jeudi 23 novembre 2017

A l'horizon des rêves 20








-20-

Qui pourrait comprendre le déchirement d’un homme
Un homme qui pleure de livrer un enfant
Comme on livre un colis
Comme on se défait d’un paquet

Qui pourrait comprendre la douleur d’un homme
D’un homme qui ne comprends pas
Qui n’est pas le père mais l’enfant s’accroche
Alors l’homme pleure en dedans
Puis se cache pour pleurer au dehors

Pauvre enfant né sans père
Puis reconnu bien après
Mais sans mère depuis si longtemps
Pauvre enfant

Pauvre enfant pris
Pauvre enfant déposé ici
Déposé là
Pauvre enfant meurtri 
Dès les premières heures

Qui peut comprendre la douleur
Il paraît qu’il ne faut pas
Pas s’attacher
Pas se mêler
Pas s’emmêler

Qui pourra comprendre les larmes
D’un homme qui ne peut que pleurer



3 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mercredi 22 novembre 2017

A l'horizon des rêves 19









-19-

C’est un doux murmure qui émerge de la terre
Il faut juste savoir l’écouter
Percevoir le discours des oiseaux
Lorsque l’aurore vient sonner le réveil

Une ombre avance sous le grand chêne
Ses branches font ombres chinoises
Dans l’aube écarlate

Des baisers germent un peu partout parmi les herbes
Des soupirs descendent des branches 
Une lente brume t’isole du monde

C’est un doux murmure que fredonne la terre
Il faut juste être assez amoureux
Pour en percevoir les minuscules variations

De l’autre côté du vallon
Un seul être se lève
Et regarde à sa fenêtre
La forme fantomatique
Qui s’assoit au sommet
Et demeure immobile

Que se disent les âmes pures
Aux petits matins couverts de rosée
Nul n’en sait rien
Mais elles se parlent
Elles sèment baisers tendres
Qui rebondissent au coeur même des sentiers



3 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 20 novembre 2017

A l'horizon des rêves 18









-18-

Nous irons 
C’est sur nous irons

Parce que désormais rien n’est exclu
Une fois le processus de destruction engagé
Nous irons

Nous devrons chercher loin
Par dessus la ligne de l’horizon
Le possible et l’impossible

Il nous faudra du coeur
Pour brûler nos vieux mensonges
Avancer dans le petit jour

De quoi pouvons nous nourrir
L’espoir et la patience

D’un simple battement de coeur
D’un baiser échangé
À l’abri du désespoir

Nous irons
Sais-tu

Ouvrant les portes et les fenêtres
Faisant courant d’air
Pour emporter les vieilles rengaines
Parvenir enlacés aux aurores émerveillées
Nous ne perdrons jamais



1er novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

dimanche 19 novembre 2017

A l'horizon des rêves 17









-17-

J'attendrai
J'attendrai qu'aurore
Pousse les ombres
Par de là les collines

J'attendrai
Sur un rocher de silence
Que s'ouvrent les paupières
Que volets soient repoussés

J'attendrai
J'attendrai aux premiers rayons
La montée des clameurs
L'ivresse des rencontres

J'attendrai
Tu seras là

*

Je serai là
Debout dans les cieux d’aurore
Attentif au vent
Dans les branches d’olivier

Je serai là
Sur mon rocher de méditation
Saisissant au hasard
Les pensées qui voyagent
Tu seras là aussi



31 octobre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

vendredi 17 novembre 2017

A l'horizon des rêves 16










-16-

Si fragiles nos constructions
Qu’au moindre vent elles chancellent

A l’heure des aurores tardives
Tu te présentes sur le seuil
Ne sait qui tu es ni où t’en vas

De quoi les étoiles sont complices
Tu le rêves

A l’aube de longue nuit
Te rappelles au crépuscule
Avoir enlacé une ombre
Qui ne te quittât plus jamais

Si tendre souvenir
Lorsque les jours défilent
Est doux cadeau
À tes cheveux blanchis

Tes rêves courent
Le monde fuit
Quoi donc d’autre
Que ces migrations imposées

Et pourtant ils s’aiment
Jusque dans le naufrage
Tandis qu’ici aimer
Ne se conjuguerait qu’à l’ombre
Pour ne jamais heurter les fats



28 octobre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

jeudi 16 novembre 2017

A l'horizon des rêves 15









-15-

Sous quelles constellations vont les rêves
Quelles rencontres ils fomentent
Aux souterrains de nos libertés fragiles

Tu sais les mots n’être
Que partie immergée
De l’iceberg de ta conscience

Bien plus loin tu sens
L’âme en danger de l’aimée
Tu sens
Tu ne peux expliquer 
Il n’est aucune rationalité
Qui puisse établir
Par quelle équation
Ce que tu pressens
Peut être vrai

Ton sommeil te prête en d’étranges voyages
Il t’ouvre les voies indescriptibles
Où vont par flots folles étreintes
Baisers d’étoiles

Tu abordes ici aux rives incertaines
Où ne peuvent aller que les coeurs purs
Les autres qui refusent
L’évidence sacrifiée sur l’autel des raisons
Ne peuvent accéder
S’ils y entrent
C’est pour en dénigrer l’existence


27 octobre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mercredi 15 novembre 2017

A l'horizon des rêves 14










-14-

Alors tu te tournes vers l’arbre
Et il prononce son nom

Tu erres parmi les herbes
Et elles te chantent son nom

Tu arpentes les sentiers
Et ils te chuchotent sa présence

Tu vas par les rues par les campagnes
Elles te disent qu’elle est là

Mais qui


Qui sinon le souffle admirable
La douce et tendre quiétude
L’assurance admirable

Qui sinon celle que tu attends
Qui te tends la main 
À l’heure des naufrages

Qui sinon elle
Qui t’accroche par le coeur
T’emmène jusqu’au bout

Elle est le pont et le chemin
Elle te délivre et embrasse tes tourments
D’un geste elle te porte au firmament des mots



26 octobre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé