mardi 9 janvier 2018

La porte fermée (mais entr'ouverte) 10









-10-

Tu te lèves
Couvercle posé
Sur les battements de ton coeur

Tu te lèves
Saurais-tu ce que serait
Le repos

Tu ne sais plus
Depuis si longtemps
Tu ne vis
Que dans cet enchainement
Ce déchainement
Qui jamais ne te laisse
Un instant d’insouciance



4 décembre 2017


© Xavier Lainé, janvier 2018 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

dimanche 7 janvier 2018

La porte fermée (mais entr'ouverte) 9








-9-

Être humain
C’est te confronter à l’impossible
Aux portes qui se ferment lorsque
Homme
Tu pleures

Pas le droit
Tu sais pourtant
Pas le droit

Toujours ça
« Tu seras un homme mon fils »
Mais ton fils meurt
Et tu te retiens de pleurer
Parce que
« Tu seras un homme »

Tant d’atrocités commises
Au nom de l’homme
Qui ne sait pas
Qui ferme les portes
Verrouille des frontières
Au nez des suppliciés
Hommes comme lui
Mais moins
Car ils pleurent

Il y a l’homme divinisé
Et puis toi sans dignité
Qui ne seras jamais un homme



2 décembre 2017


© Xavier Lainé, janvier 2018 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mercredi 3 janvier 2018

La porte fermée (mais entr'ouverte) 8









-8-

Certains matins
Voudrais ne pas exister

Vivre enfin léger
Voir la vie par d’autres faces
Quitter le monde contraint
Où tu étouffes
Où tu geins
Couteau planté droit
Au coeur et sans amour

Certains matins
Voudrais voir le ciel
Suivre le vol élégant
De l’oiseau libéré
Des filets qui le retiennent

Certains matins
Rêver
Pour ne pas sombrer



1er décembre 2017


© Xavier Lainé, janvier 2018 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mardi 2 janvier 2018

La porte fermée (mais entr'ouverte) 7









-7-

Le porte refermée
Mesure l’absence
Le vide abyssal
Qui se referme

Pas un geste
Pas une caresse
Pas un baiser

Juste

L’absence

« Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »

C’est ainsi

On construit des murs
On ferme les issues

Tu restes couteau planté
En ton coeur qui bat

Tu restes là
Souffle coupé
Installé en mal vie
Par simple défaut d’amour



30 novembre 2017

© Xavier Lainé, janvier 2018 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 1 janvier 2018

La porte fermée (mais entr'ouverte) 6









-6-

La porte des sentiments ouvertes
Se referme celle du monde

Tu mesures l’étendue du désastre
Tu ne pleures plus
Non
Tu ne pleures plus

Ou tes larmes demeurent
À l’intérieur de ton âme

Que faire lorsqu’il ne reste rien
Rien de l’amour
Rien de sa tendresse

C’est le monde
Qui une nouvelle fois
Remporte sa victoire

Belle démonstration
Que ce triomphe
Aimer et être aimé
N’y trouve pas sa place

Sauf à fuir 


28 novembre 2017


© Xavier Lainé, janvier 2018 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

vendredi 29 décembre 2017

La porte fermée (mais entr'ouverte) 5









-5-

Nous irons
De baisers volés en baisers assumés
Jusqu’au seuil d’un jour sans entrave

Bien sûr se fermeront toujours des portes
Sur nos espérances gigantesques

Nous serons de ce bois
Qui jamais ne s’épuise
Traversant le monde
Sur des vaisseaux d’amour et de bonté

Regardez donc
Ce que vous faites de nos vies
Nous contraignant au mutisme
Qui nous ronge jusqu’à l’os

Nous garderons sous les mauvais coups
La candeur des coeurs purs
Ne laisserons rien nous dominer
Puisque nous savons avoir tout à construire

Nous irons donc
De baisers en baisers
De vies en vies
Jusqu’au bout de ces chemins
Si étroits qu’on en tombe aisément
Mais à chaque chute
En l’amour nous trouverons la force
De nous relever



27 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

jeudi 28 décembre 2017

La porte fermée (mais entr'ouverte) 4









-4-

Je m'en vais suivre les courants d'air, chercher les ombres, les apparitions tendres, dans les herbes folles et desséchées.
Je m'en vais goûter encore, aux lèvres de la beauté, histoire de conjurer les monstres, tapis en mon âme éruptive.
Je m'en vais parmi les pierres, entendre le pas léger d'un fantôme pas tout à fait évanoui, mais prisonnier.
Je m'en vais, par les rues vides du dimanche, libérer mes mots de la gangue brumeuse des mauvais états d'âme.
Je m'en vais, délivrer mes douleurs dans l'aube ensommeillée d'un automne qui s'attarde sur les épaules de l'hiver.
Je m'en vais crier d'amour, étreindre le tronc des arbres, me défaire des chaines soudées de tendresses oubliées.
Je m'en vais confier au grand vent, ma soif et mes désirs, me perdre entre d'autres voix, sur d'autres voies.
Je m'en vais douter en liberté de l'homme que je suis qui ne sait faire semblant ni se satisfaire des apparences.
Je m'en vais...
Je m'en vais...

Je m’en vais par le trou de la serrure, déposer des baisers sur ton front endormi.
Je ne sais désormais si tu seras au rendez-vous des pierres et des rochers.
Mais j’irai t’attendre.

J’irai épancher mes incertitudes sur les chemins où tu es apparue, où ton ombre demeure, derrière le frêle olivier, dans l’herbe qui garde intacte, la trace de tes pas.



26 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé