jeudi 31 décembre 2015

Tu sais quoi ?



Tu sais quoi ?

On pourrait aller voir de l'autre côté, et se raconter plein d'histoires, de belles histoires, pas de ces histoires moches qui font pleurer...

On pourrait aller voir vers la lumière, et puis on serait complices d'autres jours, d'autres rires, d'autres tendresses.

On pourrait s'en aller tous les deux, et distribuer de la tendresse partout et surtout là où elle manque, terriblement.

Tu sais quoi ?

On pourrait même tenir compagnie aux mésanges qui viennent si près de la fenêtre que tes moustaches en frémissent.

Et puis on s'envolerait sur un vol de bisous, rien que pour installer la paix et l'amour sur le trône de l'an...

Ce serait quand même bien beaux moments qu'on pourrait distribuer comme cadeaux, sans rien souhaiter d'autre que de vivre heureux...

Xavier Lainé


29 décembre 2015

mercredi 30 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2670





2670

Il me faudrait planter
Autant d'arbres que de jours sans paix
Autant de mots que d'enfants errant
Au hasard des mers
Sur l'océan des violences
.
Il me faudrait semer
Autant de fleurs que de cœurs
Brisés de n'avoir pu aimer
La vie et l'azur délicat
.
Qu'un jour d'automne s'en vienne
Racines vont en la terre retournée
Se donner la main
En soulever la joie
.
Il me faudrait arroser
En chaque enfant qui sommeille
Petites parcelles de bonheur
A cultiver sans limites
.
Ouvrez donc les yeux
Et chantez sous l'ombrage
Un jour c'est bien
Qui se tisse de paix
.
Chaque jour en appelle
Un autre
Puis un autre

*

Epargnez-moi de cette mâle assurance
Qui fait d'un drapeau une insigne vengeance
.
Epargnez-moi de salir un peu plus
Les symboles foulés au pied
Lorsque marchands d'armes
Au nom de trois couleurs
S'en vont de par le monde
Semer le trouble et la douleur
.
Epargnez-moi de cette mâle assurance
Qui ferait d'un drapeau un signe de vengeance
.
Mon voisin marocain pleure sur son coran bafoué
Un drapeau serait encore enfoncer le clou de son désespoir
.


21 septembre 2015

© Xavier Lainé, décembre 2015, tous droits réservés

mardi 29 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2669





2669

Etrange nuit
Que celle qui ne sait
Qu'écourter les rêves
Et te laisse pantois
Paupières lourdes de sommeil
Devant la porte du jour
.
C'est peut-être gueule de bois
Devant les corps tombés
Nausée du sang répandu
En tous lieux
Sous toutes latitudes
.
Horizon noir
A qui sait lire
Mais refuse de voir derrière
Non le complot
Mais l'imparable logique
D'un monde au service des mêmes
Sans vergogne dirigeant
Leur soif intarissable
De richesses aveugles
.
A ne voir que la main
Qui toujours tient l'arme
On ne distingue jamais
Celui qui la fabrique
Celui qui en paie le prix
Celui qui encaisse les dividendes

*

Il est temps de nous réveiller
Seul ou à plusieurs qu'importe
Je serai là où je suis
Là où je vis debout
Pour qu'un jour nos enfants
N'aient pas à rougir
De l'héritage funeste
D'un monde aux abois

*

Ne rien laisser
Au hasard des pensées creuses
Ouvrir
Livre après livre
Le lent apprentissage de sagesse
Toujours jamais atteint
.


20 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

lundi 28 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2668





2668

Tu restes sans mots
Ecoutant avec ferveur
L'étrange récit
D'une vie qui aurait pu
.
Tu restes sans mots
Oreille tendue
Devant l'absurde point mis
Lorsque se ferment les bras d'acier
Sur l'univers éclaté
.
Tu restes sans mots
Retiens tes larmes
Puisque les pas se succèdent
D'une borne à l'autre
En ce monde fini
.
Tu restes sans mots
Ils restent silencieux
Attendent de savoir
En quel territoires demeurer
Qui sache être terre d'accueil
.
Tu n'as pas de réponse
Tu sais l'absurde pouvoir
De fermer les portes
Sur l'ombre des enfants inquiets
Et ventre rond de femme éplorée

*

De quoi nourrir mille poèmes
En cent mille vies qui se croisent
Tissent un monde de souffrance
Parfois de petites joies éphémères
.
Tourner la page d'un doigt fébrile
Inventer des montagnes de mots
Qui sachent éradiquer nos monstres
Inventer dignes chants intimes
.
Tu vogues à la surface du temps
Lorsque tu plonges en l'océan des larmes
La vague te submerge de ses embruns
Tu suffoques en ce monde
.
Brisés s'acheminent tes rêves
.


19 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

dimanche 27 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2667





2667

Lorsque trop
En cette lente énumération
De ce que l'Homme sait
Détruire
.
Maigres vantardises
Coups de mentons altiers
Et puis guerres
Guerres
Guerres
.
Qu'à plein nez
Sent le rance
Où tes rêves voudraient
Mais ne savent
Ni peuvent
Tant vont puissants
En leur lisier
Piétiner les charniers
.
Pourtant te voici
Vent debout
En froide parure d'un jour
Penché sur roses écloses
Sur la rive discrète
Où vont encore tes espoirs
.
Tu demeures
Logé en longues litanies
De silence paisible
Pour ne point vaciller
Puis t'éteindre
Comme petites flammes
Ephémère mémorial
Au devant de stèle
D'homme et femme transis
Blottis en leur amour
Sous le sein rond et vigilant
D'une colline d'or

*

Au ciel tu adresses
Vaines prières
.
Il reste muet
Sous les coups aveugles
.


18 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

samedi 26 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2666





2666

Rentre ta colère
Rentre
.
Plus tu lis
Plus tu vitupères
.
Ce monde de sourds
De la tête aux orteils
Et qui va de ses deux pieds
Fomenter tous les crimes
.
Ravale ta colère
Ravale
.
Plus tu apprends
Moins tu comprends
.
Ces êtres de cœur pourtant
Qui votent avec leurs fesses
A défaut de se penser un peu
Juste un peu
.
Rentre chez toi
Tais-toi
.
Plus tu en sais
Moins te sens en phase
.
De ces mal élus
Bancals et pitres
Si prompt à répandre
Un infinies bêtises
La lie et le lisier
Où s'enlisent leurs guerres
.
Rentré chez toi
Ouvre encore
Les pages d'éternelles sagesses
Où l'Homme se grandit
Tandis qu'au dehors on souille

*

Tu peux te satisfaire
De presque tout
De presque rien
Tu rêves
.


17 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

vendredi 25 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2665





2665

Perdu en ce silence crépusculaire
Tu laisses tes yeux et tes pensées dériver
Tu te penches ainsi sur le flot continu
Chacun y va de son couplet
Affiche sa vérité avec certitude
Et toi
Abasourdi par la vague
Te demande comment naviguer encore
Sans que ton navire spirituel ne se noie

*

Ni cacophonies
Ni couacs
Ne t'exaspèrent
.
Ce qui est insupportable
Demeure en la bêtise
De ces gens mal élus
Qui disent te représenter
Mais ne sont qu'eux-mêmes
Insupportables fats
.
Ni cacophonies
Ni couacs
Ne t'exaspèrent
.
Il faut tons discordants
Pour que musique soit
Tandis que vont les sourds
En hémicycle sans grandeur
Vociférer leur haine
Forts de nos bulletins volés

*

C'est avec petit murmure
Du fond de ce silence
Que vont les rêves
En longues cohortes
Suivant l'exil de nos espoirs
.
Un peu perdu
Entre deux explosions de misère
J'étais resté entre tes bras
Goûtant aux joies de ta peau
Parfumée du jasmin de nos révoltes
Nous avons fait l'amour
Faible flamme allumée dans l'aurore
.


16 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

mercredi 23 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2664





2664

Parfois te demande à quoi sert
De dire et répéter paroles inaudibles
Sauf en période de « crise »
.
Tu déambules solitaire
Aux pavés désertés
Ton pas sonne entre les murs
Comme si tout était mort
.
Où êtes-vous
Qui pleurez si prompts
Lorsque tempête s'abat
Sur vos esprits engourdis
.
Que sonnent les trompettes
De célébrités en verve
Vous voici applaudissant
La blancheur de ce monde
.
Juste un fragment de vie
Savez-vous
Juste une poignée chaude
Une main sur ton épaule
Toi qui voudrais cacher tes larmes
.
C'est trop dur
C'est trop dur
.
Apprendre à vivre ensemble
Mais apprendre
Apprendre à écouter
Mais apprendre
Apprendre à se rendre curieux
De ce qui est et chante
Mais apprendre
.
Apprendre pour ne pas sombrer

*

Que le monde soit invité
A marcher au pas cadencé
Sur hymne à deux temps
Tenant discours de vengeance
Tu ne te sens nullement obligé
De répondre à ses ordres
Et en appelle à la désobéissance
.


15 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

mardi 22 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2663





2663

Si nos rêves jamais ne se croisaient
Si nos musiques respectaient les frontières étanches
Si nos langues demeuraient en leurs souches
.
Peut-être ne serions rien
Sinon solitaires agressifs
Perdus en ce monde qui change
Au bon vouloir de nos migrations
Au doux messages de nos métissages

*

De quoi oserais-je encore me plaindre
Je te lis
Tu écris
Incertain d'être en vie encore demain
.
Les bombes pleuvent autour de toi
La mort rode chaque nuit
Entre deux coupures de courant
A chaque barrage
Tu ne sais quelle prison s'ouvre
.
Tu écris
Chaque mot prononcé
Se fait linceul
Pour les morts de la veille
.
Tu écris
Avec les ruines d'Alep
Pour toute résidence
Juste avant qu'aient fuis
Les derniers survivants

*

Bien sûr
Ecrire devant l'âtre
Où s'animent flammes
Loin de l'enfer
Où tant se brûlent
.
Dès lors bien sûr
Ecrire pour oublier
Les longues litanies
Les infinies cohortes
Vouées à perpétuels exils
.
Juste écrire pour ne pas se taire
.


14 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

lundi 21 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2662





2662

Certains vont avec compassion
Célébrer les morts à la guerre
« La grande » qu'ils disent
Comme s'il y en avait des petites
.
Les pauvres cons de mort pour rien
Pour rien d'autres que profit de quelques-uns
S'en retournent dans leur tombe étroite
Balle non perdue entre les côtes
Pour les empêcher d'en rire
.
« Quelle connerie que la guerre »
Quelle pitrerie que de la célébrer
Mine compassée sur cerveau qui n'en pense rien
Et demain ils iront signer les décrets
De vente d'armes aux assassins du siècle
.
Les pauvres cons de mort pour rien
En seront pour leurs frais
Leur tribut allant croissant en ce conflit continu
Que puissants alimentent de leur bois depuis la nuit des temps
.
Car c'est de nuit et de sang qu'ils se repaissent sans cesse
Les bonimenteurs de pouvoirs
Les corrupteurs d'humanité
Fermant la porte sur nos ententes
Au nez de nos fous espoirs
Où l'amour est aux abonnés
Quand ils n'en savent traître mot
.
Peut-être m'en voudrez-vous
De ne point participer à cette comédie
Les morts d'aujourd'hui méritent
Bien plus grande célébration
Aux cimetières marins où ils séjournent
Tandis que vous dressez des murs
A vos frontières sans importance
.
Et si j'étais plus proche
Des rives où s'échouent les suicidés
D'une guerre qui ne dit pas son nom
J'irais jeter une fleur
En la vague de colère qui tarde
Jetant par dessus bord
Indignes célébrations
.


13 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

dimanche 20 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2661





2661

Tu suis les parcours souterrains
Frontale allumée
Pour conjurer les noirceurs du temps
.
De-ci de-là
Vont les comptables du trésor
Gardiens assermentés
Du temple de granit
Où roupillent sinistres adorateurs
Des bourses replètes
Qui jamais n'éjaculent
Sinon pour éructer leurs ordres
Et faire marcher au pas les peuples
.
Tu suis les parcours souterrains
Frontale allumée
Pour conjurer les noirceurs du temps
.
Une fleur à la main
Tu montes les marches
D'un Panthéon désert
Désormais qu'en souillures
Sont allés se répandre
Les bonimenteurs d'or
Ils vont d'affront en corruptions
Serpentent aux rives glauques
Où se négocient les armes
A confier aux assassins
.
Tu suis les parcours souterrains
Frontale allumée
Pour conjurer les noirceurs du temps
.
Puis vogue ta galère
Seul rameur à bord
Blasphémant tous les dieux
Qui tripotent à fond de cale
Eructent leurs dogmes
Jettent les boussoles
Affolent le gouvernail
Puis s'en vont ventre rond
Portés de mains sanglantes
Encenser les aveuglés
En longs cortèges stupides
Cupides marchant à leurs bottes
.


12 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés