dimanche 13 juin 2021

De plume et d'encre

 




Ecrire…

Ecrire des mots qui restent collés à la page.

Qui demeurent en souffrance dans des tiroirs d’ennui.

Ecrire des mots…


... Ou pas, les miens parfois mystérieusement s'évaporent à l'approche de la page.

Les mots sont comme la lave des volcans : ils couvent, murmurent, émettent des borborygmes maladroits, puis un jour, ils s'expriment au grand jour !


Les mots me hantent puis s’envolent sans laisser de trace.

Me voici sur la margelle des fatigues, cherchant en savoir vers où diriger ma plume.

Un jour les pages resteront blanches.

Le stock des mots sera épuisé comme leur auteur.


Écrire…

Ecrire pour quoi, simples pages s’endorment dans les placards de l’oubli.

Ils ne sont rien, ne trouvent aucune place aux rayons des libraires.

Il ne fait pas bon dire les mots qui fâchent.

Il ne fait pas bon dénoncer ce monde où le bon auteur fait semblant de regarder ailleurs.


Ma plume elle plonge en des encriers de sang vif.

Ma plume se noie chaque jour un peu plus dans les tragédies du siècle.

Ma plume regarde atterrée la violence monter sur le terreau des idées rances.

Ma plume a perdu le chemin d’un regard aimant pour les humains qui l’entourent.


Xavier Lainé


9 juin 2021 (1)


samedi 12 juin 2021

La bêtise est un plat qui se mange froid

 




Tout n’est plus que lutte incessante.

Vivre n’est plus vivre mais se battre pour survivre.

Cette réalité là, nous la prenons tous comme une gifle.

Un camouflet lancé sur nos espérances les plus vives.


A semer la violence, l’ignorance et la peur, c’est au pire qu’est fait la courte échelle.

Il est clair désormais que la bêtise se répand comme marée noire à la surface de cet océan d’êtres en détresse.

A répandre la pire des violences, celle qui assassine notre quotidien, comment s’étonner qu’elle revienne comme boomerang à la figure des méprisants ?

Pas d’excuse à la violence d’où qu’elle vienne.

À la bêtise d’un système répond celle des comportements.

Le ver était dans le fruit, encore invisible.

Les traitements infligés lui ont donné des ailes.

Aurions-nous encore l’esprit nécessaire à nous ressaisir ?


Xavier Lainé


8-9 juin 2021


vendredi 11 juin 2021

Erreur 404

 




à Ken Loach et Daniel Blake


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Ha ! Non ! Ça, c’est pas sur le site, c’est par téléphone.

Tu appelles : toutes les lignes de votre correspondant sont occupées, veuillez rappeler ultérieurement.

Tu envoies un mail.

Un message te reviens : votre mail n’a pas pu être distribué !

Tu cherches désespérément une adresse correcte.

Il te faut un mot de passe pour accéder au site.

Tu crées une nouvelle page.

Jaillit sous tes yeux médusés que tu es déjà inscrit sous cette adresse mail.

Tu tentes de nouveau, dès fois que le site soit de meilleure humeur.

Mais non : veuillez réinitialiser votre mot de passe.

Et le cycle reprend.

Il n’y a plus d’abonné au numéro demandé.

La star-up nation s’est arrêtée au terminus de l’humanité.

Il n’y a pas de mot de passe valide pour votre cas pathologique.

Veuillez présenter votre passe-port inscrit sur votre carte vitale.

C’est vital, le mot de passe, et le code d’accès, et la bonne adresse mail.


Xavier Lainé


6 juin 2021


jeudi 10 juin 2021

Un jour sur la colline...

 




aux combattants de la Zinzine pour leurs 40 ans d'existence


Chagrin je déambule sur les trottoirs du temps.

Je vais mon chemin éperdu, le coeur aux abois.

Ma seule vraie compagnie est nichée dans le silence.

Parfois, un mot s’échappe comme fumée hors de l’âtre.


Je m’en vais suivre les sentiers perdus.

A l’abri des regards indiscrets je dépose mon obole.

De mots et de rêves ils jouent entre les herbes hautes.

Les saisons passent, ils demeurent en leur terrier.


Je ne suis qu’une ombre posée sur les marches de l’oubli.

Un fantôme de passage sur la terre des vivants.

Mes yeux pleurent toutes les âmes parties.

Toutes les âmes noyées sous les décombres sont mes hôtes.


C’était hier que je me rendais au sommet des collines.

Une table sur un sol bancal et le pichet de rouge posé.

Des micros d’amitié ouverts aux libres paroles.

C’était hier : que sont les amis devenus à l’ombre des chênes ?


Que sont nos rêves et nos espérances devenus entre les pierres sèches ?

Que sont nos désirs fous d’amour de révolution devenus ?

Ils sont là, intacts, lovés entre les mots qui s’égrènent.

Mots qui volent aux grands vents des utopies.


Je vais de mon pas désormais alourdi par les ans.

Ce n’est plus mon véhicule qui ne sait comment gravir la pente.

C’est moi qui me suis éreinté à semer des mots sans lendemain.

Je n’ai jamais cessé de lutter assumant mes erreurs.

Je n’ai jamais perdu de vue la boussole d’humanité.


Xavier Lainé


5 juin 2021


mercredi 9 juin 2021

Course effrénée du temps

 




Et puis le temps qui fait défaut.

Les heures qui se défilent.

Qui défient la vie.


Vie elle-même comme un défi au vide.

Un vide si vivant qu’il en est insupportable.

Alors, tu cherches à le remplir de mille riens.


Ces petits riens qui font le sel de la vie.

Un frémissement dans la génoise.

Le bruit du vent dans les feuillages.

L’effort des hommes pour couvrir ces subtiles musiques.


Le temps fait défaut.

Le temps se défile.

Tu ne le gagnes jamais.


Au bout du compte, il ne te reste pas grand chose.

Juste cette funeste impression d’avoir couru après un leurre.


Tu avances discrètement la boite de mouchoir.

Pour permettre aux larmes de s’écouler en toute discrétion.

La vie est si dure à ceux qui n’ont rien demandé.

Comme vous me dites : même pas demandé à venir au monde.

Même pas demandé mais il faut assumer.

Assumer le malheur de vivre avec très peu.

S’il est encore possible d’appeler ça vivre.

Assumer la maladie qui vient poser son obole de malaise.

Assumer la mort qui frappe, qui s’annonce.

Justement, qui s’annonce, apportant angoisse, poisse, peur, chagrin.


Xavier Lainé


4 juin 2021


mardi 8 juin 2021

Pas si aveugle, pas si sourd

 




Pas si aveugle.

Pas si sourd.

Ou alors ce serait aveuglement et surdité sélectifs.

Ou plutôt refus de voir et d’entendre ce qui vient porter atteinte.

Ce qui blesse, ce qui tue.


J’ai l’oreille sélective.

Si j’entends parfaitement le cri des suppliciés de la vie.

Si j’entends distinctement celui des noyés, des assassinés, des meurtris.

Je n’entends pas les discours qui justifient le crime.

Je n’entends pas, résolument pas.


C’est un handicap, certes, que de n’entendre que les voix qui accusent.

Mais, parfois, ces voix se sont tues lorsqu’elles me parviennent.

Elles ont sombré corps et bien sous le poids de nos aveuglement.

De nos surdités sélectives.


Les martinets de ma génoise s’égosillent en rejoignant leur nid.

Ils ont eux aussi l’oreille sélective.

Ils tentent de couvrir le fracas d’une vie humaine vouée à l’absurde.

Courir après un temps sans existence.

Courir après le mirage de « gagner » sa vie.

Et puis la perdre en vautrant sa fatigue dans les canapés design, achetés à crédit.

La course se fait effrénée qui n’a d’autre but que de satisfaire tristes désirs.


Je vous attendais, perdu dans la contemplation de mes compagnons à plumes.

Mes compagnons à la plume bien plus légère que la mienne qui pèse tout le poids de notre inhumanité rampante.


Xavier Lainé


3 juin 2021


vendredi 4 juin 2021

Lettre ouverte sur la paix à Monsieur le maire de Manosque (04) et ses conseillers municipaux






Le 21 mai 2021, sur proposition du Mouvement de la Paix, Monsieur le Maire de Manosque a donné lecture d’une motion proposant que le conseil municipal se prononce en faveur d’une ratification part le gouvernement français du TIAN (Traité d’interdiction des armes nucléaires), adopté par l’ONU le 7 juillet 2017, ratifié par 50 états dans le monde le 24 octobre 2020, et donc entré en vigueur le 22 janvier 2021. La France, à ce jour n’a toujours pas ratifié ce traité.

Ce 21 mai 2021, Monsieur le maire, au nom de la démocratie mais sans participer au vote a donc donné lecture de cette motion dans un silence glacial et visiblement gêné. En tant que citoyen, en réponse à ce silence, aux arguments présentés contre et au silence des pour, j’ai trouvé insupportable de laisser passer cet évènement sans réagir.

Vous trouverez donc ci-après la lettre ouverte que j’ai adressée, ce vendredi 4 juin à Monsieur le maire et ses conseillers municipaux. Je vous remercie de bien vouloir la publier ou au moins, compte tenu de sa longueur nécessaire, de lui donner un écho indispensable à l’information des citoyens de cette ville, mais aussi aux citoyens honnêtes de ce pays.



À Monsieur le Maire,

À Mesdames et messieurs les conseillers municipaux,


Manosque, le 4 juin 2021


Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux


Si je vous écris, c’est que je me suis laissé piéger à regarder, par malsaine curiosité sans doute, les débats de votre conseil municipal de ces derniers jours de mai 2021, et que, depuis, ce sont moins les propos ou non propos tenus que le silence pesant que les ont accompagnés qui ne cessent de m’obséder.


On pourrait invoquer le fait que je sois membre du mouvement de la Paix pour détourner mes propos de leur objectif. Aussi je tiens à souligner d’entrée que je n’ai aucun mandat à parler au nom de ce mouvement et que c’est donc par pure liberté d’homme que je m’adresse à vous.

Une pure liberté d’homme, c’est aussi ce que je revendique pour vous : une liberté de penser et réfléchir. C’est ce que je voudrais arriver à faire entendre, pas seulement écouter dans un silence aussi pesant que celui qui accompagna l’écoute de la motion proposée par le Mouvement de la Paix lors de la réunion de ce conseil de mai.


En m’adressant à vous, je pense, bien sur, aux millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui sont morts sous le coup de grâce que les guerres leur ont porté dans le passé, mais aussi à celles et ceux qui aujourd’hui, alors que nous osons parler de « civilisation », sont encore et toujours victimes de ces crimes légaux que sont les guerres, quelles que soient leurs justifications.

Je m’adresse à vous en tant qu’homme, que père et grand-père, comme vous l’êtes sans doute, vous aussi.

Je m’adresse à vous, Monsieur le maire qui avez l’âge de mes enfants, à vous, mesdames et messieurs les conseillers que j’imagine, une fois vos réunions achevées, courant rejoindre vos compagnes, vos familles pour les embrasser, bravant ainsi l’interdit imposé depuis peu contre toute étreinte.


Je reviens à ce que nous venons de vivre, de traverser : avez-vous observé comme moi le silence habité qui anima la ville lors du premier confinement ?

Des oiseaux par centaines qui chantent à tue-tête en notre absence, des animaux prétendus sauvages qui se mettaient à déambuler dans les rues.

C’était un silence bruissant de vie.


Maintenant imaginez vous rentrant chez vous tandis qu’un fou ou qu’une simple erreur mettrait en route les ogives planquées ici et là à grand renfort de nos impôts.

Nous savons que les fous, parfois, parviennent au pouvoir, l’histoire nous en a donné les preuves, un peu partout dans le monde.

Or, aujourd’hui, les bombes d’Hiroshima et Nagasaki paraitraient des bombinettes à côté de l’arsenal disponible.


Ce qui nous attend désormais, ce n’est pas seulement la destruction d’une ou deux villes avec des hibakushas errant dans les ruines. 

Ce qui nous attend c’est un silence total et la fin de toutes formes de vie pour longtemps.

Vous imaginez-vous rentrer chez vous et disparaître dans un éclair, laissant votre vague ombre comme celle encore visible à Hiroshima sur les marches d’une banque, mais que nul ne pourrait jamais contempler puisque la puissance de feu actuelle serait en mesure de supprimer toute forme de vie sur notre si belle terre ?


Si je vous écris, ce n’est pas pour vous soumettre une motion sans lendemain.

La question qui se pose et qui a conduit une majorité de pays dans le monde à soutenir, négocier puis ratifier le traité d’interdiction de ces oeuvres de mort totale, est une question philosophique qui nous touche tous : quel humain digne de ce nom peut encore justifier le risque d’un hiver nucléaire faisant disparaître toute vie à la surface de cette planète ? Quel intérêt politique et économique pourrait justifier de maintenir en l’état un tel arsenal de mort quand, par ailleurs, quotidiennement nous vaquons, les uns et les autres, à nos petites vies, sans imaginer l’épée de Damoclès suspendue au dessus de nos têtes, confiée à des algorithmes, à des mains dont nul ne sait quelle folie pourrait tout à coup les saisir.

Car nous le savons, nul n’est à l’abri. C’est à la fois la force et la faiblesse de notre humanité commune : nous sommes capables du meilleur comme du pire. Mais où le meilleur demeure en nos musées en nos livres comme témoignage d’oeuvres admirables, le pire, lui, se résume à des fosses communes et des plaies béantes dans nos mémoires.


Si je vous écris, c’est d’abord pour saluer votre geste de courage, Monsieur le Maire, d’avoir porté cette motion devant votre conseil.

Courage hélas non suivi d’effet, car vous même, refusant de participer au vote, ne vous êtes sans doute pas posé la question qui est à l’ordre du jour. Question  qui, si elle ne relève pas directement de la forme politique de votre conseil, relève de notre humanité commune.

Il n’est pas ici seulement question d’être pour ou contre selon que nous appartenions à des forces dites de « gauche » ou de « droite ». C’est une question essentielle liée à notre humanité.

Puis-je me permettre de vous rappeler ce texte de notre voisin Albert Camus, au lendemain de Hiroshima et Nagasaki ?

« La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. En attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles. »

Je ne vous livre que ce court extrait. Il est utile de revenir sur cette histoire, car, depuis, les risques liés à la multiplication et la « modernisation » de ces « armes de destruction massive » n’ont fait qu’augmenter.

Quelle femme, quel homme, quelle mère, quel père pourrait sans sourciller accepter de léguer à ses enfants une terre dépouillée de toute forme de vie ?


Ce qui me tarabuste depuis que j’ai écouté et vu votre réunion de conseil municipal, c’est le silence glacial et comme gêné qui a accueilli cette proposition de motion.

C’est donc moins les arguments présentés contre que l’absence d’arguments de ceux dont on aurait pu attendre qu’ils portent dans cette assemblée le fond du problème philosophique donc humain qui nous concerne tous, quel que soit nos engagements.


« L’architecte a introduit dans le circuit des entrepreneurs qui introduisent des fournisseurs, des sociétés anonymes ne tardent pas à apparaître, et voilà constituée une de ces « Grandes Compagnies », une de ces invasions de barbares venus de l’intérieur, sous les pas desquelles l’herbe ne pousse plus. Tout est détruit, rasé, raclé ; quelqu’un s’insurge, défend un bel hôtel, un assemblage de pierres admirable, une porte monumentale, on l’abat sous les sarcasmes avec l’arme totale, l’imparable, celle à laquelle le primaire ne résiste pas : la nécessité de marcher avec son temps, et, s’il insiste, avec le mot « progrès » qui est la bombe atomique des raisonnements imbéciles. » (Jean Giono in Les terrasses de l’île d’Elbe)

Il en est ainsi sur toutes les grandes questions ayant trait à notre sort d’hommes et de femmes libres : de tous côtés, on dégaine des prétextes économiques, nous détournant ainsi des questions essentielles. Il en est ainsi : certains sujets fondamentaux ne se résument pas à des budgets.

Il en va de l’existence et de la persistance de la vie sur cette planète.

Il est temps d’y réfléchir, sans exclure, bien évidemment, les conflits inévitables dans toute société humaine et leurs solutions. Qui dit conflit dit-il inexorablement violence ?

L’économisme tue l’humain, en fait un objet parmi tant d’autres, variable d’ajustement d’un monde qui va à sa perte.

Quel que soit le bord qui le brandit, que ce soit au nom d’un « marché », ou celui d’un « progrès », l’expérience du XXème siècle nous montre quels gouffres se trouvent ouverts lorsque l’homme se réduit à une valeur marchande.


Ce n’est donc pas n’importe quelle question que pose la ratification ou non de ce traité. 

Ce n’est pas n’importe quelle question que pose le silence lourd d’interrogation qui a suivi la lecture de cette motion dans le cadre de votre conseil municipal.

Je suis profondément inquiet que nul n’ait pensé à la soulever, alors que ce n’est pas une question de parti, d’adhésion ou non, c’est une question profondément humaine et qui dépasse les bords étroits des tactiques politiciennes.


Je me rends compte que je suis déjà trop long, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers. Il me faut arrêter là en souhaitant, non que vous remettiez en cause votre vote, mais que les questions qu’il pose puisse être abordée dans l’espace public, au-delà de vos querelles partisanes.


Dans les feuillets d’Hypnos, écrits entre 1943 et 1944, dans la résistance, et dédiés, justement, à Albert Camus, René Char (voyez comme nous restons dans le voisinage !) dit : « Cette guerre se prolongera au-delà des armistices platoniques. L’implantation des concepts politiques se poursuivra contradictoirement, dans les convulsions et sous le couvert d’une hypocrisie sûre de ses droits. Ne souriez pas. Écartez le scepticisme et la résignation, et préparez votre âme mortelle en vue d’affronter intra-muros des démons glacés analogues aux génies microbiens. »


Parfois, il faut apprendre à quitter le territoire des pragmatismes politiciens pour envisager le monde sous l’angle d’une poétique porteuse de paix et de bonheur pour les femmes et les hommes que nous désirons être.

Je m’en vais rêver que mon propos, au moins, aura su réveiller en vous l’âme poétique d’une humanité dans le dépassement des indifférences liées à l’ignorance.

« À chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d’avenir », écrit encore René Char. Puisse sa parole aller bien au-delà de nos pauvres discours.


En vous priant, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, de bien vouloir excuser la longueur de mon propos et vous souhaiter un éveil aux choses de la vie qui nous évite un cruel et douloureux réveil.


Xavier Lainé

Citoyen Manosquin