décombres

Tu reste sans voix


Sans voix devant l’approbation muette

Des yeux devant les écrans déshumanisés


Sans voix de devoir admettre que désormais

Si ceux-là remportent victoire

Notre humanité sera défaite pour longtemps


Ceux-là que rien n’arrête puisqu’ils mènent

Un combat par procuration d’algorithmes

Ce sont soldats anonymes qui jouent

Comme des enfants avec leur console

Enfants préparés à ce type de combat

En des jeux qui les éduquent

À la banalité du mal


Je restais sans voix un jour

J’en lis qui disent le devoir de se taire

Lorsqu’il se trouvent insultés d’avoir dit

D’avoir clamé la honte 


Honte de devoir vivre un temps

Où par jeu on tue sans états d’âme



Xavier Lainé

19 octobre 2025


mercredi 3 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 17

 





A la logique des algorithmes il me faut opposer celle des humains.

Car, bien évidemment, jamais  les machines ne pourront nous remplacer.

Tout au plus formeront-elles outils eu service de nos savoirs.

Ceux qui défendent l’idée de l’intelligence artificielle qui serait capable de nous remplacer travaillent à notre déshumanisation.

Il n’y a pas de machine capable d’autonomie totale, de création et recréation d’elle-même comme nous autres, vivants.

Une machine a toujours besoin d’humains pour la faire fonctionner, en entretenir les rouages, même algorithmiques.

À défaut et à trop croire en leur puissance, nous voici devant l’objet du délit qui dysfonctionne et dont nul ne répond plus de la réparation.

Car bien sûr, dans ce monde dysfonctionnel, on réduit le nombre d’humains capables d’agir au nom de l’infaillabilité des machines.

Me voici devant ce qu’ils nomment « intelligence » et qui n’est tout au plus qu’un moyen faillible d’écrire, d’apprendre, de gérer un quotidien pollué par les pannes récurrentes.


Je ne suis pas au service d’une IA.

Je ne suis pas une IA.

Je suis un humain tout aussi faillible, mais capable d’en avoir conscience et donc de modifier en moi-même ce qui défaille.

Tandis que la machine, là, qui me plante et dont nul ne répond de sa réparation, dépend d’une intervention extérieure pour se réformer, s’adapter.

Certes, comme pour l’IA, il me faut nourrir mes pensées.

Il me faut donc multiplier les livres, les dialogues, les rencontres capables de nourrir une pensée libre.

Ma liberté justement dépend de cette nourriture aussi vaste et diverse que notre humanité.

Il me faudrait, avant de quitter ce monde, en apprendre toutes les langues, en entendre toutes les mélopées, les chants, les tragédies pour affirmer une pensée qui en soit une.

Une pensée une et diverse, pas celle d’un perroquet qui répète à l’envie ce que son maître lui a appris !



Xavier Lainé

17 octobre 2025


mardi 2 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 16

 





Toujours pris de vertige

À ne plus savoir comment démarrer le jour

Sinon dans le refuge des livres

Unique moment où l’esprit enfin

Découvre pouvoir cesser d’être inquiet


Toujours pris de vertige

Lorsque le sentiment me prend

De me trouver si seul devant la porte

À entendre monter les cris du monde

Sans pouvoir l’ouvrir et libérer

Le cortège des exclus enfermés


Toujours pris de vertige

Devant le manège qui tourne

Comme si de rien n’était

Mais avec la crainte des violences

Parfois le rejet mais en se calfeutrant

Derrière la cuirasse d’indifférence


Toujours pris de vertige

Faire mes premiers pas d’un nouveau jour

Avec la nausée devant silence imposé

Ils voulaient la paix ont eu un cessez-le-feu

Qu’ils aillent donc retrouver les ruines

Dans ce cimetière à ciel ouvert


Toujours pris de vertige

Devant la ségrégation de classe et de race

Qui fait une différence entre les bien-nés

Et ceux qui n’ont pas eu cette chance

Entre les biens lotis dans le rang social

Et ceux qui ne cessent de rater la marche



Xavier Lainé

16 octobre 2025


lundi 1 décembre 2025

Alors je suis resté sans voix 15

 





Il est terrible ce silence

Cette façon de vivre et de consommer

Sans limite et sans conscience

Il est terrible ce silence


Que saurais-je écrire et dire

Devant la tragédie d’une humanité

Qui ne sait plus qui elle est

On me dit qu’il en fut toujours ainsi

On me dit je n’y crois pas


Sacrifiée sur l’autel des saints profits

Notre humanité se dresse sanglante

Elle se révèle dans le cri d’un enfant

Pleurant la mort de ses parents

Dans la douleur des blessures

Infligées sans pitié sans un regard


Tandis que silence complice accompagne

Les ruines sur les corps ensevelis

Je sais il ne faut pas dire ça

Vous attendez de poésie qu’elle vous parle

De la pluie et du beau temps

Quelle vous conforte dans l’indifférence

Avec des mots qui ne disent rien


Il est terrible ce silence

Qui me rend coupable devant la misère

Coupable devant les plaies ouvertes

Coupable de ne pas savoir arrêter l’hémorragie

Qui me laisse coeur exsangue

Sur le bord de ce monde

Qui se gave et se repaît de la misère des autres



Xavier Lainé

15 octobre 2025