vendredi 23 juin 2017

-Dit du 5 juin 2017-










Tôt tu es allé 
Hanter les rues de ta ville
Assister à son lent réveil

Pour une fois 
Tu n'as pas dirigé tes pas 
Vers les collines

Tu t’es contenté d'observer 
L’art d'habiter 
Maisons plus ou moins bien tenues
Volontés de se préserver des autres
De se fermer derrière murs et barrières

De retour
Au milieu de tes livres 
En difficulté de rangement
Tes pensées voyagent


Une douce pluie a déposé sa fraîcheur
Qu’en sera-t-il de ton devenir
Une fois le balais passé sur tes luttes
Tu n’en sais plus rien
Tu espères 

Tu espères encore
Pour ne pas sombrer
L’espoir est ta bouée
Dans le naufrage du siècle
Dans la marée de sang et de larmes

Qui lentement monte


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

jeudi 22 juin 2017

-Dit du 4 juin 2017-









Si nette beauté
Lorsque soleil s’en vient
Jouer dans les feuillages 
Après lente et douce pluie

Un instant de fraîcheur
Ferait presque oublier
L’âpre désespérance
Répandue comme ivraie
De terres en terres


Tu regardes les nuées
Lentement envahir le ciel
Chaque jour amène sa pluie
Ses brumes de désillusions

Tu avais cru pourtant
De ton vivant engager
Tes pas hors des sentiers 
Où se résignaient les autres

Ceux qui t’ont précédé
S’étaient bien battus eux
Gagnant lentement dans le sang
Quelques onces de libertés


Quant aux autres
Ils ne laissent que ronces
Sur leur passage arrogant

Chacun y va de son couplet


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

mercredi 21 juin 2017

-Dit du 3 juin 2017-








A force d’être contre
Tu ne sais plus
Tu ne connais que la pente
Inexorable 
Vers l’enfer
Sans la moindre bonne intention

Tu t’installes
L’orage s’est éloigné
Un souffle léger passe
Sur les feuilles sensibles

Tu puises 
Aux racines du silence
Le flux des mots
Ils s’absentent si souvent
Parfois te laissent sans voix
Sur le bord de ce chemin 
Etroit

L’huis est si mince
Qui mène 
De tes rêves
A un autre réel
Un lieu improbable
Où l’imagination serait reine

Tu voudrais savoir vivre pour
Vivre pour construire
La cité des rêves libres
Celle où chacun irait

De son propre pas 


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

mardi 20 juin 2017

-Dit des 31 mai 1er & 2 juin 2017-










Te dirai l’étendue des fatigues
L’étendue des désespoirs
Celle des souffrances 
Jamais dites
Toujours enfouies

Te dirai ce qui git 
Derrière les douleurs
Ce qui vient sous la main tendue
Ce qui émerge sous le toucher
Dans l’élan de compassion
Si tu apprends

Si tu apprends
Quelque chose d’autre 
Se tient debout
Qui sourit à la vie


Tu lis
Tes yeux tentent de suivre
Ta pensée s’emmêle
Tu relis
Pour tenter de comprendre
Au bout de la pelotte
Aucun hameçon
Aucun goujon

Tu lis
Ce que tu lis 
Te laisse pantois

Le verbe n’écoute que lui-même


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

lundi 19 juin 2017

-Dit du 30 mai 2017-









Tristes mensonges
Etalés à la une

Pauvres vies écartelées
Entre pertes et profits


Tu erres entre deux épuisements
Tu cherches désespérément une ombre
Un zest de fraîcheur
Pour accueillir tes rêves

On te presse de tous côtés
Il faudrait travailler toujours plus
Sans relâche te remettre à l’ouvrage
Au risque d’épuisement


Lorsque tu fermes les yeux
C’est pour voir ton jardin idyllique
Quelque part niché
Entre deux cimes radieuses

Ce n’est qu’un rêve
Une destination jamais atteinte
Hors de ta maigre portée


Que croyais-tu gagner
A suivre les pentes obtues
D’un temps sans ambition

C’est ta vie que tu uses


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

dimanche 18 juin 2017

-Dit du 29 mai 2017-








Après vous le déluge
Vous vitupérez contre ces salauds
Qui ne viennent jamais dans vos réunions
Mais c’était pour mieux organiser
Vos propres vacances

Ainsi va pays
Lorsqu’il se livre aux générations égoïstes


Vous savez
Celles issues des tentes piteuses
Dont on voit bien la haute portée
Et le dénigrement du sens


Quelque chose s’est brisé
Qui rend les brumes médiatiques
A leur rôle d’enfumage


L’incompréhension
Bien sûr
Puisque vous vivez une vie
Que nous ne vivrons plus
Nous
Vos enfants

Et encore moins vos petits
Et arrière petits enfants


Quelque chose est brisé


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

samedi 17 juin 2017

-Dit du 28 mai 2017-








Pauvre mères éplorées
Mères de place de mai
Mères de place Taksim
Mères d’Algérie
Mères de Palestine
Mères de Syrie

Mères penchées sur l’enfant
Trop tôt parti
Trop tôt noyé
Trop tôt endormi
Sur les trottoirs d’indifférences


Pauvres mères du chagrin
Pauvres mères de la pitié
Mères fêtées puis vite bafouées

Femmes toujours
Avant que d’être mères
Violées et voilées
Toujours violentées

Femmes de tous pays
Qui aimez vos fils autant que vos filles
Ignorant de quoi vos mâles descendances
Seront capables une fois leur cerveau lavé
A la lessive honteuse d’un monde fait par l’homme

Ô femmes d’ici et d’ailleurs 
Fêtées par votre descendance

Puis si vite oubliées


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés